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À LA DÉCOUVERTE DE L’HISTOIRE, DU PATRIMOINE ET DES LIEUX JUIFS PARISIENS

Synagogues, monuments, cimetières, restaurants et épiceries, autant de témoins de la présence de la communauté juive à Paris depuis des siècles. Longtemps, la vie des Juifs alterna entre périodes d’accalmie et phases de sévère répression et fut liée à l’approbation ou à l’opprobre du souverain en place
Une manière de se rendre compte de la présence des Juifs dans la capitale dès le début du Moyen-Âge, attestée par des textes et l’édification de monuments dont certains sont encore visibles aujourd’hui, et de passer le seuil de lieux porteurs d’Histoire(s) et marqués d’une grande richesse culturelle et patrimoniale bien que la majorité de ces édifices soient situés dans de petites ruelles étroites et mal famées
Histoire de la Grande Synagogue de Paris

Histoire de la Grande Synagogue de Paris

Arrivés à Paris vers 465 après qu’un décret de Varenne leur a retiré certains droits, les Juifs s’installent dans la capitale. Une rue de l’île de la Cité menant directement au château royal est même renommée rue de la Juiverie, et la première synagogue parisienne, aujourd’hui disparue, est construite en 582. Les Juifs de Paris vivent alors en bonne entente avec leurs voisins, et pratiquent leur religion en toute liberté.
Mais alors que la frontière entre l’Eglise et la royauté devient de plus en plus poreuse, le sort des Juifs de Paris se détériore. Sous le règne des derniers Mérovingiens, le « bon » roi Dagobert 1er leur ordonne de se convertir ou de quitter la capitale ; nombreux sont ceux qui choisissent de quitter les lieux. Par la suite, durant deux siècles, entre 751 et 967, les tensions s’apaisent durablement grâce au concours des Carolingiens, en particulier de Charlemagne, Charles II « le Chauve » et Louis Ier « le Pieux ».
Charlemagne reçoit Alcuin, en 781, par Jules Laure (1837)
Charlemagne reçoit Alcuin, en 781, par Jules Laure (1837)
Durant les règnes de Louis VI « le Gros » et Louis VII « le Jeune », la population juive parisienne augmente à nouveau ; ils s’installent à Paris, aux Champeaux, mais aussi en banlieue, à Villejuif, et disposent de deux synagogues, celle rue de la Juiverie et une seconde rue de la Tacherie, ainsi que de deux cimetières. Enviés par une partie des Parisiens et alors qu’un mouvement anti-juif se dessine, les Juifs sont arrêtés sur ordre du souverain Philippe II Auguste dès que celui-ci prend la succession de son père, Louis VII, sur le trône de France.
Expulsés, spoliés de leurs biens, de leurs terres et de leurs maisons, frappés d’un lourd tribut, les Juifs sont priés de quitter Paris dès 1182. La synagogue de la rue de la Juiverie est offerte par le roi à l’Archevêque de Paris et transformée en l’église Sainte-Marie-Madeleine-en-la-Cité. Avec les sommes obtenues par la vente des maisons juives, le roi fait construire le donjon du château de Vincennes, tandis qu’à l’emplacement de l’ancien quartier des Champeaux, Philippe II fait édifier un marché qui deviendra, par la suite, les anciennes Halles de Paris.
Mais en 1198, les finances de l’Etat sont au plus bas, et le souverain enjoint aux Juifs, qui contribuent à la prospérité économique du royaume, de revenir vivre et surtout travailler à Paris. Pour retrouver leur droits, leurs activités et leurs lieux de culte – la synagogue de la rue de la Tacherie leur est rendue et une nouvelle est érigée dans le 4e arrondissement – , l’administration va même jusqu’à leur ordonner de signer un engagement, leur faisant promettre de ne plus jamais quitter la capitale. Dès lors, ils s’établissent dans la rue des Rosiers ; ainsi que Rive gauche, entre la rue de la Harpe et le boulevard Saint-Germain – où des travaux mirent à jour, au siècle dernier, des vestiges d’un important cimetière juif médiéval.
Expulsion des Juifs portant la rouelle en 1182. Miniature des Grandes Chroniques de FranceExpulsion des Juifs portant la rouelle en 1182. Miniature des Grandes Chroniques de France
Mais l’Histoire des Juifs à Paris est marquée de hauts et de bas, de périodes d’accalmie et de persécutions, et sous le règne de Louis VIII « le Lion » et de Louis IX dit Saint-Louis, ces supplices reprennent. Le souverain souhaite pousser à tout prix les Juifs de Paris à la conversion, et leur impose, par un décret paru le 12 juin 1269, le port de la rouelle, une petite pièce d’étoffe distinctive. Le 6 juin 1242, « le bon » Saint-Louis fait brûler tous les exemplaires du Talmud trouvés dans la capitale, en place de Grève.
Les décennies et les siècles suivants oscillent à nouveau entre répression et apaisement. Sous le règne de Philippe III « le Hardi » et Marguerite de Provence, de 1270 à 1285, une trêve fait espérer une fin définitive des conflits. Mais ceux-ci reprennent de plus belle sous Philippe IV « le Bel », et un nouveau décret, paru le 22 juillet 1306, ordonne l’expulsion de tous les Juifs de France. Ceux qui ne se convertissent pas sont tués sur le champ. Sous Philippe V « le Long », alors qu’on leur reproche toutes les maladies, mais aussi l’empoisonnement des puits, des centaines de Juifs sont brûlés sur le bûcher.
Pessa'h : L'histoire, le patrimoine et les lieux juifs de Paris
Après une accalmie de près de 30 ans, les persécutions reprennent en 1381, et Charles VI « le Fou » décide une nouvelle fois, sous la pression de nombreux prêtres, que les derniers Juifs encore présents doivent quitter Paris. A nouveau, leurs biens sont pillés et les réticents au départ et à la conversion sont massacrés. Il faudra attendre quatre siècles, à l’époque des Lumières, pour que les Juifs soient à nouveau tolérés dans la capitale. Au 18e siècle, les Juifs de rite portugais et avignonnais s’installent du côté de Saint-Germain-des-Prés, tandis que les Juifs allemands se regroupent plutôt dans le quartier du Temple. Pour autant, ceux-ci sont toujours soumis à des restrictions de commerce et de culte.
La Révolution française permet, grâce à une lente évolution des idées et des pensées, une transformation conséquente de la situation des Juifs en France et à Paris, et ceux-ci bénéficient de réformes, entamées à la veille de la prise de la Bastille à la demande de Louis XVI, qui leur sont favorables. Sous le règne de l’Empereur Napoléon, les premiers consistoires sont créés, et les grandes synagogues parisiennes sont construites au 19e siècle.
Entre 1880 et 1940, 100 000 Juifs, fuyant les pogroms, arrivent d’Europe de l’Est et se réinstallent rue des Rosiers, dans le quartier Saint-Gervais et autour de la place Saint-Paul. Le Marais tire d’ailleurs de ce fait un surnom, le Pletzl « petite place » en yiddish. Les siècles suivants sont marqués par des épisodes traumatiques, l’affaire Dreyfus, porte-étendard du nouveau visage de l’antisémitisme, les déportations, la Rafle du Vel d’Hiv, avec comme sinistre point d’orgue, la Shoah.
Histoire de la Synagogue de la Rue Pavée - Agoudas Hakehilos
La Synagogue de la Rue Pavée – Agoudas Hakehilos
Après la tragédie de la Shoah, les quartiers juifs de Paris comme le Marais, mais aussi les 11e, 19e et 20 arrondissements sont vidés de leurs habitants. Il faudra attendre les années 60 et l’arrivée des Juifs séfarades en France pour que ces quartiers et ces rues reprennent vie. De nos jours, le quartier du Marais, qui s’étend rue des Rosiers et dans les rues avoisinantes, est le plus célèbre quartier juif de la capitale.
Certaines des plus belles synagogues de Paris y ont été édifiées, comme la synagogue de la rue Pavée, signée Hector Guimard – à qui l’on doit les plus fameuses entrées de métro parisien – ou encore la synagogue des Tournelles à deux pas de la place des Vosges. D’autres synagogues, comme la synagogue Buffault et la grande synagogue de Paris dans le 9e arrondissement, ainsi que la synagogue Nazareth dans le 3e arrondissement méritent, elles-aussi, un arrêt prolongé.
Les gourmands ne manqueront pas, quant à eux, de faire un tour dans les boulangeries et pâtisseries juives du Marais, afin de croquer un rugelach au pavot, ou bien d’emporter un sandwich aux falafels dans l’une des échoppes du quartier. Attention cependant, le samedi, toutes ces boutiques sont fermées pour shabbat, le jour de repos hebdomadaire.
La découverte du patrimoine juif de Paris continue ensuite au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, dans le Marais toujours. Installé dans l’hôtel particulier de Saint-Aignan datant du 17e siècle, le musée présente des œuvres d’art modernes et contemporaines et une importante collection témoignant des moments clés de l’histoire juive, du Moyen Age au 20e siècle, à travers des manuscrits, des objets de culte, des textiles et des documents sur l’art et l’histoire. A quelques pas de là, rue des Archives, se trouve le Cloître des Billettes, où se tint, un jour de 1290, la légende de « Jonathas le Juif » qui fut exécuté en place de Grève.
Impossible de ne pas évoquer le Memorial de la Shoah, un musée consacré à l’histoire juive durant la Seconde Guerre mondiale et dont l’axe central est l’enseignement de la Shoah, ainsi que son Mur des Noms, qui commémore les 75 568 juifs français et étrangers déportés de France ; le Mémorial des Martyrs de la Déportation, sur l’Île de la Cité, dédié au souvenir de l’ensemble des déportés de France entre 1941 et 1944 ; ou encore la plaque commémorative de la Rafle du Vel d’Hiv, située sur la place des Martyrs Juifs du Vélodrome d’Hiver, dans le 15e arrondissement.
Les journées du patrimoine au Mémorial de la Shoah
Enfin, pour terminer cette découverte du patrimoine juif de Paris, pourquoi ne pas aller se recueillir dans les cimetières parisiens, au cimetière du Père-Lachaise, au cimetière du Montparnasse et au cimetière de Montmartre, mais également dans le cimetière portugais de la rue de Flandre, moins connu que les précédents, où furent enterrés les juifs clandestins de Paris, suivant les requêtes du souverain – de nuit, dans le silence et sans office. Pour cela, il faudra compter sur votre chance et tomber sur un riverain ; situé dans une cour d’immeuble, il est en effet inaccessible aux passants.

