Ne diffusons pas les infos qui fâchent

Le 8 janvier 2021, une vidéo montrant de nouvelles bases souterraines de missiles en Iran a été divulguée (YouTube). Si ces images avaient, comme c’est le cas habituellement, été dévoilées par le Premier ministre israélien devant l’ONU, nos médias auraient haussé leurs épaules collectives et passé la « fake news » sous silence. Comme le dit élégamment Martin Pimentel : « La presse parle de ce qui l’arrange et arrange ce dont elle parle (Causeur). »

Sauf que cette fois-ci, c’est le chef des Gardiens de la révolution, le général Hossein Salami, qui était à la manœuvre, trop fier d’exhiber des centaines de missiles, dans une des galeries d’une des nombreuses bases qu’il affirmait destiner à la lutte contre les États-Unis et Israël. Donc pas un faux avéré, mais ce qui a arrangé notre presse à n’en pas parler est probablement le fait que seuls, les ennemis communs à l’Iran et à notre pays étaient nommés.

La satisfaction anticipée que le haïssable pays des Juifs et l’Hyperpuissance (qui a surmonté tous les échecs que nous accumulons) soient enfin éradiqués de la surface de la Terre a dû être plus forte, chez nos journalistes, que la crainte que notre tour arrive, une fois l’affaire du grand et du petit Satan réglée. Pourtant, l’année dernière, les Gardiens avaient déjà admis que l’Iran avait construit des « villes de missiles » souterraines le long de la côte du Golfe et c’est ce que les images du 8 janvier ont confirmé.

Des fois que les Occidentaux n’aient pas bien compris la menace, le général Salami a précisé que : « Ces missiles ont une portée de plusieurs centaines de kilomètres, bénéficient d’une précision extrême et d’une puissance destructrice énorme et peuvent vaincre l’équipement de guerre électronique de l’ennemi (Arab News). »

L’ennemi de l’Iran ne peut pas être l’ami de la France

Inutile d’affoler nos compatriotes avec des périls que l’on ne peut pas attribuer à Israël. Et d’ailleurs nous ne risquons rien de l’Iran, car tout nous rapproche et surtout, tout nous différencie de ses ennemis : le régime des ayatollahs ne vise que des démocraties, alors que nous sommes une monarchie parlementairement servile.

Ayant comme objectif le jugement dernier, au cours duquel les peines punissant tous les péchés commis par des musulmans seront attribuées à des Juifs ou à des chrétiens, les mollahs ne s’en prendront pas à la fille aînée de l’Église qui, depuis plusieurs décennies a mis en place une politique de discrimination positive vis-à-vis des soumis à Allah.

Le quatrième pouvoir qui, jusqu’au XXᵉ siècle, avait pour vocation à s’opposer aux trois autres, sert, dans notre pays, la cause (commune avec celle des « élites » y compris dirigeantes) d’une islamophilie rebaptisée (!) multiculturalisme, doublée d’un antisémitisme appelé antisionisme, et s’emploie à rendre l’Iran aussi sympathique qu’antipathique l’État hébreu.

Le Grand Satan s’apprête à redevenir une ouaille obséquieuse

Joe Biden a indiqué qu’il trouvait fondamental de revenir à l’accord JCPOA, que son mentor, Obama, avait signé en son nom propre et qui n’engageait que celui qui y croyait, c’est-à-dire lui-même.

Il avait acquis la confiance des autorités religieuses islamique lorsqu’il avait récité son surréaliste discours du Caire, dans lequel il attribuait à l’islam d’avoir… « ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des Lumières en Europe. C’est de l’innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l’algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l’écriture et de l’imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l’élan des flèches de pierre vers le ciel, l’immortalité de la poésie et l’inspiration de la musique, l’élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l’histoire, l’islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l’égalité raciale (les Échos). »

Obama fait partie de ceux qui ont attribué à l’islam son nom de famille en forme d’acronyme : Religion d’Amour, de Tolérance et de Paix, démontrant une foi aveugle qu’aucun Boko Haram, Al Qaida ou État islamique, qu’aucun génocide au Soudan, qu’aucune disparition progressive des chrétiens d’Orient, qu’aucun attentat au nom d’Allah Akbar n’a réussi à interroger.

