Fiasco d’un État … Suite

Personne n’a la certitude que nous aurons une deuxième vague virale. Mais nous aurons une deuxième vague de catastrophes économiques et de stupides mesures gouvernementales. Celle-là a déjà commencé

Deuxième vague

Le gros défaut des politiciens est qu’ils se pensent supérieurs au commun des mortels.

LA COVID-19, UNE GESTION CENTRALISÉE

Au nom de cette supériorité ils s’autorisent à intervenir très en détail dans la vie des gens. Ils ne font pas confiance à leurs concitoyens. Ils les considèrent comme irresponsables, incapables de gérer leur vie.

Ils sont persuadés que l’existence d’une autorité centrale est indispensable à la vie en société. Ils croient qu’ils peuvent et doivent, par la réglementation, faire le bonheur de chacun. Par la spoliation légale dirait Frédéric Bastiat. Seul le niveau de réglementation, de spoliation légale, les différencie.

A minima ils pensent tous que des secteurs de la vie, « stratégiques, » « vitaux, » doivent être soustraits à la logique du marché. « La santé n’est pas une marchandise. » Macron lui-même l’a dit :

« Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. »

Suivant cette logique le gouvernement a entièrement gardé entre ses mains la totalité de la gestion de la Covid-19. Tous ces aspects médicaux, humains, sociaux, économiques ne devaient dépendre que de ses décisions. Aucun individu, aucune organisation ne devait prendre d’initiative, ni agir rapidement. Tout devait se faire de manière normative et réglementaire. Tous devaient attendre les ordres.

Par orgueil démesuré les politiciens pensent que non seulement ils disposent de toutes les informations nécessaires pour réglementer intelligemment (!) la vie des personnes, mais qu’ils maîtrisent ces informations.

Si des informations leur manquent ils se font aider par des conseillers ou des petits comités baptisés « conseils ». Ainsi notre gouvernement omnipotent a voulu se faire éclairer pour prendre des décisions concernant l’épidémie. C’est pourquoi il a créé le Conseil scientifique dont les compétences et l’indépendance furent rapidement mises en doute.

Ce Conseil fut doublé par un Comité Analyse Recherche et Expertise (CARE), de 12 scientifiques, qui avait pour mission d’« éclairer les pouvoirs publics dans des délais très courts. »

Ainsi les Français étaient-ils réduits à attendre que les quelques informations qui parvenaient en haut de la pyramide soient digérées par une ridicule petite poignée d’individus, puis transmises au gouvernement. Le destin des Français était ensuite suspendu à ce qu’allait en faire ledit gouvernement, qui avait ses propres objectifs.

Plus centralisé que ça tu meurs. C’est hélas ce qui est arrivé à beaucoup de nos compatriotes.

LA PREMIÈRE VAGUE DE L’ÉPIDÉMIE BALAYÉE PAR LA PREMIÈRE VAGUE DES INEPTIES GOUVERNEMENTALES

Frédéric Bastiat définit l’Homme de la manière suivante : « Personnalité, Liberté, Propriété, voilà l’homme. » La Loi (1850)

Le fond du problème est que durant toute cette épidémie, le gouvernement a nié aux Français leur dignité d’Homme. Leur personnalité a été méprisée, leur propriété n’a pas été respectée, leur liberté a été détruite et, par voie de conséquence, leur responsabilité, leur libre choix, leurs projets de vie ont été anéantis. Tout cela pour un résultat désastreux.

« Le 16 mars, nous avons fait le choix humaniste de placer la santé au-dessus de l’économie en vous demandant de rester chez vous […] des dizaines de milliers de vies ont été sauvées par nos choix, par nos actions. »

Tout raté. Aucune vie n’a été sauvée, l’économie, mal en point avant l’épidémie, est à terre et le tissu social, distendu avant la crise, se désagrège.

La France fait partie des pays où les pertes humaines, rapportées au million d’habitants, sont les plus importantes. La Belgique nous devance. L’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Italie sont au coude à coude avec nous. Même les États-Unis et le Brésil, pourtant très décriés dans les médias et les réseaux sociaux de notre pays, n’ont pas (pas encore ?) fait pire que nous.