J.J.A

Le sionisme tel que vous n’en avez jamais entendu parler

Une anthologie de Vladimir Jabotinsky présentée par Pierre Lurçat

« Le Mur de fer, les Arabes et nous » de Vladimir Jabotinsky

Le public français ne connaît pas, ou à peine, Vladimir Jabotinsky. Wikipedia le présente ainsi : « Vladimir Ze’ev Jabotinsky, né le 18 octobre 1880 à Odessa, dans l’Empire russe et mort le 4 août 1940, à Hunter, village de l’État de New York aux États-Unis, est le fondateur de la Légion juive durant la Première Guerre mondiale et un leader de l’aile droite du mouvement sioniste. » Mais pour aller chercher Jabotinsky sur Wikipedia, encore faut-il savoir qu’il existe !

Pierre Lurçat remédie à cette méconnaissance avec brio en publiant une traduction des textes fondateurs de ce visionnaire, publiés entre 1916 et 1929 en les éclairant d’une introduction historique et philosophique pointue.

Prophétique

Le sionisme de Jabotinsky, plutôt de droite, explique Pierre Lurçat, était « une clairvoyance désabusée… un réalisme pragmatique… associés à un profond respect pour la nation arabe. » Voici qui va à contre-courant  de l’idéologie antisioniste la plus répandue.

« Ce sont les événements », explique Lurçat, « qui amènent Jabotinsky à une réflexion théorique qui se double, comme toujours chez lui, d’une action concrète ». Le fait est que l’intéressé définit sa position vis-à-vis des Arabes comme « semblable à son attitude envers tous les autres peuples : une indifférence polie. »

Le 24 août 1929 à Hébron, alors en Palestine devenue mandataire, des Arabes ont massacré 67 Juifs, en ont  blessé 53 et ont pillé leurs maisons et leurs synagogues. Quelques semaines plus tard, Jabotinsky publiait en russe dans Rassviet, un article ironiquement titré « La paix » : « Le camp sioniste entonne à présent d’une voix forte le refrain des pacifistes, qui s’efforcent (en prêchant la morale aux Juifs uniquement) de se réconcilier avec les Arabes… Au lendemain d’un massacre tellement méprisable et abominable, nous devrions reconnaître nos péchés et implorer leur grâce pour qu’ils cessent de nous attaquer. »

Ce texte est écrit en 1929 et il vise les sionistes, pas en 2022 à destination des chancelleries occidentales.

Rêve impossible d’un État ouvert ?

Jabotinsky avait été, en 1906, l’un des rédacteurs du Programme d’Helsingfors, qui définissait ce qu’auraient dû être les droits des minorités au sein de l’Empire russe. Le réalisme, explique-t-il en 1929, c’est de vouloir l’égalité avec les Arabes de Palestine, mais aussi de se poser la question de la faisabilité du projet sioniste par des voies pacifiques : « Cela ne dépend pas de notre attitude envers les Arabes, mais uniquement de l’attitude des Arabes envers le sionisme. » En effet, « le monde doit être un lieu où règne la responsabilité mutuelle… Il n’existe pas d’éthique affirmant que le glouton peut manger autant qu’il le désire et que celui qui se contente de peu doit dépérir sous la clôture. »

Les faits, là encore, donnent raison à Jabotinsky en abondance, en nombre égal aux refus arabes opposés aux propositions de paix israéliennes, depuis la première en 1948, dans la déclaration d’indépendance : « L’État d’Israël sera ouvert à l’immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés ; il développera le pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe. »

Seuls 156 000 Arabes de Palestine, sur les 750 000 qui y vivaient à l’époque, acceptèrent ce contrat. Aujourd’hui, ils sont 1,995 million, soit 21,1 % de la population totale et ils ont un parti au gouvernement.

L’AUTOMNE FRÉMIT AU SON DU CHOFFAR …

À toute autre saison je préfère l’automne car c’est l’envol somptueux de la période estivale et la douce esquisse de l’hiver. J’aime son manteau laiteux qui s’évapore aux premiers rayons brûlants du soleil. Le soir venu, alors que les vents brossent les cimes, des nuées ailées spiralantes dans les cieux augurent, dans un frisson crépusculaire, le grand départ. C’est l’automne qui s’annonce enfin avec ses feuilles jaune vif ou rouge ocre se séparant langoureusement de leurs branches dans une valse gracieuse de ballerines avant de s’échouer sans un bruissement sur le gazon moelleux et le tapisser de couleurs flamboyantes.

Le bel automne est revenu…

je n’avais jamais compris pourquoi Rosh Ha-Shana se fêtait à l’équinoxe d’automne, dans ces derniers souffles, cette lente agonie entrecoupée de soubresauts de vie et de chaleur. Aujourd’hui j’en connais la raison : Les premiers jours d’automne où la nature expire, l’éblouissement et l’épanouissement de l’année et ses premiers tiraillements de vieillesse, nous rappellent qu’il est temps que nous admettions notre vulnérabilité. Oublions pour un moment l’avalanche de défis qui se sont abattus sur nous tout au long de cette année passée où l’apparence fut plus importante que l’esprit et que nos cœurs débordent enfin de bonté, de compassion. Car que serait-ce la vie sans pardon, sans tolérance, sans miséricorde, sans magnanimité et sans générosité ? N’est-ce pas en nous honorant, chérissant, aimant que nous pouvons dire que nous aimons Dieu ? Et puis comment pourrait-on obtenir Sa clémence si nous sommes incapables de les accorder à nos proches, à nos amis, aux autres ? N’éclipsons pas pour autant les menaces, les dangers, les problèmes, qui nous ont enseignés combien nous sommes tributaires les uns des autres, et concentrons-nous alors sur ce que le futur nous réserve pour arrêter le tic-tac à rebours de l’horloge du temps.

Cette fin d’année n’est que l’éclosion d’une nouvelle étape, d’une nouvelle aventure, d’un autre défi qui réclame beaucoup plus d’attention et de sagesse. Mettons nous à chanter «Imagine all the people» et souhaitons-nous une année parsemée de joie, de succès, d’amour et de paix, tandis que le jasmin qui garnit notre table de fête exhalera son parfum avant de courber la tête et de flétrir, murmurant dans un sourire ineffable et narquois : «Ce n’est qu’un au-revoir, je fleurirai à nouveau dans ton paradis».

Avec cette belle promesse de résurrection, à ceux qui disent «A gut yor», ou à ceux qui disent «Chana Tova», je vous souhaite à mon tour une bonne et joyeuse Année 5783.

Bonne Année aux séfarades, aux ashkénazes, aux yéménites, aux falashas, aux Kukis, aux Chiang Min, aux Pachtouns, aux Kaï Fengtres, aux galitsyaners et aux litvaks, aux yiddishophones, aux yiddish aphones, et à ceux qui maîtrisent le derdja.

