UN VACCIN «FONCTIONNE» SUR LES PREMIERS VOLONTAIRES

L’espoir de voir arriver un vaccin contre le coronavirus grandit. Le vaccin actuellement développé au sein de l’Université d’Oxford aurait démontré son efficacité et produirait une «forte réponse immunitaire», selon les études menées auprès des volontaires auxquels il a été injecté.

L’essai du vaccin expérimental développé par l’université britannique d’Oxford et le groupe AstraZeneca a déjà repris aux Etats-Unis. Il avait été suspendu dans le monde entier le 6 septembre. Si les autorités du Royaume-Uni, d’Afrique du Sud, du Brésil et du Japon avaient autorisé sa poursuite dans les jours ou semaines qui ont suivi, ce n’était pas le cas des autorités américaines. Un feu vert qu’AstraZeneca a annoncé avoir obtenu vendredi. L’Agence du médicament américaine « a examiné l’ensemble des données de sécurité des essais mondiaux et conclu que les essais pouvaient reprendre en toute sécurité », a indiqué l’entreprise.

Selon plusieurs médias, la personne décédée serait un médecin de 28 ans. L’agence Bloomberg et le journal brésilien O Globo affirment qu’il aurait reçu une dose de placebo et non une injection du vaccin en cours d’élaboration.

Actuellement en phase 3 des tests, la dernière avant l’homologation, le vaccin est l’un des projets les plus avancés parmi les dizaines de vaccins développés à travers le monde.

Une cellule humaine infectée par le coronavirus, vue au microscope. [HANDOUT / NATIONAL INSTITUTE OF ALLERGY AND INFECTIOUS DISEASES / AFP]

Testé sur des dizaines de milliers de volontaire au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Brésil et en Afrique du Sud, il est développé en partenariat avec le laboratoire britannique AstraZeneca, qui sera chargé de produire et de distribuer des milliards de doses si les recherches étaient couronnées de succès.

Contrairement aux vaccins classiques, qui consistent à injecter un virus en quantité suffisante pour provoquer une réponse immunitaire sans contaminer le patient, le vaccin d’Oxford n’embarque qu’une partie du virus. Seule la partie du matériel génétique qui indique au système immunitaire comment fabriquer la protéine de pointe que l’on retrouve à la surface du coronavirus, et qui actionne les défenses du corps, a été conservée.

Ces «instructions» ont été introduites dans l’information génétique d’un virus inoffensif pour l’humain, l’adénovirus de chimpanzé, qui provoque un rhume chez notre lointain cousin. Lorsque ce virus modifié infecte les cellules humaines, la cellule lit son matériel génétique et fabrique la protéine de pointe du SARS-CoV-2. «Nous pouvons confirmer que les instructions génétiques que contient le vaccin, développé aussi rapidement et sûrement que possible, sont bien suivies lorsqu’elles pénètrent les cellules humaines», a commenté le Dr David Matthews, responsable des recherches. «L’étude confirme que de grandes quantités de protéines de pointe du coronavirus ont été produites avec une grande précision, et cela explique le succès du vaccin et sa capacité à provoquer une réponse immunitaire forte», a confirmé Sarah Gilbert, en charge des essais.

Le fait que cette annonce ait lieu aujourd’hui ne tient sûrement pas du hasard. Elle intervient en effet au lendemain de celle du décès au Brésil d’un volontaire dans l’essai clinique du vaccin. Ce dernier aurait toutefois reçu un placebo, selon AstraZeneca et l’Université d’Oxford, et serait mort du Covid-19.

En expliquant que le vaccin semble tenir toutes ses promesses, les scientifiques qui travaillent dessus pourraient avoir voulu rassurer. Car les enjeux sont énormes, y compris sur le plan financier. 

Le gouvernement britannique a cependant rappelé qu’il était peu probable qu’un vaccin soit disponible avant Noël, n’excluant pas, toutefois, qu’il le soit au printemps prochain.

Nombre de pays comptent sur le vaccin co-inventé par Oxford. AstraZeneca a prévenu des centaines de millions de doses sur plusieurs continents, et signé des partenariats avec d’autres producteurs pour que les doses soient produites localement, la demande attendue se montant en milliards de doses.

