Raoul Wallenberg ce héros malgré lui

Le groupe d’entreprises, fondations et SAAB AB contrôlés par l’association fondée par la famille, emploie environ 600 000 personnes. Le chiffre d’affaires des entreprises s’élevait, il y a quelques années à environ 154 milliards de dollars, et on estimait qu’ils détenaient environ un tiers du marché des capitaux suédois. Dans les années 1970 À la fin du XXe siècle 40% des ouvriers industriels en Suède étaient employés d’une manière ou d’une autre par le groupe d’entreprises de la famille Wallenberg. Depuis peu le groupe est devenu plus international, plus entrepreneurial et hi-tech, et la puissance des sociétés industrielles et financières, dans lesquelles la famille se spécialise, s’est un peu estompée. Néanmoins, leur emprise sur l’économie suédoise et européenne est encore très significative.

Raoul Wallenberg le premier de cordée de la famille Wallenberg

Le nom de Raoul Wallenberg revient souvent quand on parle d’actions de grandes envergures durant la seconde guerre mondiale. Raoul Wallenberg naquit le 4 août 1912 à Stockholm, en Suède. Il fit ses études aux États-Unis dans les années 30, puis retourna en Suède pour se lancer dans les affaires.

Le 19 mars 1944 Adolf Eichmann entre en Hongrie avec ses hommes. En sept semaines un demi-million de Juifs ont déjà été déportés presque tous vers Auschwitz-Birkenau. Environ 350000 d’entre eux furent tués à leur arrivée, et le reste envoyé aux travaux forcés à Auschwitz et dans d’autres camps. Presque 200000 Juifs vivaient encore à Budapest, et allaient bientôt subir le même sort, conformément aux demandes allemandes. Dans l’urgence l’American War Refugee Board qui venait d’être créé décida de travailler avec le gouvernement suédois afin d’empêcher la déportation massive de Juifs Hongrois vers les camps d’extermination. Raoul Wallenberg arriva à Budapest le 9 juillet 1944 en tant que premier secrétaire à l’ambassade de Suède à Budapest avec tous les privilèges diplomatiques.

D’abord, précisons qu’avant son arrivée en Hongrie, au vu de la carrière et de la personnalité de Raoul Wallenberg, rien ne le prédestinait au rôle qu’il va y jouer par la suite. Il a suivi des études d’architecture. Il était membre d’une famille importante dans l’économie suédoise. Par son travail dans le monde des affaires, il parcourt le monde et fréquente la bonne société de plusieurs pays. Il a voyagé à plusieurs reprises, notamment à travers l’Europe en guerre grâce à son statut de Suédois neutre. C’est en raison de son excellent carnet d’adresses qu’il va être approché par le Congrès juif mondial pour aller sauver une population juive qui se concentre alors essentiellement dans la ville de Budapest; les Juifs hors de la capitale ayant à ce stade tous été déportés et assassinés. Quand il arrive sur place, il ne mesure pas encore la gravité de la situation. Ce sont les événements qui vont le conduire à jouer un rôle bien plus important que ce qui était prévu initialement.

Budapest, Hongrie. Raoul Wallenberg (assis) en compagnie d’un groupe d’assistants à l’ambassade de Suède.

Malgré une absence totale d’expérience diplomatique et de connaissance sur le terrain des opérations clandestines, il organisa l’une des plus importantes opérations de secours, et l’une des plus réussies de l’Holocauste. Avec l’autorisation de son gouvernement, Wallenberg commença à délivrer des certificats de protection suédois aux Juifs de Budapest peu après son arrivée. Il ne cessa d’intervenir pour s’assurer que ceux-ci soient libérés, tout comme les détenteurs de faux papiers. Grâce à des fonds du WRB et de son pays, il créa des hôpitaux, des crèches et une soupe populaire, et mit en place plus de 30 lieux sûrs qui formaient le cœur du « ghetto international » de la ville. Celui-ci était réservé aux Juifs en possession d’un certificat délivré par un pays neutre. C’est ainsi qu’il sauva la vie de plusieurs dizaines de milliers de Juifs hongrois.

Les Juifs faisant la queue à l’extérieur de l’ambassade de Suède à Budapest

La Hongrie était l’alliée de l’Allemagne, mais les défaites allemandes et le nombre croissant de pertes hongroises poussèrent le pays à aspirer à un armistice avec les Alliés occidentaux et l’Union soviétique. Cependant, le 19 mars 1944, les Allemands occupèrent la Hongrie afin de l’empêcher de sortir de la guerre. Ils forcèrent le chef d’État, Miklos Horthy, à nommer à la tête d’un gouvernement pro-allemand Dome Sztojay, un ambassadeur disposé non seulement à continuer la guerre, mais aussi à déporter les Juifs hongrois vers la Pologne occupée. Peu après, les rafles commencèrent, et ceux-ci furent remis aux Allemands.

Le 15 octobre 1944, le mouvement fasciste des Croix fléchées prit le pouvoir, avec l’aide des Allemands. La déportation des Juifs hongrois, que Horthy avait interrompus en juillet, recommença. Les Soviétiques ayant bloqué les routes ferroviaires vers Auschwitz, les autorités forcèrent des dizaines de milliers de Juifs hongrois à marcher vers la frontière avec l’Autriche, à l’ouest. Au cours de l’automne, Raoul Wallenberg intervint à de multiples reprises, souvent personnellement, pour assurer la libération des détenteurs de certificats de protection ou de faux papiers et tirer autant de personnes que possible des marches de la mort.