À ceux en shtreymel, à ceux en spodek, à ceux en chapeau, à ceux en burnous, à ceux qui exhibent leur calvitie, à celles en sheytl, à celles en tikhl, et à celles qui montrent fièrement leurs racines.

À ceux qui descendent d’Abraham, à ceux qui descendent de Noé, à ceux qui descendent du roi Salomon, à ceux qui descendent de la reine de Saba, à ceux qui descendent de Taras Boulba, à ceux qui descendent de chez Nanou par la rue Bach Hamba à Tunis, à ceux qui viennent de la rive gauche du Dniepr, à ceux qui viennent de la rive droite du Potomac, à celles qui faisaient le plein de vitrines de la rue Michelet à Alger, à ceux qui descendent de chez Yankel par la rue du Sentier, et à celles et ceux qui arpentaient tous les samedi après-midi la rue Caraman à Constantine guettant le regard complice.

Aux descendants du Bal Shem Tov, aux descendants du Gaon de Vilna, aux descendants de Abou Imran Moussa ibn Maïmoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Yahoudi dit Maïmonide, à ceux de Rabbi Yehouda ben Shmouel ibn Alhassan haLévi dit Juda Halevi, aux descendants d’illustres rabbins d’Afrique du Nord, à ceux qui descendent de chez Jacky aussi par la rue du Sentier, mais plus tard.

À ceux qui vont chez les orthodoxes, à ceux qui vont chez les loubavitchs, aux libéraux, aux Massorti, et à celles et ceux qui ne vont nulle part.

À ceux qui mettent une kippa noire, à ceux qui mettent une kippa blanche, à ceux qui mettent une kippa tricotée, et à ceux qui préfèrent la mettre dans la poche.

À celles et ceux qui préfèrent le gefilte fish salé, à celles et ceux qui le préfèrent sucré, à celles et à ceux qui préfèrent la mouloukhiya du petit Dominique, à ceux qui préfèrent la Dfina aux cardons, à ceux qui préfèrent le Cholent et à ceux qui disent « non merci, sans façons ».

À celles et ceux qui préfèrent le Knedleth, à ceux qui préfèrent le Keiss Kuchen, à ceux qui préfèrent le Boulou aux amandes et aux raisins secs, et à celles et ceux qui préfèrent le créponné inégalé de la place de la Brèche à Constantine.

À ceux qui vont à Deauville, à ceux qui vont à Eylat, et à ceux qui vont en cure dans toutes les villes dont les noms se terminent par « -les Bains ».

À ceux qui crient Bibi For Ever, à ceux qui crient Bibi For Never, et aux Bibis Fricotins de passage inopiné à Tourcoing.

À ceux qui nous ont rejoint par nostalgie, à ceux qui nous ont rejoint par passion, à ceux qui nous ont rejoint par amitié, à ceux qui nous ont rejoint par curiosité, à ceux qui nous ont rejoint par erreur, et à celles et ceux qui ne sont toujours pas au courant qu’ils nous ont rejoint.

Bonne et joyeuse Année 5783 à ceux qui se reconnaissent à travers ces observances et à celles et ceux qui n’observent rien de tout cela. Par delà nos différences ou par delà nos convergences, je souhaite que nous échangions encore et encore avec plus de chaleur, patience, amabilité, courtoisie, gentillesse, bonhommie, et pourquoi pas plus d’affection et de tendresse…

All The Best

FREDAL

Felix Allouche, un sionisme actif et combattant.

Mon grand-père, Felix Nessim Allouche, est né à Sfax, en Tunisie, en 1901, d’un père Constantinois et d’une mère Tripolitaine. De mes années d’enfance, je me souviens qu’il était doté d’une fantaisie rare. J’ignorais alors tout de son métier et son engagement politique et je trouvais naturels ses voyages fréquents pour la lointaine Europe, car ses retours étaient une fête. Je trouvais aussi tout à fait naturel de sauter sur les genoux de ses nombreux convives dont je m’aperçus bien plus tard qu’ils étaient souvent des personnalités politiques.

Un sioniste actif et combattant

Mon grand-père recevait beaucoup, chez lui, pas au restaurant. Cela se passait toujours de la même manière : il prévenait maman qu’elle devait venir préparer un repas pour le soir-même, pour 6, ou 8, ou 10 personnes, la consigne étant invariable : tu ne fais aucun chichi, je veux qu’ils voient comment on vit.

Nous partions alors tous, mes parents, mon frère mes deux sœurs et moi, chez grand-maman et grand-papa, et je me souviens de dîners gais, naturels, sans le moindre protocole, où le curé le rabbin l’imam côtoyaient des militants, des écrivains, des artistes et des reporters de tous pays.

J’avais huit ans, les conversations des adultes n’avaient pas su m’intéresser et ce n’est que bien plus tard, en feuilletant Paris Match, que je reconnus un de ces invités sur les genoux duquel j’avais passé la soirée, le Noel Barber du Daily Mail, et que j’appris à connaître l’importance du hongrois Max Nordau, co-fondateur avec Theodor Herzl de l’ Organisation Sioniste Mondiale, en hommage et amitié duquel mon grand-père prénomma une de ses filles Nordia.

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Lorsqu’en 1995, pour le centenaire de la naissance d’Albert Cohen, l’Alliance Française de Jérusalem organisa un colloque auquel je fus invitée à participer, je me souviens encore de mon émotion : le séminaire s’ouvrit sur une lettre d’Albert Cohen à mon grand-père. Certes, c’est formidable de ne pas avoir pratiqué l’idolâtrie mais tout de même ! Ne nous avoir jamais parlé de l’activité de mon grand-père et nous avoir laissés le limiter à ce journaliste-voyageur, et surtout à ce formidable grand-papa bonbon qui avait initié tout un petit système : mon panier d’osier au bout d’une corde descendait par la terrasse, et je le remontais, plein de friandises.

Responsabilité personnelle aussi: juste à l’obtention de mon bac, après huit jours de bateau – car c’était jadis plus économique -, ce grand-père venu m’attendre à Haïfa accéda aussitôt à ma requête : aller avec tous les autres au kibboutz. Et sans passer par la case départ.

J’ai donc longtemps, très longtemps, ignoré qu’il fut ce grand journaliste réputé pour un engagement sioniste de la première heure, et que le sionisme fut la quête de sa vie.

Sur le Net, par exemple sur le site Jewishéritage, je découvre des fragments de sa vie. Et je reconstitue le puzzle en interrogeant ses enfants, mais aussi des livres qui parlèrent de lui.

Il étudie à l’Alliance Israélite et se lie en 1920 avec Nahum Schluch, venu d’Israël à Sfax, Juif renommé qui lui parle du Sionisme. Membre de l’Association Ohave Tsion – Les Amoureux de Sion – il fait ses premiers pas en compagnie de nombreux camarades comme Rossy Fiorentino.

Déjà à 18 ans, il crée un petit journal, Herzelia, et une Association du même nom. Il travaille parallèlement comme coursier à la Dépêche Sfaxienne : son patron remarque ce garçon qui passe son temps libre à la bibliothèque et lui confie la rubrique des chiens écrasés. Très vite mon grand-père prend la plume et devient un polémiste remarqué du journal.

En 1924 il fonde Le Réveil juif, qui sera l’organe du Mouvement Sioniste en Afrique du Nord : sortant le vendredi, Le Réveil Juif comptait quatre pages et était distribué en Tunisie, en Algérie, au Maroc et en France. Henri Maarek et Elie Louzon y occupaient la fonction de Rédacteurs en chef, les Directeurs de la rédaction étant Michel Loffreda, Jacques Taïeb et Maurice Sitbon. Mon grand-père est aussi l’un des Fondateurs de La vie Juive.

Considéré comme l’un des journalistes juifs de Tunisie les plus marquants au cours de la première moitié du siècle, il est aussi un des plus actifs militants du sionisme en Tunisie. En 1926 il participe à la fondation de l’UJJUnion de la Jeunesse Juive, mouvement scout de Tunisie.

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Il fait la connaissance de Vladimir Jabotinsky, Sioniste Révisionniste, et, aidé de ses camarades Sfaxiens, il fonde sur sa demande le Betar en Tunisie. Le BetarParti Sioniste Révisionniste en Tunisie, ou Brit Trempeldor, est membre de l’UMJJUnion Mondiale de la Jeunesse Juive. Ce parti politique juif, sioniste, nationaliste et anti-communiste fut créé à Paris en 1925 par Vladimir Jabotinsky dans l’objectif de réviser le sionisme.

Nommé en 1932 Netsiv Betar – Premier Commissaire du mouvement Betar – affilié au mouvement de Jabotinsky, mon grand-père n’eut de cesse de relayer dans Le Réveil Juif cette pensée sioniste de tendance révisionniste : l’idée du Grand Israël, dans ses frontières bibliques, est au cœur de son programme depuis 1925 déjà. Très minoritaire à l’époque de Jabotinsky, cette thématique deviendra centrale dans le débat entre sionistes après la guerre des Six Jours de 1967, et ce jusqu’à nos jours.

