UN VACCIN «FONCTIONNE» SUR LES PREMIERS VOLONTAIRES

L’espoir de voir arriver un vaccin contre le coronavirus grandit. Le vaccin actuellement développé au sein de l’Université d’Oxford aurait démontré son efficacité et produirait une «forte réponse immunitaire», selon les études menées auprès des volontaires auxquels il a été injecté.

L’essai du vaccin expérimental développé par l’université britannique d’Oxford et le groupe AstraZeneca a déjà repris aux Etats-Unis. Il avait été suspendu dans le monde entier le 6 septembre. Si les autorités du Royaume-Uni, d’Afrique du Sud, du Brésil et du Japon avaient autorisé sa poursuite dans les jours ou semaines qui ont suivi, ce n’était pas le cas des autorités américaines. Un feu vert qu’AstraZeneca a annoncé avoir obtenu vendredi. L’Agence du médicament américaine « a examiné l’ensemble des données de sécurité des essais mondiaux et conclu que les essais pouvaient reprendre en toute sécurité », a indiqué l’entreprise.

Selon plusieurs médias, la personne décédée serait un médecin de 28 ans. L’agence Bloomberg et le journal brésilien O Globo affirment qu’il aurait reçu une dose de placebo et non une injection du vaccin en cours d’élaboration.

Actuellement en phase 3 des tests, la dernière avant l’homologation, le vaccin est l’un des projets les plus avancés parmi les dizaines de vaccins développés à travers le monde.

Une cellule humaine infectée par le coronavirus, vue au microscope. [HANDOUT / NATIONAL INSTITUTE OF ALLERGY AND INFECTIOUS DISEASES / AFP]

Testé sur des dizaines de milliers de volontaire au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Brésil et en Afrique du Sud, il est développé en partenariat avec le laboratoire britannique AstraZeneca, qui sera chargé de produire et de distribuer des milliards de doses si les recherches étaient couronnées de succès.

Contrairement aux vaccins classiques, qui consistent à injecter un virus en quantité suffisante pour provoquer une réponse immunitaire sans contaminer le patient, le vaccin d’Oxford n’embarque qu’une partie du virus. Seule la partie du matériel génétique qui indique au système immunitaire comment fabriquer la protéine de pointe que l’on retrouve à la surface du coronavirus, et qui actionne les défenses du corps, a été conservée.

Ces «instructions» ont été introduites dans l’information génétique d’un virus inoffensif pour l’humain, l’adénovirus de chimpanzé, qui provoque un rhume chez notre lointain cousin. Lorsque ce virus modifié infecte les cellules humaines, la cellule lit son matériel génétique et fabrique la protéine de pointe du SARS-CoV-2. «Nous pouvons confirmer que les instructions génétiques que contient le vaccin, développé aussi rapidement et sûrement que possible, sont bien suivies lorsqu’elles pénètrent les cellules humaines», a commenté le Dr David Matthews, responsable des recherches. «L’étude confirme que de grandes quantités de protéines de pointe du coronavirus ont été produites avec une grande précision, et cela explique le succès du vaccin et sa capacité à provoquer une réponse immunitaire forte», a confirmé Sarah Gilbert, en charge des essais.

Le fait que cette annonce ait lieu aujourd’hui ne tient sûrement pas du hasard. Elle intervient en effet au lendemain de celle du décès au Brésil d’un volontaire dans l’essai clinique du vaccin. Ce dernier aurait toutefois reçu un placebo, selon AstraZeneca et l’Université d’Oxford, et serait mort du Covid-19.

En expliquant que le vaccin semble tenir toutes ses promesses, les scientifiques qui travaillent dessus pourraient avoir voulu rassurer. Car les enjeux sont énormes, y compris sur le plan financier. 

Le gouvernement britannique a cependant rappelé qu’il était peu probable qu’un vaccin soit disponible avant Noël, n’excluant pas, toutefois, qu’il le soit au printemps prochain.

Nombre de pays comptent sur le vaccin co-inventé par Oxford. AstraZeneca a prévenu des centaines de millions de doses sur plusieurs continents, et signé des partenariats avec d’autres producteurs pour que les doses soient produites localement, la demande attendue se montant en milliards de doses.

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