La France fait partie des pays où les conséquences économiques sont les plus catastrophiques. Le gouvernement a massacré l’économie sans sauver aucune vie.

Au contraire il est probable que des personnes sont décédées alors qu’elles n’auraient pas dû.

Pour ceux qui veulent en savoir davantage les médias et le net débordent d’informations. Il existe de très bonnes synthèses par exemples : le livre de Christian Perronne Y a t-il une erreur qu’ils n’ont-ils pas commise ? les articles parus dans la Revue politique et réglementaire et le tout récent livre de Guy Courtois et si Didier Raoult avait raison.

Le gouvernement a achevé de briser les liens sociaux. Cette destruction a commencé il y a bien des années. Aujourd’hui l’acculturation porte ses fruits. La France est un pays communautarisé. À ce propos il est intéressant de souligner que la distanciation physique était nommée « distanciation sociale. » Ce changement sémantique est très significatif de l’objectif profond du pouvoir : briser la société pour en construire une nouvelle avec un Homme nouveau.

QUE SERA LA DEUXIÈME VAGUE ?

Une deuxième vague ? Bien malin celui qui dira ce qui va se passer au point de vue de l’infection à SARS-coV2 dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent. Évoquer une deuxième vague fait peur. Les gens imaginent une mer où les vagues se succèdent sans cesse, chacune aggravant les dégâts de l’autre, sans que les Hommes épuisés ne parviennent à endiguer la catastrophe.

C’est voulu. Les Hommes de l’État gouvernent par la peur.

Cela dit voici une petite synthèse rassurante :

MÉDICALEMENT, LA FRANCE NE MET PAS TOUTES LES CHANCES DE SON CÔTÉ

On ne répétera jamais assez que ladite première vague de l’épidémie était parfaitement maîtrisable. Par exemple l’Asie l’a fait, l’Afrique aussi ainsi que des pays d’Europe orientale ou centrale.

Si deuxième vague il doit y avoir, elle sera également maîtrisable, pour peu qu’elle soit prise pour ce qu’elle est : un problème infectieux à prendre en charge médicalement. C’est-à-dire que sont appliquées les règles de l’art : dépister, isoler spécifiquement, traiter, protéger les personnes à risque. Il faut être prêt. Il faut avoir les moyens de cette prise en charge.

Malheureusement c’est mal parti.

Si la France teste désormais largement, si elle isole les personnes contaminées, elle ne se donne toujours pas les moyens de traiter correctement sa population. En cas d’infection l’hydroxychloroquine est toujours interdite à la prescription par les médecins généralistes et à la délivrance par les pharmaciens.

Or cette molécule est efficace en début de maladie, de plus en plus de travaux le démontrent. Elle est même efficace en prévention. Les Chinois l’avaient déjà remarqué. Donc la France ne met pas toutes les chances de son côté pour venir à bout de l’épidémie.

ÉCONOMIQUEMENT NON PLUS

Les erreurs économiques qui ont prévalu en France depuis la Libération, et qui se sont aggravées considérablement depuis 1981, ont fait que la France était économiquement bien malade avant cette épidémie.

Les politiques stupides, en particulier celles induites par l’écologisme et la prétention à sauver la planète, ont été poursuivies lors de l’épidémie. Si la fermeture de la centrale de Fessenheim est connue, la signature en catimini pour la fermeture de 14 réacteurs est passée inaperçue. Il en est de même de la poursuite effrénée de l’éolien. Ce sont des exemples types de mal-investissement.

La transformation délibérée d’une épidémie, comme l’humanité en a connu beaucoup et en connaîtra d’autres, en catastrophe économique et sociale, inimaginable peu de temps auparavant, a eu lieu en direct à la télévision le 16 mars.  Les prodromes datent du 12 mars. La décision délétère s’intitule « confinement total ».

