A-t’on le droit de critiquer les règles judiciaires qui aboutissent à une décision injuste et nocive ?

« L’homme juste et libre est celui qui connaît la vraie raison des lois » (Spinoza).

Circulez y-a rien à voir

Dans un État de droit, il faut par précaution s’abstenir de faire un procès d’intention aux juges. Mieux vaut donc admettre que c’est seulement par application de certaines règles judicaires que les juges ont décidé qu’il n’y aurait pas de procès pour le meurtre de Sarah Halimi. Certes, il est des décisions qui révulsent l’âme et l’esprit, car considérer en effet que celui qui a torturé et tué Sarah Halimi en pleine connaissance avouée de sa judéité, aux cris « d’Allah Akbar! » ne serait pas accessible à un châtiment pénal heurte le bon sens et la conscience. Mais je prie dans cet article tous mes lecteurs de ne pas jeter tous les magistrats français dans le même bain de suspicion ou d’opprobre.

Cela étant posé, on a en revanche le droit de critiquer les règles judiciaires qui aboutissent à une décision injuste et nocive pour toutes les parties concernées.

Cette décision est injuste et nocive pour l’auteur d’un crime, qui doit s’entendre dire qu’il est considéré comme l’auteur du crime, si le procès l’a établi. Ne pas le juger reviendrait à lui dire «tu n’y es pour rien.» Sans un procès, quel travail sur lui-même le coupable pourrait-il entreprendre ?

Et quand bien même l’accusé serait hors d’état de comprendre ce qu’on lui dit au moment du procès, (ce qui n’est pas le cas de l’assassin de Sarah Halimi,) il a droit d’être traité comme une personne au moment de l’établissement des faits.

La décision de ne pas faire de procès à l’assassin de Sarah Halimi est évidemment ressentie comme une injustice par les proches de la victime, parce que ce non-lieu est un déni de la justice qui leur est due, et au-delà de la famille de la victime, et des Juifs qui vivent sous la menace de cet antisémitisme, c’est la société française dans son ensemble qui a droit à ce que la vérité sur cette menace qui la concerne soit établie dans les règles du droit.

Si donc il faut faire évoluer le droit pour que justice soit faite, le procès de l’assassin de Sarah Halimi pourrait servir de précédent. A ce rythme de ces décisions étrangement légères, le prochain épisode sera danse avec daesh…

Fredal

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