Au milieu des années trente, mon grand-père, Félix Allouche,  transfère ses activités à Tunis. Délégué de la Fédération Sioniste au 18 ème Congrès Sioniste de Pragueen 1933, il y représente la Liste Révisionniste de toute l’Afrique du Nord : Riche de 3000 adhérents, la Liste, relayée par Le Réveil Juif, est d’un apport considérable pour le Parti et pour le Sionisme.

Jabotinsky décide de quitter L’Organisation Sioniste Mondiale, du fait du refus de celle-ci de revendiquer officiellement un État juif. Felix Allouche est très proche des idées de Max Nordau.

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Dès 1939, mon Résistant de grand-père écrit, manifeste, prend la parole, mitraillette à la main, ( une photo en atteste ). Il est l’un des premiers à dénoncer l’antisémitisme et les atrocités des Nazis en Europe, dans les émissions Radio Tunis et La Demi Heure Hébraïque, créée avec André Scemama,   où il milite inlassablement, sous couvert d’évoquer fêtes et coutumes juives.

Mon grand-père sera incarcéré plus d’une fois pour ses idées : la défense de la Liberté et des Droits de l’Homme et des Juifs en particulier, partout dans le monde, écrivant notamment une Lettre Ouverte à Hitler dans Le Réveil Juif et brûlant le drapeau allemand en manifestant Avenue Jules Ferry. Il signe alors ses articles “Feal”.

Mais la parution de Réveil Juif, comme celle d’autres publications juives en Tunisie, est interrompue par les autorités du régime de Vichy en octobre 1940 et durant les 6 mois de l’occupation allemande en Tunisie, mon grand-père est emprisonné dans les Camps de Travail Obligatoire puis assigné à résidence.

Il reprend son activité dès la Libération, dirigeant de 1944 à 1946 avec M.J. Sada et Moïse La voix Juive, diffusée dans toute l’Afrique du Nord. Rédacteur en chef de Tunis Soir puis de La Presse de Tunisie, il écrit pour CombatLa Terre Retrouvée et est aussi correspondant de divers journaux en Europe et en Amérique. La Gazette d’Israëlprend la relève du Réveil Juif.

En 1951, son fils Mordekhay sera le premier à rejoindre Israël avec son épouse et quelques amis. Mon grand-père a « à faire » encore en Tunisie.

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Dans La synagogue de Sfax, Claude Kayat raconte comment peu à peu, les contours de l’indépendance du pays se dessinant, les Arabes devinrent de plus en plus réservés, voire hargneux, vis-à-vis des Juifs de Tunisie. Dans le nord du pays, les fellagas s’insurgent et les attentats se multiplient : je me souviens bien, petite fille encore, avoir perçu ce danger au-dessus de nos têtes et n’avoir connu la paix qu’une fois mon père rentré le soir. Et, tandis que sur les ondes de Kol Tsione Lagolah, Félix Allouche, militant sioniste de la première heure, vante les mérites de la vie de pionnier en Terre sainte, les départs des Juifs tunisiens vers la France ou vers Israël s’organisent. L’exode se prépare, inéluctable et Kayat narre comment les commerçants arabes, les cochers de fiacres maltais, les pêcheurs siciliens et les enseignants français qui, avec les Juifs, formaient un microcosme chatoyant par sa diversité, allaient laisser la place, car tel est le vent impitoyable de l’Histoire, à une Tunisie musulmane uniforme et Jean-Pierre Allali évoque lui aussi ce chant du cygne, derniers soubresauts d’une Tunisie jadis bigarrée. Dans une interview à Culture-com en avril 2013, Allali rappelle les heures de gloire du sionisme en Tunisie : Des mouvements de jeunesse pionniers comme l’Hachomer Hatzaïr, le Dror, le Bétar, l’Haatsmaouth, l’UUJJ et les E.I. étaient très actifs. Des dirigeants comme Alfred Valensi, Meyer Bellity, Félix Allouche ou encore Jules Cohen-Solal, alias Loup Gris, ont porté à bout de bras la flamme sioniste en Tunisie pendant des années. Des publications sionistes, comme La Gazette d’Israël ont connu un franc succès. Je me souviens que lors de la parade de l’Indépendance, les jeunes de l’UUJJ ont eu le cran de défiler drapeau d’Israël en tête. Il se souvient que beaucoup de cadres et de militants sionistes ont, dans les années cinquante et soixante, choisi de faire leur Alyah : L’exode se prépare, inéluctable. Si les marchands de valises réalisèrent d’excellentes affaires […] l’unique boucher juif encore à Sfax ferma bientôt boutique et fit ses malles, ce qui sonna le glas de la communauté israélite de la ville. Pour subsister et pour conserver leur emploi dans un environnement hostile, certains Juifs, tel Fraïm Lévy, chauffeur de poids lourds, sont amenés à se convertir à l’islam.

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En effet, les choses allèrent petit à petit mais en s’aggravant : Au début, ce ne sont que les vociférations d’un charbonnier arabe: Attendez un peu ! On vous massacrera tous jusqu’au dernier. À commencer par les Juifs! La belle synagogue subit ensuite des dégradations : Un vitrail, puis deux, puis trois…Puis une porte… Les fientes d’oiseaux qui s’amoncellent dans le lieu de culte où l’on ne réussit plus à réunir un myniane, le quorum de dix hommes juifs adultes, nécessaire à la prière collective. Un Grand rabbin qui décède. Des propriétaires fonciers qui vendent à perte à des Arabes leurs maisons et leurs oliveraies. De vieux Juifs paisibles attaqués par des voyous au prétexte qu’ils sont sionistes : Tiens, sale Hébreu ! Voilà pour le Sinaï ! Voilà pour Jéricho ! Voilà pour le Golan ! Des gens apeurés qui se cloîtrent chez eux.

Ce climat de peur et les départs précipités pour la France, Israël ou le Canada, je m’en souviens, enfant, comme de nos meubles précipitamment jetés dans ce qu’on appelait des cadres, cadres qui partaient parfois bien avant les personnes.

Mon grand-père, qui parle couramment l’arabe, est l’ami intime de Bourguiba auprès de qui il combat pour l’indépendance de la Tunisie. L’assassinat en 1952 de son grand ami Farhat Hached, chef de file du Mouvement National auprès de Bourguiba, le touche profondément : La Main Rouge, organisation armée favorable à la présence française en Tunisie, a-t-elle commandité cet assassinat ? Toujours est-il que bientôt Bourguiba conseille à Felix Allouche de mettre de l’eau dans son vin : “Le Neo Destour veut ta peau. Pars. Je ne peux plus te couvrir. Je vais en Europe, accompagne-moi en qualité de journaliste, je m’occuperai de faire partir ta famille”. 

Rescapé en 1952 d’une tentative d’assassinat par les militants nationalistes du Destour, mon grand-père quittera précipitamment Tunis, en pleine nuit, protégé dans l’avion personnel de Bourguiba. Son épouse et ses enfants le rejoignent à Rome.

C’est l’Alyah. La famille se retrouve au kibboutz Kfar Darom. Ben Gourion est au pouvoir. C’est une cassure pour cet homme de convictions obligé de travailler dans un journal travailliste. Il refuse fièrement les dommages et intérêts qu’il eût pu percevoir de l’Allemagne. Il poursuit son œuvre de journaliste comme correspondant de Paris Match et Collaborateur des quotidiens de langue française La Gazette d’Israël puis du Journal d’Israël.

Dans Actualité Juive de mars 1990, Victor Bismuth raconte: En 1956 le Rav Raccah fait son Alyah avec toute sa famille; il dispose de moyens très modestes. Il incarne le sionisme religieux dans sa grande pureté. Son Alyah s’est faite en même temps que celle de son ami le regretté Félix Allouche, grand journaliste sioniste réputé, sioniste de la première heure, et c’est ensemble que ces deux familles vont vivre côte à côte dans un petit immeuble de Bat-Yam. 

Dans ce petit immeuble de Bat-Yam, j’ai passé de nombreuses vacances. Etudiante. Puis jeune mariée. Et pendant que grand-maman s’évertuait à me faire grossir à coup d’œufs battus et autres teffinas, je voyais bien ce grand-père, travailleur hyperactif, sorte de Professeur Tournesol, s’en aller, tôt le matin, en short et sandales, cartable à la main. J’ignorais qu’il allait à L’Information d’Israël. Où il écrivit longtemps. Mon journaliste de grand-père.