Avec Biden, le dogme obamaniaco-déprimant revient à la barre de la politique étrangère pour « Make America Weak Again ». Le Guide suprême ne peut que se féliciter à l’idée qu’Obama Bis va suspendre les sanctions réintroduites par Trump, qui ralentissaient la course iranienne à l’arme atomique. Cette recherche nucléaire accélérée est, aux dires de l’artificier en chef, strictement pacifique et le programme de missiles uniquement défensif.

Pas de quoi fouetter un Shah, ni troubler la digestion post-réveillon-light des malheureux Français, déjà déprimés par un confinement… seulement respecté par ceux qui savent lire les journaux.

Les musulmans sunnites sont plus courageux que les journalistes français

C’est pour cette raison que 7 pays arabes ont préféré passer outre la solidarité automatique avec les pions palestiniens qu’ils maniaient précédemment et qu’ils se sont alliés avec l’ennemi ontologique, Israël, quitte à passer, dans les médias bien-pensants occidentaux, pour des islamophobes : « Les islamo-gauchistes occidentaux, obsédés par la cause palestinienne et antisioniste, qu’ils ont importée au sein des communautés musulmanes d’Occident, quitte à alimenter le terrorisme, découvrent ainsi que sept pays arabes (Égypte, Jordanie, Émirats, Oman, Soudan, Bahreïn, Maroc) sont plus favorables aujourd’hui à Israël qu’eux », écrit Alexandre del Valle (Valeurs Actuelles), dans une analyse sans concession des relations entre le Moyen-Orient et l’Occident.

De son côté, Hamdan Al-Shehri, un analyste saoudien expert en relations internationales, a qualifié la divulgation de l’arsenal iranien de « message menaçant vis-à-vis du Conseil de coopération du Golfe », y voyant un avertissement que le CCG pourrait être affecté « si une guerre venait à éclater entre les États-Unis et l’Iran (Arab News) ».

Si Joe Biden croit pouvoir protéger son pays d’une guerre avec l’Iran en s’aplatissant devant les mollahs, c’est qu’il n’a pas lu Churchill : l’homme qui avait dit aux interlocuteurs d’Hitler, à Munich, qu’ils avaient « voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur, vous aurez la guerre », avait aussi décrit la tactique de l’apaisement d’un ennemi impitoyable comme « nourrir un crocodile en espérant être le dernier à être mangé. »

D’après le directeur de l’AIEA, le gendarme nucléaire de l’ONU, l’Iran enrichit déjà l’uranium à 20 %, alors que l’accord JCPOA ne l’autorisait pas à dépasser 3,67 %. Le président iranien avait répondu à Obama qu’il allait peut-être réfléchir à l’éventualité de respecter un petit quelque chose dans cet Accord. Cela avait suffi pour que celui-ci lève immédiatement toutes les sanctions contre la République Islamique. Les pays européens s’étaient précipité séance tenante sur cette nouvelle opportunité commerciale.

Comme c’était prévisible, et certainement prévu, la destruction des stocks existants d’uranium enrichi et des deux tiers des centrifugeuses, incluse dans les conditions obligatoires de l’accord, n’avait jamais été actée.

Les ayatollahs ont maintenant dévoilé les missiles grâce auxquels les futures bombes nucléaires voyageront jusqu’à leurs destinations. On comprend mal ce qui justifie la lettre que 150 élus démocrates ont adressée, le 24 décembre 2020 au Petit Papa Biden, afin que, quand il descendra du ciel, il réintègre l’accord sans condition (Times of Israel). Peut-être avaient-ils reçu leur cadeau de Noël en avance ?

Plus près de toi, mon Allah…

Sur place, les pays situés sur la trajectoire desdits missiles tremblent devant le tremblant « pacifisme » du nouveau président américain : « D’abord un retour pur et simple à l’accord sur le nucléaire iranien, et ensuite seulement d’hypothétiques négociations sur les autres menaces posées par Téhéran : Joe Biden semble ignorer les appels à utiliser la « pression maximale » de Donald Trump pour arracher des concessions immédiates à l’Iran. Pendant la campagne pour la présidentielle du 3 novembre, le démocrate avait affirmé que si les autorités iraniennes revenaient à « un respect strict » des limites imposées à leur programme nucléaire par le texte international de 2015, les États-Unis reviendraient à leur tour dans l’accord, comme « point de départ » pour des négociations ‘’de suivi’’ (l’Orient le Jour). »

Pas étonnant qu’ils mettent tous leurs espoirs dans la promesse de Netanyahou qu’Israël « ne permettra jamais à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire (le Point) ».

