L’Insee constate une forte hausse du nombre de morts

Selon une étude de l’institut statistique, 109 831 personnes sont décédées (toutes causes confondues) entre le 1er mars et le 20 avril 2020, une augmentation de 27%, comparée à la même période en 2019.

Tous les soirs, le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon, décline le bilan des morts du coronavirus à l’hôpital et dans les Ehpad. Depuis le début de l’épidémie, l’Insee a entrepris de recenser au jour le jour tous les décès enregistrés en France (toutes causes confondues) pour tenter de mesurer l’impact du Covid-19. Et le dernier décompte en date publié lundi par l’Institut national de la statistique, se révèle particulièrement éclairant sur l’effet de la pandémie sur l’évolution des chiffres de la mortalité dans notre pays.

Ainsi, pas moins de 109 831 personnes sont décédées dans l’Hexagone entre le 1er mars et le 20 avril 2020, un chiffre en très forte hausse (+ 27%) comparé à la même période en 2019 (86 606 décès) ou en 2018, année marquée par un épisode de grippe sévère (+ 16% avec 94 881 morts). L’Insee a aussi mesuré que la journée du 1er avril (qui correspond au pic de l’épidémie du Covid et des hospitalisations en réanimation) a été la plus terrible, avec 2 776 morts enregistrés dans le pays en 24 heures, contre une moyenne quotidienne de 2 230 morts pendant la deuxième quinzaine de mars par exemple ou de 1 780 pendant la première quinzaine. Entre le 1er et le 10 avril, la moyenne est montée à 2 620 décès par jour, ce qui éclaire là encore sur l’incidence du coronavirus. Il s’agit là de chiffres nationaux, et l’étude confirme que les disparités de ce surcroît de mortalité sont énormes selon les régions, les départements, mais aussi l’âge des gens.

Quelle mortalité selon les régions ?

L’Ile-de-France n’est pas pour rien signalée en rouge vif sur la carte de France du Covid. C’est elle en effet qui enregistre la plus forte hausse du nombre de morts : + 95% entre le 1er mars et le 20 avril 2020 comparé à la même période en 2019. Autrement dit, presque le double. Vient ensuite la région du Grand Est (+ 60% de décès) avec des foyers épidémiques importants en Alsace ou en Moselle, la région Bourgogne-France-Comté (+ 28%) ou encore les Hauts-de-France (+ 24%). A l’instar de la région parisienne, tous ces territoires figurent en rouge sur la carte de l’épidémie, rendue publique en vue du déconfinement. D’autres régions réputées moins touchées, par le virus enregistrent tout de même une hausse de 15% des décès : Auvergne-Rhône-Alpes, PACA, Centre-Val-de-Loire. Mais au sein même des régions il y a de très fortes disparités selon les départements.

Quinze départements durement frappés par le Covid

Qui n’a pas entendu parler du «cluster du Haut-Rhin», où un rassemblement religieux a donné un sérieux coup d’accélérateur à la diffusion de l’épidémie. Le Haut-Rhin, est en tête d’un macabre «classement» dressé par l’Insee, celui des départements ayant observé la plus forte augmentation du nombre de morts : + 135% entre le 1er mars et le 20 avril 2020, comparé à la même période en 2019. Il est suivi de près par la Seine-Saint-Denis, l’un des territoires les plus pauvres de France, très durement frappé également (+ 130%), et quatre autres départements eux aussi franciliens : les Hauts-de-Seine (+ 122%), le Val-de-Marne (+ 104%), l’Essonne et le Val-d’Oise (+ 99% chacun). Enfin neuf autres départements enregistrent des hausses de leur mortalité supérieure à 50% par rapport à l’an dernier : Aisne, Bas-Rhin, Doubs, Moselle, Oise, Paris, Seine-et-Marne, Vosges, Yvelines. Notons enfin que «trente-cinq [autres] départements ont un surplus de décès d’au moins 20% par rapport à 2019», précise l’institut.

Qui meurt et à quel âge ?

Preuve que le Covid-19 y est pour quelque chose, la forte hausse du nombre de décès (toutes causes confondues) en France entre le 1er mars et le 20 avril 2020 comparé à 2019 «s’observe notamment dans les régions les plus touchées par l’épidémie» pointe l’Insee. Et cette surmortalité augmente au fur et à mesure que l’on grimpe dans la pyramide des âges. Chez les 25-49 ans la mortalité est stable par rapport à l’an dernier indique l’étude. Ensuite, ça se gâte : + 12% de morts chez les 50-64 ans, + 22% chez les 65-74 ans, + 31% pour les 75-84 ans et + 33% au-delà. Fait étonnant : «La mortalité baisse de 18% [en 2020 par rapport à 2019] chez les moins de 25 ans, et plus particulièrement chez les hommes (-24%).» Sur les plateaux de télévision, de nombreux médecins et chercheurs ont expliqué que le Covid touche peu les jeunes. Cette étude le confirme. Mais de surcroît, le confinement décidé par les pouvoirs publics pour éviter la diffusion de l’épidémie, a probablement permis de réduire le nombre de morts dû à des accidents parmi ces populations.

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