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J’ai interrogé hier Haïm, un de ses fils : Mon père était un fer de lance : choisir un but, aller de l’avant et arriver. Il n’était pas têtu, comme certains le pensent. Il était entreprenant, réfléchi, tout en sachant prendre des risques. Je le sais par expérience : sans son soutien moral, ses lettres et ses efforts, je ne sais pas si j’aurais réussi à arriver au Technion. Mine de rien, il était là, tout près et me suivant. Plus d’une fois il avala son orgueil et demanda une aide financière pour me permettre de faire face aux frais d’études. En fait je lui dois tout et je m’en rends compte seulement ces dernières années. Il a sacrifié énormément pour nous tous en venant en Israël : sa carrière, une vie plus facile. Sa plus grande joie a été d’être présent en 67 à la libération de Jérusalem et du Mur des Lamentations. Dans la famille on parle surtout du journaliste, de sa carrière : je crois qu’on a oublié le « père », celui qui nous permettait de rentrer sous les draps de son lit et d’y construire une tente, celui qui a ramené à la maison la première machine à glace, à granite précisément, ou encore le premier téléphone. Nous, ses enfants, pleins d’idéal sioniste, on l’a entraîné dans la réalisation du sionisme : pour nous c’était facile.

Haïm m’a précisé que les livres de mon grand-père avaient été partagés entre ses sept enfants et que ses journaux, lettres et articles sont consultables à la Bibliothèque Sioniste Nationale de Jérusalem.

Ce n’est pas faute d’avoir traîné dans le bureau de ce lecteur boulimique. Les livres étaient partout et je me souviens d’un désordre … éclatant.

Le Journaliste Jacques Benillouche m’a confié que mon grand-père lui avait appris les ficelles du métier. Le 31 mai 2013, à la suite de la chronique Israël n’est pas un pis-aller, expliquant dans une Tribune pourquoi il avait choisi de sortir de sa réserve, il saisit l’occasion de rappeler mon grand-père : J’ai été formé par un journaliste, Félix Allouche, qui a risqué sa vie en Tunisie pour cause de sionisme parce qu’il dirigeait un hebdomadaire, Le Réveil Juif. Il a sacrifié son intérêt personnel à ses idées. De retour en Israël, on lui avait proposé la Rédaction en Chef de L’Information d’Israël, financé à l’époque par le Mapai, les anciens travaillistes, à condition qu’il mette en veilleuse ses idées de droite empruntées à Jabotinsky. Il a préféré rester journaliste de base mais ne pas courber la tête pour des raisons financières. Il m’a inculqué comment rester droit face à ses convictions mais il n’a jamais cherché à me convertir, me laissant libre de mon parcours politique opposé au sien. 

Enfin, mon oncle Victor m’a raconté récemment que mon grand-père tenait un agenda, sorte de journal de bord. Sur les 3 pages vierges précédant le jour de sa mort, il a écrit en rouge et souligné : VIEILLESSE. A la date de son décès, il a écrit de sa plume : FIN.

Il meurt à Tel Aviv en 1978. Sa dernière lecture en cours était un essai consacré à L’Islam : mon grand-père a passé sa vie à savoir et comprendre. Cet homme qui contribua au triomphe du Sionisme écrivit : Mon Révisionnisme est tout d’abord un Sionisme actif et combattant plus que tout autre. Il est contre tout repos et défaillance. Que ceux qui sont fatigués s’en aillent et n’influencent pas les autres. Mon peuple doit combattre et aller de l’avant, jusqu’au bout, même si pour cela il faut tomber.

yad vashem

Nationaliste, Sioniste Révisionniste, Socialiste, camarade, compagnon, ami, père, grand-père, arrière grand-père, il fut, me rappelle mon frère, l’expression même de la fidélité, et ma sœur me confie ces quelques lettres patientes, détaillées et dactylographiées, postées de Bat Yam, fil invisible qui maintenait le lien avec ses petits enfants français en ces temps sans téléphone ni e-mails.

Le 24 avril 2016, son fils aîné, Mordekhay, a allumé en son nom au Mémorial de Yad Vashem une des six torches qui symbolisent les six millions de Juifs exterminés par l’Allemagne nazie.

Sarah Cattan

Sarah Cattan est journaliste, Rédactrice en chef au bureau parisien d’i24news et auteur de Les uns contre les autres

Le cancer de la prostate désormais guéri grâce à une opération innovante d’une heure

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Le traitement « qui change la donne » utilise des courants électriques pour détruire les tumeurs difficiles à atteindre.
(CRÉDIT : Creative Commons)

Les médecins britanniques espèrent que des milliers d’hommes atteints d’un cancer de la prostate pourront être guéris grâce à une opération innovante d’une heure.

Le traitement « qui change la donne » utilise des courants électriques pour détruire les tumeurs difficiles à atteindre. L’opération «Nanoknife» d’une heure a été décrite comme «étonnamment simple et rapide» par les chirurgiens.

Il utilise une technique appelée électroporation irréversible pour administrer des impulsions électriques dans la tumeur, coupant la membrane des cellules d’une manière beaucoup moins invasive que les traitements standard, ce qui signifie qu’il y a moins de risques pour les organes et les tissus environnants.

L’introduction de la thérapie sur le NHS intervient alors que plus de 50 000 cas de cancer de la prostate sont détectés chaque année. Les traitements de la maladie impliquent généralement une radiothérapie ou une intervention chirurgicale pour enlever la prostate, ce qui peut entraîner des problèmes de miction, d’incontinence et de perte de la fonction sexuelle.

En comparaison, Nanoknife offre un risque réduit d’effets secondaires et peut être effectué plus rapidement, les six premières opérations sur le NHS étant effectuées par des chirurgiens de l’UCLH.

Commentant le traitement, selon The Telegraph , l’urologue consultant, le professeur Mark Emberton, a déclaré: «Cela nous offre une nouvelle classe de thérapie – c’est une toute nouvelle façon de détruire les cellules. La beauté, c’est qu’il s’agit d’une technique si simple pour former les chirurgiens. Cela change la donne.

Emberton a déclaré que Nanoknife a le potentiel de devenir un traitement standard pour le cancer de la prostate au lieu de ne l’avoir que dans les grands centres spécialisés, comme c’est actuellement le cas avec les traitements ciblés.


Le professeur a ajouté: « Dans des moments comme celui-ci, lorsque le NHS est sous forte pression, la chirurgie d’un jour évite le besoin de passer la nuit à l’hôpital et signifie que nous pouvons utiliser nos blocs opératoires plus efficacement. »

Neil Gershon était parmi les hommes à recevoir le traitement du NHS, affirmant par la suite qu’il avait été attiré par « le fait que les risques de dommages collatéraux sont considérablement réduits ».


Se souvenant de son expérience, il a poursuivi: «Tout a été fait en une journée, ce qui était formidable. Lorsque l’anesthésie générale s’est dissipée, je me sentais parfaitement bien, aucune douleur. Ça n’aurait pas pu mieux se passer.

Médecin utilisant l’électroporation (NanoKnife) faisant passer des courants électriques directement dans la tumeur via une aiguille pour tuer les cellules cancéreuses. (CRÉDIT : Creative Commons)

Natalia Norori, responsable des connaissances chez Prostate Cancer UK, a déclaré que la thérapie pourrait « faire une grande différence dans la qualité de vie des hommes diagnostiqués avec un cancer localisé de la prostate ».

Nanoknife, fabriqué par AngioDynamics, fonctionne en administrant des impulsions électriques rapides, à l’aide d’électrodes, autour de la tumeur pour tuer les cellules cancéreuses.

L’urologue consultant Alistair Grey, qui a dirigé les premières opérations utilisant la technique, et son équipe. (CRÉDIT : Eddie Mulholland)

Guidées par IRM, les impulsions courtes peuvent être ciblées sur la bonne zone, et les cellules saines environnantes sont laissées intactes et préservées, ont déclaré les experts.

Natalia Norori, responsable des connaissances chez Prostate Cancer UK, a déclaré : « Les premières études suggèrent que des traitements comme Nanoknife pourraient traiter efficacement le cancer de la prostate tout en réduisant les effets secondaires chez les hommes. Cette technologie est l’un des nombreux types de thérapie focale à l’horizon, qui sont conçues pour cibler plus précisément la tumeur et limiter les dommages au reste de la prostate. »

Cela pourrait faire une grande différence dans la qualité de vie des hommes et il doit maintenant être testé dans des essais beaucoup plus importants pour voir s’il est aussi efficace que les traitements traditionnels.

L’équipe de l’UCLH a maintenant effectué six procédures, avec Neil Gershon, 70 ans, parmi ceux qui ont reçu le traitement le premier jour.

Norori a ajouté qu’à la suite des opérations à l’UCLH, Nanoknife doit maintenant être testé dans des essais plus importants.