Ce bon sens partagé par de nombreux pays arabes, à qui la diplomatie hexagonale avait, auparavant, octroyé sa confiance, eu égard à leur antisémitisme affiché, explique aussi la réticence des autorités médiatiques à faire savoir au bon peuple français la réalité de la menace iranienne, surtout quand son état-major clame sur toutes les ondes qu’il se dote des moyens de ses ambitions.

Ce n’est pas toujours facile de ne pas savoir

Certains journaux arabes ou africains francophones citent notre RFI nationale comme source à leur information sur les bases de missiles et sur d’autres manœuvres iraniennes, qui ne sont pas que militaires : « Ces derniers jours, l’Iran a également organisé des manœuvres militaires durant lesquelles des centaines de drones d’une portée de plusieurs centaines, voire de milliers de kilomètres, ont été montrés.… Dans un discours à la télévision d’État, le Guide suprême iranien a affirmé que l’Iran refusait toute négociation sur son programme balistique (RFI). » Mais il faut lire les « blogs communautaires » pour apprendre que « Le ministre adjoint de la Défense iranienne et chef de l’Organisation de l’industrie maritime, l’amiral Amir Rastkari, a déclaré qu’au cours des deux prochains mois, les hélicoptères « Saba » et « Birozan » seront exposés » (et que) « le sous-marin « Fatah » est une production iranienne complète, conçue par des experts iraniens. Il est fait de matériaux de haute qualité et est équipé d’équipements et d’armes beaucoup plus avancés et modernes que ceux installés sur le sous-marin Gadir, qui pèse 120 tonnes, et est fabriqué en rétro-ingénierie. Mais surtout, surtout… L’amiral iranien s’attend à ce que les ventes d’équipement militaire de l’Iran atteignent entre 8 et 10 milliards de dollars par an (lessakel). » Hors sanctions, mais TVA incluse ?

La France est toujours à la pointe des droits de l’homme

Notre ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ne s’intéresse pas aux armes nucléaires iraniennes, seulement aux sujets de première importance. Et dans « de première importance », devinez quoi qu’y n’y a ? N’y a les Palestiniens, qui ont manifestement réussi à lasser les pays frères avec leurs exigences irréalisables. Cela réduit leur pouvoir de nuisance aux déclarations officielles d’un Hexagone qui ne cesse de dégringoler dans tous les classements mondiaux. Ainsi, en termes de diplomatie, nous partîmes troisième et fûmes classés sixième en arrivant en 2020, deux places devant le tout petit Israël (US News).

Alors, comme les États-Unis ont obtenu, en 2020, des succès qui ont remodelé le Moyen-Orient, nous espérons jeter quelques grains de sable dans le nouvel engrenage : « Dans le contexte régional positif lié à la normalisation et au rétablissement des relations entre Israël et plusieurs États arabes, il s’agit de contribuer, parallèlement, à une reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens, en vue d’une résolution du conflit dans le cadre du droit international et des paramètres agréés (Ambassade de France au Japon). »

Les ci-devant paramètres sont agréés par tous, sauf par les trois parties prenantes : à l’extrême droite, les deux dictatures soutenues par la France (Gaza et la Cisjordanie), qui veulent la disparition totale d’Israël au moyen d’un retour à des frontières indéfendables et d’un « droit au retour » de 5,6 millions de réfugiés qui n’y ont jamais mis les pieds (donc qui n’en sont jamais partis) ; et à l’extrémité orientale de la haine du Quai d’Orsay, le principal intéressé qui ne consentira jamais à son suicide.

Nécessité fait-elle loi ?

« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer », disait Guillaume d’Orange, qui est à l’origine du mouvement d’indépendance des Pays-Bas, contre l’Espagne, leur colonisateur à son époque (XVIᵉ siècle).

L’hymne israélien a pour titre « Ha Tikva », l’espoir. Si les Juifs ne réussissent pas à vaincre ceux qui ne vivent que pour les tuer, ils n’auront plus l’occasion de persévérer en quelque domaine que ce soit. C’est pourquoi leur formule préférée n’est pas la devise du Néerlandais, mais « Ein bréra » : on n’a pas le choix.

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