L’INSOUMISE

Madeleine Pauliac, au commencement des années 1930, monte faire sa médecine à la capitale.

Elle est alors un cas rare en France. En 1939, sa thèse soutenue, le docteur Pauliac travaille à l’hôpital des Enfants-Malades et se spécialise dans la trachéotomie. La guerre est pour elle l’occasion des premiers engagements. Elle intègre un réseau de résistance, soigne et recueille des parachutistes anglais, puis en août 1944 participe en tant que médecin aux combats de la libération de Paris.

40.000 km parcourus, au cours de 200 missions à la tête de l’Escadron bleu

Tragique ironie, c’est sur la route, et après avoir sillonné, en tous sens, celles de Pologne et d’URSS, qu’elle meurt accidentellement, à 33 ans, le 13 février 1946, près de Varsovie. Au total, 40.000 km parcourus, depuis le 2 mai 1945, au cours de 200 missions à la tête de l’Escadron bleu : une brigade de 12 femmes chargées par le général de Gaulle de rapatrier les Français (estimés à 300.000) en rade dans cette zone de l’Europe de l’Est, champ de ruines et de cendres encore chaudes. Le temps presse : un rideau de fer s’abat sur le Vieux Continent.

La barbarie de Staline remplace celle d’Hitler au fur et à mesure que l’Armée rouge « libère » ces lieux. Avec ses 11 conductrices-ambulancières, Madeleine Pauliac part en convoi récupérer, sur des routes impraticables et dans des paysages de désolation, des membres du STO (Service du travail obligatoire), des prisonniers de guerre, des déportés et des réfugiés. Au chapelet des horreurs sanitaires s’ajoute la pénurie médicale. L’eau manque, des journaux servent de pansements…

«Elles ont mené des missions à hauts risques, sans en tirer la moindre gloire, avec une immense modestie»

Mais le pire est ailleurs : Le plus grand danger pour ces jeunes femmes vient des soldats soviétiques déchaînés : toutes les femmes qui croisent leur chemin, de l’enfant à la vieillarde, sont violées. On leur a dit de venger la patrie, de se servir sur l’habitant, de se faire payer les terribles années de guerre. Aucun scrupule, aucune compassion, « ce sont des animaux » dit la population. Face à ces animaux, une dizaine de femmes réparties en cinq ambulances. Dire que la situation est dangereuse est on ne peut plus en-dessous de la vérité. Cependant le docteur Madeleine Pauliac et son escadron n’hésitent jamais. C’est par exemple en quasi les kidnappant qu’elles parviennent à récupérer les blessés français de l’hôpital russe de Bialystok. Elles ont besoin de tout leur courage pour soigner les blessés de Dachau et ceux du camp de Majdanek où les Juifs du ghetto de Varsovie.

Ainsi, Madeleine et ses intrépides compagnes doivent-elles négocier, au péril de leur vie, avec des soldats paillards, soûls et enragés, pour récupérer les « Malgré-nous », ces Alsaciens-lorrains enrôlés de force dans l’armée nazie. « Madeleine se fera même passer pour la cousine d’un pilote de l’escadrille Normandie-Niemen, chère au cœur des Russes, pour sauver des Français », confie son neveu.

Des « têtes brûlées » sur des terres brûlées, ces jeunes femmes ? « Elles ont mené des missions à hauts risques, sans en tirer la moindre gloire, avec une immense modestie », poursuit Philippe Maynial, également à l’origine du scénario des Innocentes

Le film porte à l’écran un autre acte héroïque de Madeleine : celle-ci fera rapatrier en France plusieurs des nouveau-nés, conséquence des viols en série des soldats soviétiques.

Elle n’aura jamais le plaisir de les voir grandir : la faute à cette route verglacée de Pologne qui interrompt sa vie au cours de l’un de ses voyages.

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