J.J.A

Israël se classe au 1er rang pour la qualité de vie numérique avec l’Internet le plus abordable au monde

Selon un rapport de SurfShark, Israël a revendiqué la première place du score global pour la qualité de vie numérique.

Alors que la plupart des prix du bonheur et de la qualité de vie sont généralement décernés quelque part en Scandinavie, on pourrait dire qu’à mesure que la technologie de réalité augmentée et virtuelle nous emmène dans une existence de plus en plus en ligne, la qualité de vie numérique peut être quelque chose d’encore plus intéressant à rechercher (The Jerusalem Post ne recommande pas de faire valoir cet argument, car il semble assez facile à perdre).

Selon la quatrième édition annuelle de SurfShark de l’indice de qualité de vie numérique (DQL), Israël se classe désormais premier en 2022 , poussant le Danemark à la deuxième place après une avance de deux ans. L’étude porte sur 117 pays ; 92% de la population mondiale.

Qu’est-ce que la qualité de vie numérique ?

La qualité de vie numérique est définie par cinq mesures, selon le rapport : la qualité de l’Internet, l’administration en ligne, l’infrastructure en ligne, l’abordabilité de l’Internet et la sécurité en ligne. En évaluant la position de chaque pays dans ces mesures, un score peut être dérivé, ce qui donne aux résidents des pays les mieux notés un léger regain de confiance lorsqu’ils survolent le titre en déclarant que leur chose est meilleure que les autres.

Israël a obtenu de bons résultats dans un certain nombre de ces paramètres, notamment en matière d’accessibilité : Israël possède l’Internet le plus abordable au monde cette année, principalement en raison de son Internet mobile remarquablement bon marché. Le pays est en tête du classement malgré une période prolongée d’inflation et de hausse des prix. Le pire score d’Israël est celui de l’e-gouvernement, qui se classe au 33e rang mondial, les services de qualité Internet viennent 21e, et l’e-infrastructure et la e-sécurité se classent respectivement 28e et 32e.

L’internet le moins cher au monde

Alors que l’Internet mobile d’Israël est le plus abordable au monde, il y a encore place à l’amélioration de l’accessibilité du haut débit fixe. Depuis l’année dernière, l’accessibilité à Internet haut débit ne s’est pas améliorée en Israël, se classant au 28e rang mondial ; Cependant, compte tenu à la fois de l’Internet mobile et de l’Internet fixe, Israël affiche toujours le meilleur indice global d’accessibilité à l’Internet.

Des efforts récents ont été déployés par le ministère des Communications pour élargir la disponibilité de l’Internet par fibre optique dans tout le pays, bien qu’il ne soit pas clair si le passage à la fibre fera beaucoup pour réduire le coût du haut débit à long terme.

« Alors que les pays avec une bonne qualité de vie numérique ont tendance à être ceux des économies avancées, notre étude mondiale a révélé que l’argent n’achète pas toujours le bonheur numérique », a déclaré Gabriele Racaityte-Krasauske, responsable des relations publiques chez Surfshark.

À l’échelle mondiale, on observe une tendance à la hausse de l’Internet haut débit moins abordable. Le rapport note qu’avec l’inflation actuelle, la pression sur les ménages à faible revenu qui ont besoin d’Internet est devenue encore plus lourde. L’étude de Surfshark a également révélé que les pays dont la connexion Internet est la plus faible doivent travailler le plus longtemps.

« C’est pourquoi, pour la quatrième année consécutive, nous continuons à analyser la qualité de vie numérique pour voir comment les différentes nations continuent à fournir les nécessités numériques de base à leurs citoyens », a-t-elle déclaré. « Plus important encore, notre recherche vise à montrer l’image complète de la fracture numérique mondiale dont souffrent des millions de personnes. »

J.J.A

ISRAËL/ÉMIRATS: Deux de relations Fructueuses

Le 15 septembre 2020, Israël et les Emirats arabes unis écrivaient l’histoire en signant les accords d’Abraham et en officialisant la naissance de relations diplomatiques fructueuses, ponctuées d’une multitude d’accords bilatéraux dans tous les domaines: commerce, tourisme, technologie ou encore innovation.

« Je suis arrivé ici il y a dix mois et demi en tant que premier ambassadeur d’Israël aux Emirats arabes unis et, depuis, nous avons eu deux visites de notre président, deux visites de notre Premier ministre, environ 20 visites de nos ministres. Et nous avons signé 20 accords, dont l’accord de partenariat économique global (CEPA) », s’est réjoui Amir Hayek lors d’un entretien accordé la semaine dernière à l’agence de presse des Emirats (WAM).

Deux ans après les accords d’Abraham, l’engouement est donc toujours aussi grand et les deux pays n’ont cessé d’approfondir leurs liens. C’est dans cette optique qu’une délégation officielle venue d’Abu Dhabi est arrivée à Tel-Aviv la semaine dernière pour présenter ses délégués émiratis aux principales entreprises israéliennes cotées à la bourse de Tel-Aviv (TASE). 

Pendant deux jours, la délégation a participé à un forum d’affaires conjoint co-organisé par la TASE et l’Abu Dhabi Global Market – le principal centre financier international d’Abu Dhabi – en collaboration avec l’ambassade des Emirats arabes unis en Israël. L’événement a été fructueux, et a abouti à plusieurs protocoles d’accord visant à renforcer la coopération économique des nations et permettre diverses opportunités commerciales liées à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle, à la blockchain, ou encore à la protection des données et de la vie privée.

Amir Hayek, l’ambassadeur, a rappelé que le commerce entre Israël et les Emirats arabes unis a explosé de 117% au cours du premier semestre 2022 par rapport à la même période l’année dernière, et a estimé que les EAU figureront parmi les dix premiers partenaires commerciaux d’Israël dans les prochaines années. 

« 1.4 milliards de dollars de commerce en 7 mois, les chiffres ont doublé. Israël dispose de 121 partenaires commerciaux et les Emirats sont à la 11e place. Je pense que d’ici deux-trois ans, les Emirats feront partie des dix partenaires commerciaux les plus importants de l’Etat d’Israël. Tout ceci prouve qu’il y a une confiance mutuelle et que les sociétés souhaitent travailler ensemble. Ce sont des résultats incroyables », a précisé mardi soir l’ambassadeur lors d’une interview accordée à i24NEWS.

Une prévision confirmée par Fleur Hassan-Nahoum, maire adjointe de Jérusalem et cofondatrice du Conseil des affaires EAU-Israël. « Au cours des deux dernières années, les Émirats arabes unis sont devenus l’un des partenaires commerciaux d’Israël dont la croissance est la plus rapide, notamment grâce à l’accord de libre-échange qui ouvre la voie à des opportunités dans des secteurs clés, tels l’énergie, les services financiers, la distribution, la construction, et l’hôtellerie ».

Le tourisme explose également, en témoignent les chiffres: pas moins de 450.000 touristes israéliens ont décidé de poser leurs valises aux Emirats depuis la signature des accords.

« Après deux années difficiles, nous voyons moins de citoyens émiratis arriver en Israël mais je suppose que le tourisme va se développer. C’est un point sur lequel nous devons avancer », a-t-il affirmé.

Pour Amir Hayek, la relation entre Israël et les Emirats s’apparente à « un marathon ». « C’est comme un bébé de deux ans qui peut parler trois langues et courir un marathon. Un marathon, pas un sprint de 200 mètres. Nous sommes venus pour construire un terrain solide, des relations fortes, présenter des résultats et nous devons être très performants », a-t-il lancé.

Les Accords d’Abraham représentent pour lui un « état d’esprit de coopération dans un nouveau Moyen-Orient, qui offre un avenir meilleur aux enfants de la région. »

« Nous prévoyons qu’au cours de la troisième année de cette relation, nous verrons les échanges commerciaux plus que doubler, passant de 1,2 milliard à 3 milliards de dollars, hors services. Nous sommes également très enthousiastes quant à l’effet domino que cela a eu sur d’autres pays arabes, tels que l’Égypte et la Jordanie, qui bénéficient désormais d’échanges commerciaux accrus avec Israël. Nous avons la chance de vivre une nouvelle ère dans notre région qui crée de la stabilité et des opportunités », affirme Mme Hassan-Nahoum.

L’accord négocié le 15 septembre 2020 entre les Émirats et Israël, sous l’égide des États-Unis, a depuis deux ans ouvert la voie à l’établissement ou à la reprise de relations diplomatiques entre Israël et trois autres pays arabes: Bahreïn, le Maroc et le Soudan.

M. Hayek soutient que plus les relations entre les Emirats et Israël réussissent plus les pays voudront se joindre à ces accords « pour créer une nouvelle atmosphère, une nouvelle économie, et un nouveau Proche-Orient ». 