En vérité cette épidémie a vu un accroissement démesuré du pouvoir d’ingérence du politique et de l’État dans la vie des gens. Paradoxalement alors que c’est l’État qui a créé cette catastrophe c’est lui qui prétend pouvoir sauver les Français du désastre où il les a plongés

Depuis, la planche à billets fonctionne, la dette explose, le déficit devient abyssal, l’interventionnisme économique est la règle, les défaillances d’entreprises se multiplient. Le mal-investissement pour sauver la planète par écologisme se poursuit. La société française se divise et devient de plus en plus conflictuelle. On cherche en vain un rapport avec le coronavirus. Bref, un vent de folie souffle sur l’Europe et la France en particulier. « Jupiter dementat quos vult perdere. »

Pour faire bonne mesure le déconfinement n’est qu’un confinement plus souple. La peur persiste. Ceci n’aide pas au retour à une économie performante.

La déclaration de politique générale n’a pas de quoi rassurer. Elle passe à côté du problème et reste confinée à du constructivisme.

LOIN DE L’ÉTATISME, L’ORDRE SPONTANÉ

Serait-ce faire insulte aux meilleurs politiciens de la planète qui, élection après élection, ont élaboré le meilleur modèle social et le meilleur système de santé du monde, que de leur demander d’écouter, au moins une fois dans leur vie, cette vidéo de Milton Friedman : Le crayon jaune ?

Cette vidéo explique que le marché est un mécanisme de transmission de l’information au travers des prix libres. Certes le marché n’est pas parfait. Mais il est remarquablement performant pour transmettre instantanément un nombre incalculable d’informations à un nombre tout aussi incalculable de personnes.

Elle explique que le marché est un outil de collaboration magnifique entre des milliers de personnes qui ne se connaissent pas, qui ont des intérêts, des religions, des opinions différents et qui pourtant coopèrent spontanément, pour fabriquer des produits qui rendront service à des milliers de personnes, qui ne se connaissent pas davantage. Le tout pacifiquement et pour le plus grand profit de tous.

Qui plus est ce véritable miracle de coopération ne nécessite l’intervention d’aucune autorité centrale. Il coûte donc peu cher et n’induit pas de gaspillages.

Des personnes de leur intelligence reconnaîtraient immédiatement le bien-fondé de ces enseignements. Dans la foulée ils confesseraient leurs erreurs dans la gestion de cette épidémie et adopteraient des mesures appropriées, non seulement pour faire face à toute épidémie, mais aussi pour sortir la France de l’abîme dans lequel ils l’ont plongée.

C’est là que le bât blesse. Un politicien n’admet jamais ses erreurs et ne se remet jamais en question. Donc, un politicien qui a plongé le pays dans la panade ne pourra jamais l’en sortir. Car il continuera à appliquer avec persévérance les recettes qui ont été à l’origine de la catastrophe.

Il faut revenir à la liberté économique. Il serait facile en ces temps de grand chamboulement de se réinventer réellement. Par exemple par la mise en place du salaire complet, de l’impôt proportionnel, liberté de choix en matière d’assurance santé, retraite, éducation, suppression des impôts de production, des impôts et taxes sur l’énergie, des subventions au mal investissement et plus si affinités.

Personne n’a la certitude que nous aurons une deuxième vague virale. Mais nous aurons une deuxième vague de catastrophes économiques et de stupides mesures gouvernementales. Celle-là a déjà commencé.

  1. « Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties. Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. »
  2. « Il nous faudra rebâtir notre économie plus forte afin de produire et redonner plein espoir à nos salariés, nos entrepreneurs, garder notre indépendance financière. Il nous faudra rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française et plus d’autonomie stratégique pour notre Europe. Cela passera par un plan massif pour notre santé, notre recherche, nos aînés, entre autres. Il nous faudra nous rappeler aussi que notre pays, aujourd’hui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Ces mots, les Français les ont écrits il y a plus de 200 ans. Nous devons aujourd’hui reprendre le flambeau et donner toute sa force à ce principe. Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises à venir. » https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/04/13/adresse-aux-francais-13-avril-2020.

Patrick de Casanove

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