L’Allemagne se prépare à un possible vaccin d’ici fin 2020

Alors que les promesses d’un vaccin contre le coronavirus semblaient s’éloigner, l’Allemagne pourrait commencer à vacciner sa population début 2021, selon son ministre de la Santé.

L’Allemagne effectue des préparatifs pour débuter une campagne de vaccination contre le coronavirus avant la fin de l’année, rapporte vendredi Bild, sans citer ses sources. /Photo prise le 1er avril 2020/REUTERS/Dado Ruvic

Le ministère de la Santé prévoit de créer 60 centres dédiés au stockage des potentiels vaccins et a demandé aux Etats fédérés d’indiquer d’ici le 10 novembre le lieu d’installation de ces centres.

Le ministre de la Santé Jens Spahn, qui a lui-même été testé positif au coronavirus, a déclaré cette semaine lors d’une visioconférence que le laboratoire allemande BioNTech était proche d’obtenir une autorisation pour son candidat vaccin, ont rapporté des participants, cités par Bild.

Interrogé sur le possible calendrier des premières vaccinations, Spahn a répondu: « Cela pourrait se produire avant la fin de l’année », ont ajouté les participants.

Le pays semble ainsi se préparer à vacciner une « importante proportion de la population » dans six ou sept mois, explique l’agence de presse. Le quotidien Bild a en effet évoqué l’installation prochaine de 60 centres pour stocker les sérums contre le coronavirus et a demandé aux autorités régionales des Landers de choisir les lieux d’ici le 10 novembre. Selon les déclarations de Jens Spahn, il s’agirait du vaccin élaboré par le laboratoire allemand BioNTech en partenariat avec l’Américain Pfizer. Évoquant la possibilité que le vaccin ne soit pas réellement efficace face au coronavirus, le ministre de la Santé allemand a indiqué qu' »il serait préférable qu’un vaccin puisse empêcher les nouvelles infections. Mais il pourrait aussi être bénéfique s’il adoucit le cours de la maladie ».

BioNTech développe un vaccin potentiel en partenariat avec Pfizer.

Le mois dernier, Berlin a attribué 745 millions d’euros de financements à BioNTech et à CureVac pour accélérer leurs travaux sur un vaccin et accroître les capacités de production du pays.

L’Allemagne connaît une flambée des nouveaux cas, avec plus de 10.000 infections sur une seule journée rapportées jeudi, une première depuis le début de l’épidémie.

L’espoir d’un vaccin pour le début de l’année prochaine est partagé par la virologue Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm. Elle est également la présidente du comité Vaccin Covid-19, qui a pour objectif d' »élaborer la stratégie vaccinale la plus adaptée à la situation française », selon la Haute autorité de Santé. Cette dernière se dit ainsi « raisonnablement confiante pour une disponibilité d’un vaccin début 2021, en faibles quantités pour commencer ».

À l’heure actuelle, dix vaccins sont dans la phase 3, selon Marie-Paule Kieny. Il s’agit de l’ultime étape avant une possible mise sur le marché. Une phase complexe et très longue selon les spécialistes car désormais l’expérimentation ne concerne plus la phase théorique, mais son efficacité par rapport aux objectifs fixés. À ce stade, le vaccin est testé sur un nombre plus important de participants et les laboratoires doivent vérifier s’il provoque des effets secondaires. 

Emmanuel Macron ne se montre pas très optimiste

Au début du mois d’octobre, le président de la République ne se montrait pas très optimiste sur ce vaccin contre le Covid-19. « Moi, je ne sais pas vous dire la date de fin du virus. Impossible ! On va sans doute durablement vivre avec le virus. Et les gens en face qui vous disent ‘on aura un vaccin au mois de mars prochain ou en avril’ très sincèrement vous trompent. » Pourtant, le ton employé n’était pas le même il y a quelques mois puisque le président lui-même indiquait « être confiant pour l’obtention d’un vaccin dans les prochains mois ». Si l’optimisme du côté des politiques est parti, les autorités médicales affirment avoir « une idée précise du calendrier » comme l’explique le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chef du service d’immunologie clinique et de maladies infectieuses à l’hôpital Henri-Mondor auprès du Figaro.