« Nous avons depuis deux ans orienté le dialogue de la défense et de la sécurité vers l’innovation. Ces deux dernières années, l’innovation et la technologie ont joué un rôle central dans les échanges commerciaux et Start-Up Nation Central est fière d’être au cœur du rapprochement de l’écosystème technologique israélien avec ses homologues des Émirats arabes unis, de Bahreïn et du Maroc, ainsi qu’avec ses partenaires internationaux », se réjouit Avi Hasson, PDG de Start-Up Nation Central, une organisation à but non lucratif qui promeut l’écosystème israélien en matière d’innovation sur le marché mondial.

« À l’approche de la troisième année de cette relation, nous pensons que le commerce et les investissements entre Israël et les pays signataires de l’accord d’Abraham doubleront en 2023 et que l’innovation et la technologie continueront d’y jouer un rôle important, car davantage d’entreprises israéliennes ouvriront des bureaux dans les pays signataires de l’accord et formeront des talents technologiques locaux, relevant ainsi le défi du capital humain tout en contribuant au développement de l’écosystème de l’innovation dans ces pays », a-t-il conclu.

J.J.A

Les liens Sacrés de la Couronne d’Angleterre avec la Loi Juive

L’apprentissage de l’hébreu était auparavant prescrit au sein de la famille royale

Peu le savent, mais le schisme à l’origine de l’Eglise anglicane dont Charles III est le nouveau chef, repose sur une rocambolesque dispute talmudique et l’admiration du roi Henri VIII pour la loi juive.

Le Talmud, l’archevêque et l’abbaye

« Le Talmud de Babylone est le principal joyau de l’abbaye de Westminster « , argua en 1956 l’archevêque Mgr Carpenter, pour justifier son refus de vendre les ouvrages au collectionneur juif de renom, Jack V. Lunzer. Un talmud, plus grand trésor de ce haut lieu de l’Eglise anglicane, lieu de sépulture et de couronnement des principaux souverains d’Angleterre, là où Elizabeth II sera prochainement inhumée ?

Pour comprendre ce cri du cœur de l’archevêque, il faut remonter quatre siècles plus tôt.

L’histoire commence en 1523. Cette année-là, le roi d’Angleterre Henri VIII, décide de se séparer de son épouse Catherine d’Aragon : après quatorze ans de mariage et des fausses couches à répétition, celle-ci ne lui a donné qu’une fille, Marie. Persuadé que son union est maudite et désireux d’avoir un héritier, le monarque se met en tête d’épouser sa maîtresse, Anne Boleyn. Seulement voilà : le divorce n’est pas autorisé par l’Eglise catholique, et la seule issue pour le souverain est d’obtenir l’annulation de son mariage par le pape Clément VII. Il fait alors valoir que son union avec Catherine d’Aragon n’est pas valide, et avance pour cela quelques solides arguments. 

Duel talmudique entre le roi et le pape

En premières noces, Catherine avait épousé le frère aîné d’Henri, Arthur, mort prématurément. Pour assurer la pérennité du rapprochement entre l’Espagne et l’Angleterre, il avait été décidé qu’Henri, le nouveau roi, épouserait sa belle-sœur. Mais l’Eglise s’était opposée au mariage : selon la législation biblique reposant sur l’Ancien Testament alors en vigueur, un homme ne pouvait épouser la femme de son frère (Lévitique 18,16). A moins de prouver que l’union entre Catherine et Arthur n’avait pas été consommée. Sur l’insistance d’Isabelle de Castille, mère de Catherine, le pape d’alors, Jules II, avait toutefois dispensé la jeune fille de l’examen de virginité requis pour valider son union avec Henri, et les noces avaient été célébrées. 

Henri VIII tient là son cheval de bataille. Il avance auprès du pape que la dispense ayant permis son union avec Catherine d’Aragon a été accordée abusivement, et que cette dernière n’était pas vierge lorsqu’il l’avait épousée. Peine perdue : Clément VII refuse d’annuler le mariage. Ainsi éclate ce que l’on a appelé The King’s Great Matter, la grande affaire du roi. 

Henri VIII dénonce l’incompétence du pape, incapable de déduire ce qu’il convient du verset pourtant limpide du Lévitique, interdisant d’épouser la femme de son frère. Mais le souverain pontife ne se laisse pas démonter et va consulter des juifs érudits en Talmud. Sur les conseils de ces derniers, il invoque dès lors la loi du yibboum énoncée dans le Deutéronome : « Si des frères demeurent ensemble et que l’un deux vienne à mourir sans postérité, la veuve ne pourra se marier à un étranger ; c’est son beau-frère qui doit s’unir à elle. » L’argument, imparable, valide le mariage royal. 

L’Eglise catholique face à ses contradictions

Acculé, Henri VIII décide de faire appel à ses propres rabbins. Il se heurte cependant à un écueil de taille : le royaume ne compte plus un seul juif depuis leur expulsion deux siècles auparavant… Qu’à cela ne tienne : le souverain presse ses émissaires demeurant en Italie de trouver des rabbins susceptibles de lui donner raison. Isaac Halfon est de ceux-là : ce rabbin vénitien souligne que sous l’impulsion de rabbénou Guershom de Mayence, autorité suprême parmi les juifs d’Europe au Moyen-Age, la loi du yibboum a cessé d’être appliquée et que les juifs, pour s’en dispenser, pratiquent systématiquement la cérémonie du « déchaussement » décrite dans le Deutéronome. Les jeux semblent faits en faveur du roi. Mais c’est sans compter la pugnacité du pape et de ses rabbins. Leur nouvel argument est que les décisions de rabbenou Guershom ne s’appliquent qu’aux juifs ashkénazes et que la reine Catherine, originaire d’Espagne, est séfarade ! Le mariage royal, disent-ils, est donc légitime. 

Dépité, Henri VIII finit par demander aux rabbins en charge de l’affaire ce qu’ils feraient à sa place. « Divorcer, bien sûr ! », lui répondent-ils. Apprenant que le divorce est parfaitement autorisé par l’Ancien Testament et par extension, le Talmud sur lesquels le pape fonde son argumentaire, le roi prend conscience de l’énorme paradoxe qui sous-tend le catholicisme ; il considère que le souverain pontife se moque de lui depuis le début, retenant uniquement ce qui l’arrange. A ses yeux, l’Eglise est coupable d’ignorance et il est bien décidé à s’affranchir d’un pouvoir jugé abusif.

 C’est le schisme. Le souverain, dont l’annulation du mariage a été prononcée un an auparavant par le nouvel archevêque de Canterbury, se proclame chef de l’Eglise d’Angleterre le 17 novembre 1534. L’anglicanisme qui vient de voir le jour se veut basé sur la seule autorité de l’Ecriture. Entre-temps, le roi, fasciné par la sagesse de la loi juive, a commandé une édition complète du Talmud, qui sera la première jamais imprimée, celle-là même que le collectionneur Jack Lunzer convoitait. L’apprentissage de l’hébreu est désormais prescrit au sein de la famille royale afin de comprendre la loi originelle. Tandis que les chaires d’hébreu se multiplient dans les grandes universités du pays, la famille royale ne déroge pas à la règle. Marie Stuart a notamment laissé un livre de psaumes annoté de sa main en hébreu, et l’on sait que la reine Eisabeth Ire, fille d’Henri VIII et d’Anne Boleyn, maîtrisait parfaitement cette langue.

Retour en terre juive

L’histoire des liens entre la loi orale et l’anglicanisme ne serait pas complète sans le récit de l’incroyable concours de circonstances ayant permis le retour en terre juive du fameux Talmud d’Henri VIII. L’histoire est contée par Pierre-Henry Salfati dans son excellent ouvrage Talmud, Enquête dans un monde très secret, après qu’il ait eu le privilège de s’entretenir avec Jack Lunzer. Malgré le refus catégorique de l’abbaye de Westminster de vendre les ouvrages, le collectionneur n’avait jamais abandonné le rêve de pouvoir un jour les posséder. Et il faut croire que la Providence était largement de son côté. 

Au début des années 80, alors qu’il se trouvait en Sierra Leone, voilà que le collectionneur manque son vol retour. Tandis qu’il feuillette un journal trouvé dans l’aéroport où il attend le prochain avion, Jack Lunzer tombe sur un encadré de quelques lignes : un lord connu, en recherche d’argent pour réparer le toit de son manoir, cherche à vendre la charte de l’abbbaye de Westminster. Notre collectionneur tenait enfin sa monnaie d’échange. 

C’est ainsi qu’au terme d’une transaction dont le montant n’a jamais été divulgué, un juif a permis le retour de la charte de l’abbaye en son berceau d’origine, et que des chrétiens ont permis le retour du talmud en terre juive. 

Des coutumes tenaces

Que reste-t-il des liens originels entre la loi juive et les rois d’Angleterre ? 

