Mesha cet Inconnu et pourtant…

C’est « la découverte la plus importante qui ait jamais été faite dans le champ de l’épigraphie orientale », selon Ernest Renan.

La stèle de Mesha prouve l’historicité de l’Ancien Testament sur au moins cinq aspects :

1 – Existence de la nation d’Israël dans le Levant au IXe siècle avant notre ère (le terme “Israël” est inscrit à cinq occurrences).

2 – Existence du royaume voisin de Moab (avec sa capitale Dibôn) à la même époque.

3 – Historicité du roi d’Israël Omri (règne de 886 à 875 av. J.-C.).

4 – Conquête de Moab par Israël sous Omri, puis la révolte du roi de moabite Mesha contre le fils et second successeur d’Omri (Joram, 852-841) et la tribu israélite de Gad.

5 – Historicité de la dynastie davidique et donc du roi David.

La stèle de Mesha arrondie à son sommet, fait 124 cm de hauteur pour 71 cm de largeur et de profondeur. C’est une stèle de basalte découverte en (Syrie, Liban, Israël et Jordanie actuels) en 1868 et sur laquelle est gravée une inscription remontant à l’époque du roi moabite Mesha (ixe siècle av. J.-C.). Le texte de trente-quatre lignes daté de 850 av. J.-C, relate les victoires de Mesha au cours de sa révolte contre le royaume d’Israël qu’il entreprit après la mort de son suzerain Achab. Appelée également pierre moabite, du nom du roi de Moab qui l’a fait inscrire au 9e siècle av. J.-C. elle a fourni aux historiens et aux linguistes la plus grande source de la langue moabite à ce jour. Aujourd’hui, les chercheurs ont pu vérifier avec un degré de certitude considérable que la stèle contient des références explicites au roi David.

La stèle a été découverte en fragments en 1868 à environ 15 miles à l’est de la mer Morte et réside actuellement au musée du Louvre à Paris.

Elle a été découverte en fragments sur le tertre du village de Dhiban en Jordanie du Sud, à l’est de la mer Morte. Par chance, en décembre 1869, un jeune chercheur français, du nom de Charles Clermont-Ganneau avait réussi à faire réaliser une estampe de la stèle avant qu’elle ne soit détruite. Le contenu de la stèle a donc pu être reconstitué en bonne partie. Mais les dernières lignes de la stèle sont en mauvais état. Et l’estampe, qui a été faite précipitamment, apporte peu ou prou d’informations supplémentaires. La dalle est gravée d’un long récit du roi Mesha de Moab partant en guerre avec Israël. Ce texte éclaire le contexte du conflit qui opposa Moab au royaume d’Israël, relaté par le Deuxième Livre des Rois

Détails de la stèle de Tel Dan conservée au Musée d’Israël

La maison de David

Le texte contient des allusions au dieu israélite ainsi qu’à la « Maison de David » et à « l’Autel de David ». Cependant, jusqu’à aujourd’hui, les érudits ne pouvaient pas être entièrement sûrs que ces références au roi David étaient correctement déchiffrées.

L’expression Moabite « Maison de David » se compose de cinq lettres : bt dwd . « Bt » est similaire au mot hébreu d’aujourd’hui pour maison – bayit – qui est beit dans sa forme construite. Et « dwd » peut être considéré comme le vav daled de l’hébreu moderne (la lettre, dans ce cas, est en fait waw) daled qui épelle le nom « David ».

Plus récemment, en 2018, le Louvre a pris ces nouvelles images haute résolution et y a projeté de la lumière provenant directement du papier pressé vieux de 150 ans. Ainsi, les chercheurs ont pu glaner une image beaucoup plus claire des archives anciennes. Ceci, expliquent Lemaire et Delorme, est la façon dont ils ont pu voir la preuve des trois autres lettres, taw (comme le tav hébreu moderne ), dalet et dalet.