Dans un entretien accordé à BFMTV le 4 septembre, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé a quant à lui indiqué qu’il espérait qu’un vaccin contre le Covid soit disponible avant la fin de l’année et au plus tard avant le printemps 2021. « J’espère toujours pour la fin de l’année de bonnes nouvelles, au plus tard au printemps. Le jour où nous proposerons aux Français de se faire vacciner contre le coronavirus, c’est que le vaccin sera efficace et sûr. On ne va pas anticiper la fin des études cliniques en population générale et anticiper les résultats des scientifiques avant de commencer à vacciner. »

Notons que Sanofi, le premier laboratoire français vient de démarrer les essais cliniques sur l’homme du vaccin contre le Covid-19 qu’il développe avec le britannique GSK. Ce dernier repose sur une technologie à base de protéine recombinante que le laboratoire français a employée pour produire un de ses vaccins contre la grippe saisonnière…

À la fin c’est l’Allemagne qui gagne

L’ANTISÉMITISME DE LA FRANCE D’AUJOURD’HUI SERAIT-IL MOINS VIRULENT QUE CELUI D’HIER ? OU A-T-IL CHANGÉ DE VISAGE ?

Rappelez-vous du film de Polanski «J’accuse»

À 86 ans, Roman Polanski démonte l’engrenage de «L’affaire Dreyfus ». Une toile de maître à la manière du XIX e siècle et un portrait vivant de notre époque.

C’est une image iconique : la dégradation du capitaine Dreyfus dans la cour de l’école militaire. L’officier face au soldat qui brise son sabre contre son genou. Le nouveau Polanski commence là, le 5 janvier 1895. Néanmoins, le cinéaste ne reproduit pas exactement la célèbre gravure d’Henri Meyer. Il choisit l’angle opposé. Parmi les spectateurs et les visages que l’on distingue à peine dans la vignette des manuels scolaires se tient un témoin indifférent.

« J’accuse » n’est pas un film sur Alfred Dreyfus ou Emile Zola. Il raconte l’histoire du lieutenant-colonel Georges Picquart. Picquart, comme la très grande majorité des Français, est convaincu de la culpabilité du capitaine. Pour lui, son ancien étudiant est un traître, un espion au service de l’Allemagne, et un Juif. Quelque temps plus tard, il prend la direction du service des renseignements. L’institution végète, les dossiers s’empilent dans la poussière.

Lorsque Picquart exhume celui d’Alfred Dreyfus, il s’aperçoit que les accusations ne reposent sur aucun élément probant. Le jeune officier croupit au large de Cayenne, tandis que le véritable traître court toujours. Contre ses supérieurs qui tiennent à maintenir le couvercle sur l’affaire, Picquart réunit les preuves de l’innocence de Dreyfus. Puis il rencontre Zola.

Polanski nous plonge à la fois dans la réalité du XIXe siècle et dans sa représentation. Son Paris est fidèle à celui de ses personnages, mais aussi à celui des toiles d’Orsay, aux trottoirs de Caillebotte, aux nuits de Toulouse-Lautrec.

« J’accuse » n’en est pas moins un film de notre temps. Il raconte la force des individus que la machine d’Etat s’entête à broyer, la solitude de ceux que l’on appelle aujourd’hui « lanceurs d’alerte ». Il décrit surtout les fils complexes qui relient le devoir au courage. Le devoir d’obéir à sa hiérarchie, le courage de la contester. Le courage et le devoir de rester humain lorsque la foule devient meute et que l’époque se fait folle ».

Vous serez dégoûté de la France. Une France trop fidèle à elle-même. Une France où il suffit de soupçonner et d’accuser un juif, pour qu’elle laisse tomber son masque et permet à son antisémitisme de s’exposer sans honte, ni contrition.