Outre le fait que le nom « british » signifie « homme de l’alliance » (brit-ish), certaines traditions de la Couronne sont directement issues du judaïsme. Lors de leur couronnement, les souverains d’Angleterre sont oints, on leur verse de l’huile sur la tête. Par ailleurs, le droit d’aînesse, le droit des successions, ainsi que certaines mesures particulières en vigueur dans le royaume comme la coudée sacrée sont tirés de la loi juive. Enfin, on sait que la circoncision est pratiquée au sein de la famille royale depuis le XVIIIe siècle au moins, sans toutefois que les raisons de cette coutume soient vraiment claires. Il y a en tout cas fort à parier qu’Henri VIII s’en serait réjoui…

MAIS MEURS DONC ENFIN !

Chris Froome veut gagner un 5ème Tour de France avec Israel Start-Up Nation.

Israël qui vit sous une loupe grossissante perpétuelle, haï de certains chrétiens, de nombreux musulmans et des juifs, israéliens ou autres… Haï par une foultitude d’organisations, de chefs d’états, de peuples, de médias…

Ah, ces médias qui décrètent la pluie ou le bon temps et pointent de leur doigt insolent et tricheur leur prochaine victime, qui vivra et qui devra mourir !

Car oui, il y a aussi des juifs qui veulent la mort de cet état dérangeant, lequel s’obstine, tient tête, lutte comme une bête traquée, devant tous les conflits externes et internes, devant les tribunaux, devant tout cet orchestre de faux musiciens, de déloyaux, de fourbes…

Haro sur le baudet. C’est instinctif, c’est parfois même amusant. Une balle perdue a tué une journaliste palestinienne et tout le monde devient son défenseur, son porte-parole, son avocat. Il en est même qui se pavanent face au déluge d’accusations envers Israël

Même ceux qui se déclarent ses alliés, sont aussi des colporteurs d’ordres, d’enquêtes minutieuses, de conseils biaisés, d’intentions préjudiciables. D’un côté ils promettent à Israël leur soutien absolu, et d’un autre ils financent et s’alignent auprès de leurs ennemis jurés. Oseront-ils par ailleurs accuser l’Iran de ses crimes contre l’humanité ? Oseront-ils porter atteinte à un cheveu des palestiniens, bien qu’ils soient les rois de la terreur, et qu’ils plongent Israël sous une avalanche de roquettes dirigées sur la population civile ? Oseront-ils leur proférer de pareils ordres? Il est vrai que dans ce monde bizarre il est défendu de prétendre à la vie, lorsqu’une majorité l’interdit avec une telle véhémence. Un véritable crime de lèse-majesté !

Au bûcher ces sorcières, ces israéliens assassins d’innocents ! Israël, le désastre d’un peuple palestinien errant inexistant sans défense, haï sans motif réel. Pourquoi autant d’insolence !

Quelle insolence enfin de vouloir défendre son existence, son petit coin d’enfer ou de paradis ! Défense de se défendre. Défense de défendre sa vie. Défense de respirer cet air au goût de haine, d’injustice, de mauvaise foi. Meurs donc, aboient ces défenseurs de souffrances prétendues, ces prêcheurs de morale qui n’en possèdent aucune.

Le monde va devoir vivre avec cet intrus qu’il le veuille ou pas et les palestiniens ou ceux qui se disent l’être, verront un jour combien la bêtise humaine est parfois dommageable. La lassitude, l’érosion, la démographie, la démocratie, la stupidité humaine, couronneront cette absurdité, et les fera sombrer dans l’ignorance.

« Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,

Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang…

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,

Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler ».

(Alfred de Vigny)

Pourquoi la mort d’une reine d’Angleterre m’indiffère

Les jours prochains vont être l’occasion à la France dite Républicaine, ainsi qu’à ces pauvres lobotomisés français de rendre hommage à leurs ennemis héréditaires.

Vous m’excuserez d’avoir un peu de mémoire et assez de connaissances historiques pour ne jamais oublier que l’Angleterre a été, et reste, notre pire ennemie. La famille royale anglaise n’est pas ma tasse de thé et je ne peux pas oublier que cette famille est responsable de la mort de plusieurs millions de Français durant les derniers siècles, sans compter ceux d’autres peuples pour assouvir ses ambitions de domination dans le monde. 

Je ne ferai pas partie des pleureuses de France qui, pendant les prochains jours, vont s’apitoyer sur la mort d’une Reine qui ne s’est pas fatiguée dans les champs, à l’usine, au bureau, ni même pour élever ses enfants. Elle avait un rôle assigné de représentation dans cette Angleterre, et son rôle premier était de donner un héritier.

Je vais même aller plus loin quitte à en choquer plus d’un. Je me fiche complètement de la mort de la Reine d’Angleterre.

Les Anglais ont toujours été nos ennemis héréditaires depuis des siècles. Cela a commencé au temps de nos rois de France. Je n’oublie pas qu’elle a occupé une partie de mon pays, qu’elle l’a colonisé. Elle s’est prétendue souveraine de mes ancêtres, et il a fallu à ceux-ci, des siècles de guerres, de batailles, de morts, pour bouter l’Anglais hors de notre sol. L’épisode de Jeanne d’Arc en est le plus grand des témoignages.

Je n’oublierai jamais la perte du Canada français, du Québec en particulier, ni la déportation des Français de « La nouvelle France » en Amérique du Nord. Petit rappel : les Acadiens ont été déportés par les Britanniques, leurs maisons et leurs fermes ont été incendiées, leurs familles séparées (pertes de liens avec proches, amis, conjoints, enfants…). Cette déportation a constitué une des premières opérations de nettoyage ethnique de grande envergure. On sait le mauvais sort qui fût apporté aux Québécois par la suite.

Je n’oublierai jamais non plus leur comportement lors de la Révolution Française, fomentant des complots, utilisant la cause légitime des Vendéens pour ce faire. Ne jamais oublier les financements des coalitions contre les Révolutionnaires, la trahison du traité de paix d’Amiens entre la France et l’Angleterre. Les coalitions contre le Consulat et l’Empire. Les Républicains français parlent de guerres Napoléoniennes, alors que ce n’est pas l’Empereur qui déclarait les guerres mais, à travers le financement anglais, les Autrichiens, les Prussiens, et même la Russie Tsariste. C’est cette perfide Albion qui agissait en sous-main, comme elle l’a toujours fait, et le fait encore en ce moment, en Ukraine. Les raisons de cette guerre à la Russie, en 1812, étaient la trahison du Tsar à sa parole donnée à Napoléon 1er, au sujet du blocus de l’Angleterre. Hélas, cela a mal tourné pour nous les Français.

Certains républicains français disent que Napoléon 1er brûla Moscou. C’est faux. C’est le gouverneur général de la ville, le comte Fédor Rostopchine, qui a offert la liberté aux brigands russes emprisonnés dans les geôles moscovites, à condition qu’ils mettent le feu à la ville.

Je n’oublierai jamais la trahison des Anglais au Mexique, lâchant Napoléon III et l’Empereur Maximilien qui voulait justement empêcher la montée de ces USA naissants. Ils voulaient installer un empire mexicain puissant à ses portes. On sait par la suite, que le Mexique « républicain » perdra des territoires comme le Texas, la Californie, le Nouveau-Mexique face à l’appétit insatiable de ces USA. Toujours cette Angleterre, en sous-main, qui rendit aux USA la tâche plus facile. Complicité anglo-saxonne comme d’habitude, comme aujourd’hui.

Je n’oublierai jamais la trahison de cette Angleterre qui a lâché Napoléon III face aux Prussiens en 1870, leurs responsabilités dans la mort de l’héritier du trône impérial en Afrique contre les Zoulous.

Ils sont les inventeurs des premiers camps de concentration avec Horatio Herbert Kitchener contre les Boers, les massacreurs des Aborigènes d’Australie, et de Tasmanie. Le conflit à Fachoda en Afrique, avec les lâches de la Troisième République qui se sont couchés.

Comment oublier la marine royale britannique prenant en chasse l’Exodus et l’arraisonne alors qu’il approche des côtes de la Palestine. Les passagers sont alors envoyés à Chypre, puis embarqués sur trois navires. Après une escale en France où des propositions de débarquement sont faites, la marine anglaise renvoie tous les passagers dans la zone sous contrôle britannique en Allemagne. Faisant massivement preuve de résistance passive, de nombreux passagers entament alors une grève de la faim.

Un mal pour un bien la dureté de la répression anglaise, critiquée par la presse, a alors une grande influence sur la future reconnaissance de l’État d’Israël.

Je hais cette Angleterre qui nous a asservis, imposé sa langue, sa politique, sa culture à travers ses frères anglo-saxons d’Amérique.

FREDAL