La stèle décrit comment le royaume de Moab a été conquis par Omri, roi d’Israël, en conséquence de la colère du Dieu Kemoch. Les victoires de Mesha sur le fils d’Omri (dont le nom n’est pas mentionné) et sur les hommes de la tribu de Gad à Ataroth, Nebo et Jehaz.

Jusqu’à présent, seules les première et quatrième lettres de la série, bet et waw étaient complètement claires. Dans un article fin 2022 intitulé « La stèle de Mesha et la maison de David » dans le numéro d’hiver de la Biblical Archaeology Review , les chercheurs André Lemaire et Jean-Philippe Delorme ont réexaminé les preuves. Ils écrivent: « En 2015, une équipe du West Semitic Research Project de l’Université de Californie du Sud a pris de nouvelles photographies numériques de la stèle restaurée et de la compression du papier. L’équipe a utilisé une méthode appelée Reflectance Transformation Imaging (RTI), dans laquelle de nombreuses images numériques sont prises d’un artefact sous différents angles, puis combinées pour créer un rendu numérique tridimensionnel précis de la pièce. Cette méthode est particulièrement précieuse car le rendu numérique permet aux chercheurs de contrôler l’éclairage d’un artefact inscrit, de sorte que les incisions cachées, faibles ou usées deviennent à ce moment visibles.

Grâce aux nouvelles techniques d’imagerie numérique appliquées à la stèle de Mésha et à ses estampages, le déchiffrement de cette inscription majeure est considérablement amélioré. La mention de la « maison de David » demeure hypothétique mais reste la lecture la plus probable. Avec l’inscription de Tel Dan, la stèle de Il Mésha pourrait ainsi constituer le plus ancien témoin historique d’un certain souverain nommé David qui, au IXe siècle avant Jésus-Christ, était perçu comme le fondateur d’une dynastie judaïte.

Dans quelle mesure le moabite et l’hébreu ancien sont-ils similaires ?

Dans la Torah les Moabites sont apparentés aux Israélites. Par ailleurs l’encyclopédie Britannica a caractérisé la relation entre Moabite et l’hébreu de son temps comme ne différant «que dialectiquement». Selon le livre de Dearman et Jackson de 1989, Studies in the Mesha Inscription and Moab : « Il est probable que le moabite et l’hébreu étaient, pour la plupart, mutuellement intelligibles. » La mention d’Israël écrite en Moabites est la plus ancienne occurrence connue.

Le nom divin YHWH apparaît ici en caractères anciens, sous la forme de quatre lettres ou Tétragramme, vers l’extrémité droite de la 18e ligne. L’écriture du nom propre de Dieu ne pose donc pas question.

Sont mentionnés également de nombreux lieux bibliques confirmant ainsi leur authenticité. Citons Ataroth et Nebo (Nombres 32:34,34), Dibôn (Josué 13:9), Beth-Diblathaïm (Jérémie 48:22,24). MOAB mentionné dans la Torah est un fils de Loth, neveu d’Abraham, ce qui explique la similitude de la langue des deux peuples. Il serait le fruit d’un inceste; les filles de Loth enivrent leur père et « se couchent avec lui ». De surcroît, l’arrière grand-mère de David se trouvait être la moabite, Ruth, la convertie.

En violet Royaume de Moab avec Dibon
MOAB mentionné dans la Torah est un fils de Loth et serait le fruit d’un inceste. Les filles de Loth enivrent leur père et « se couchent avec lui »

Ruth était une princesse de Moab, et après le décès de son mari, elle n’avait qu’à retourner au palais royal pour y être accueilli les bras ouverts et y finir sa vie dans le luxe et tous les plaisirs terrestres possibles et imaginables, mais, au lieu de cela, elle s’obstine à suivre sa belle-mère au risque d’être humiliée comme une pestiférée. Ce n’est pas un hasard si elle eut le mérite de faire naître la descendance du roi David. Les Sages la qualifient de « mère de la royauté ».

FREDAL

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