Mettons de côté le tournant venant de la publication du fac-similé du bordereau par le journal Le Matin en novembre 1896. L’écriture du coupable est placardée dans tout Paris et, inévitablement, elle est reconnue : c’est celle d’Esterhazy. Mathieu Dreyfus en est informé et Lucie Dreyfus porte plainte contre Esterhazy. Auguste Scheurer-Kestner intervient alors officiellement, et devient la cible des nationalistes et des antisémites. Le haut commandement vole au secours d’Esterhazy. Devant les risques présentés par les interrogations de l’opinion publique et l’éventuelle mise en place d’une enquête parlementaire en conséquence, il n’a d’autre choix que de faire comparaître Esterhazy en conseil de guerre. L’intérêt de cette décision pour les militaires est de fermer définitivement la voie juridique à la révision de l’affaire Dreyfus par un acquittement contre lequel il ne peut pas y avoir d’appel. L’audience est ouverte le 10 janvier 1898. Adroitement manipulés, l’enquêteur, de Pellieux, et les militaires magistrats acquittent le véritable traître au terme d’une parodie de justice de deux journées, à l’issue d’un délibéré de trois minutes.

En réponse, Zola, qui avait déjà écrit trois articles assez modérés dans Le Figaro, décide de frapper un grand coup au travers d’une lettre ouverte au président de la République.

Ce qui m’a marqué le plus dans toute cette histoire, n’a pas été l’affront, la souffrance de Dreyfus et de tous ceux qui ont subi les conséquences de leur droit à la parole comme Emile Zola qui fut poursuivi en cour d’assises devant un tribunal civil et non militaire. Zola est condamné au maximum de la peine et s’exile à Londres, ses biens sont vendus. Zola gagna beaucoup en renommé mais paya de sa vie ce privilège lorsqu’il mourut le 29 septembre 1902 dans son domicile suite à une asphyxie de gaz survenant d’émanations toxiques produite par sa cheminée. Zola n’avait que 62 ans. Sa mort, qualifiée d‘accident n’a cessé de soulever questions et controverses.

Quant à Georges Picquart et son insistance qui lui valut l’incarcération en Afrique du Nord, il retourna triomphalement en France et devient ministre. Rang auquel il n’aurait jamais accédé s’il ne s’était pas impliqué dans l’affaire Dreyfus.

Mais, il y a toujours un MAIS – Dreyfus demeure pourtant la victime la plus injustement ignorée, maltraitée et mutilée. Non seulement il a été incarcéré dans d’horribles conditions pendant huit ans, mais en dépit de sa réhabilitation, il ne reçut aucun dédommagement de l’état, ni b un de l’armée, et doit se contenter de regagner son grade et son armée qui l’a si arbitrairement condamné.

Dans toute cette affaire, je retrouve le goût amer lassé par les composants de l’affaire Al-Doura et l’assassinat antisémite de Madame Sarah Halimi, la justice qui patauge et s’embourbe dans une France déboussolée et décapitée, qui conserve contre toute logique son effigie désastreuse d’antisémitisme.

Coupables, tous, si aujourd’hui nous crions notre colère, mais que dans deux ou trois jours nous tournons la page, impatients d’oublier que la barbarie tribale et l’islam théocratique totalitaire menacent notre peuple et notre civilisation.

Hélas, nos consciences sont impuissantes face au temps qui déroule.

Un traitement expérimental israélien guérit cinq cas graves du COVID

Enlivex Therapeutics affirme avoir administré sa thérapie Allocetra à des cas graves et critiques à l’hôpital de Jérusalem ; tous sont rétablis et testés négatifs au coronavirus

personnel médical portant des vêtements de protection pour travailler au service de coronavirus de l’hôpital Shaare Tsedek à Jérusalem le 23 septembre 2020. (Nati Shohat / Flash90)

La société israélienne d’immunothérapie Enlivex Therapeutics a déclaré jeudi que cinq patients dans un état sévère à critique atteints du COVID-19 ont été guéris de la maladie quelques jours après avoir reçu un traitement expérimental. Le traitement Allocetra leur a été administré dans le cadre d’un essai clinique à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem.