D’autres diplomates suédois et de pays neutres se joignirent aux opérations de secours. Carl Lutz, consul général de la légation suisse, délivra des certificats d’immigration qui mirent près de 50000 Juifs de Budapest sous la protection de la Suisse en tant qu’émigrants potentiels vers la Palestine. L’homme d’affaires italien Giorgio Perlasca se fit passer pour un diplomate espagnol. Suivi de près par Laszlo et Eugenia Szamosi, il délivra de nombreux certificats pour des pays dont l’Espagne neutre représentait les intérêts. Il mit également en place des lieux sûrs, dont un pour les enfants. Lorsque l’armée soviétique libéra Budapest en février 1945, il y restait encore plus de 100000 Juifs, principalement grâce aux efforts de Wallenberg et de ses collègues.

Les méthodes audacieuses de Wallenberg lui firent courir de graves dangers mais jamais il n’envisagea de mettre un terme à ses activités. Il demeura à Budapest avec ses «protégés » pendant le siège de la ville par les Soviétiques et menaça le commandant allemand et le chef des Croix fléchées afin de leur faire renoncer à leur projet de s’attaquer aux Juifs encore présents. Avant la prise de la ville par les Soviétiques, il déclara à Per Anger, un de ses collègues de la légation suédoise : « J’ai accepté cette mission et je ne pourrai jamais rentrer à Stockholm si je ne sais pas au fond de moi que j’ai fait tout ce qu’un homme pouvait faire pour sauver autant de Juifs que possible. »

Après la libération

La dernière fois que l’on vit vivant fut le 17 janvier 1945. Raoul Wallenberg fut emmené par des soldats russes, qui prétendirent le conduire à la rencontre du général soviétique Malinovsky. Ayant probablement pressenti le danger, Wallenberg déclara alors qu’on l’escortait jusqu’au véhicule russe : « Je ne sais si les Soviétiques m’emmènent en tant qu’invité ou en tant que prisonnier. » Il avait alors 32 ans et jamais on ne le revit.

Il aurait été soupçonné d’espionnage et incarcéré. Un rapport du gouvernement soviétique en 1956 semble indiquer qu’il serait décédé le 17 juillet 1947 alors qu’il se trouvait dans la tristement célèbre prison de Loubianka à Moscou. Il existe cependant des témoignages confirmant la présence de Wallenberg dans les prisons soviétiques après 1947, jetant ainsi le doute sur les allégations du rapport. La date et les circonstances exactes de sa mort ne seront donc peut-être jamais connues. En octobre 2016, les autorités suédoises le déclarèrent officiellement décédé.

Le président de Yad Vashem Avner Shalev (à gauche), le président du Parlement suédois Per Westerberg et la nièce de Raoul Wallenberg Louise von Dardel, au pied de l’arbre planté en l’honneur de Raoul Wallenberg. Yad Vashem, le 17 juillet 2012. En 1981, Raoul Wallenberg fut en outre nommé citoyen d’honneur des États-Unis, et en 1985, la rue devant le United States Holocaust Memorial Museum prit son nom.

Après plusieurs années de crise diplomatique entre la Suède et Israël, les relations se réchauffent et Markus Wallenberg, cinquième génération de la famille souhaite développer son activité en Israël notamment dans le secteur de la santé. Dans un entretien avec Globes, il explique ce qui a changé dans ses critères d’investissement, et comment la structure unique d’entreprise de la famille affecte le capital personnel de ses membres.

FREDAL

Témoignages

Agnès MANDL

1940-44 : A Budapest, en 1944, je travaillais pour Raoul Wallenberg, un diplomate suédois qui oeuvrait pour sauver les Juifs. Au mois de décembre de cette même année, les fascistes ordonnèrent l’exécution des Juifs sur les rives du Danube. Les Juifs furent attachés par groupes de trois et la personne qui se trouvait au centre était abattue ; ainsi, tous les trois tombaient dans le fleuve et s’y noyaient. Wallenberg demanda aux membres de son personnel : « Qui sait nager ? » Je me suis désignée. Nous nous sommes précipités au bord de l’eau et lorsqu’un groupe est tombé, nous avons plongé dans l’eau glacée du fleuve. Nous avons sauvé 50 personnes. Plus tard, je suis tombée malade et suis restée dans le coma pendant un jour et demi. Après la guerre, Agnès partit pour la Suède puis l’Australie et s’installa aux Etats-Unis en 1951. Par la suite, elle consacra sa vie à écrire sur Raoul Wallenberg et à enseigner ses préceptes et ses actions.

Tom VERES

Après que les Allemands eurent occupé la Hongrie en 1944, Tom fut envoyé dans des camps de travail et des usines. Il s’enfuit quelques mois plus tard et décida de contacter la légation suédoise, où il rencontra Raoul Wallenberg en octobre 1944. Tom resta à Budapest et, utilisant ses compétences en matière de photographie, il participa activement aux tentatives de Wallenberg pour sauver les Juifs de Budapest. Il fit des copies des laissez-passer de complaisance (Schutzpaesse) et prit des photographies à cet effet et se fit le témoin documentaire des déportations.

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