Les trois sujets dans un état grave sont sortis de l’hôpital 5 jours et demi après avoir reçu le traitement, et les deux patients dans un état critique sont sortis après 8 jours et demi. Ils ont tous été testés négatifs au coronavirus avant de quitter l’hôpital, a déclaré la société. « Aucun effet indésirable sérieux lié à la prise d’Allocetra TM n’a été signalé chez les patients et le traitement a été bien toléré », a-t-il été indiqué dans un communiqué.

Ces médicaments sont généralement administrés aux patients dans un état modéré, et Enlivex espère que sa thérapie va dorénavant traiter des cas plus graves.

Allocetra traite la réponse excessive du système immunitaire et la réponse inflammatoire que l’on observe parfois chez les patients atteints du COVID-19, également appelée choc cytokinique ou « tempête de cytokines ». Le phénomène peut amener le système immunitaire à attaquer sérieusement les propres organes du patient, entraînant la défaillance des organes et parfois la mort.

Les chocs cytokiniques sont difficiles à traiter car ce sont des réponses complexes qui impliquent la participation de plusieurs systèmes biologiques réagissant et interagissant de façon simultanée. Les cytokines sont des protéines utilisées dans la transmission de signaux cellulaires qui sollicitent les cellules immunes lors d’une réponse immunitaire.

Allocetra utilise les mécanismes de régulation du corps pour atténuer le choc cytokinique sans nuire au système immunitaire, a expliqué la compagnie. Le traitement infuse des milliards de cellules apoptotiques précoces, ou cellules mourantes, dans la circulation sanguine. Les macrophages et les cellules dendritiques, les premiers « secouristes » du corps, se nourrissent de ces cellules apoptotiques, libérant moins de signaux d’alerte de cytokines et calmant le choc cytokinique.

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La société avait déjà démontré l’innocuité du médicament dans le traitement d’un petit groupe de patients atteints de septicémie et prévoit désormais de lancer des essais cliniques de phase II pour des patients touchés par le coronavirus dans un état grave ou critique.

Enlivex, basée à Ness Tsiona, est une société pharmaceutique d’immunothérapie au stade clinique, qui se focalise sur l’équilibre du système immunitaire. Elle a été fondée en 2005. Allocetra est le traitement principal de la compagnie et le plus avancé dans les tests cliniques.

Enlivex se négocie à la Bourse de New York sous le symbole ENLV. Le cours de son action a bondi d’environ 50 % jeudi.

Un Test de dépistage réalisé par l’Inde et Israël, avec résultat en 30 secondes prêt « d’ici quelques jours »

Ce sera une bonne nouvelle pour le monde entier »

Un test de dépistage du coronavirus avec un résultat en 30 secondes, encore en cours de développement par l’Inde et Israël, devrait être prêt d’ici « quelques jours », a déclaré vendredi l’ambassadeur d’Israël en Inde, Ron Malka, à l’agence de presse indienne PTI, rapporte le Jerusalem Post.

L’opération a été surnommée « Open Skies », R. Malka et les experts estimant que le nouveau test permettra aux pays du monde de rouvrir leurs frontières. Le processus est simple: la personne souffle dans un tube et les résultats sont ensuite disponibles en moins d’une minute.

Le test est également très bon marché, car les résultats sont livrés localement sans la logistique et les frais d’envoi de l’échantillon vers un laboratoire, comme c’est actuellement le cas.

« Ce sera une bonne nouvelle pour le monde entier », a-t-il affirmé, ajoutant que l’Inde servirait probablement de siège de fabrication de ce test rapide.

Israël a envoyé en juillet une délégation de haut niveau de la Direction de la recherche et du développement pour la défense (DDRD) en Inde pour développer les nouveaux tests en coopération avec leurs homologues indiens.

Des tests préliminaires y ont été menés, et chacun d’entre eux a passé avec succès les différentes étapes requises.

« D’après les personnes impliquées dans le processus, deux ou trois semaines de plus suffiront pour finaliser une technologie fiable et précise, » a déclaré Ron Malka à PTI .

CRÉATION D’EMPLOIS ET BAISSE DES INÉGALITÉS SOUS LE MANDAT DE DONALD TRUMP

La contamination du président Trump, son hospitalisation, la manière scandaleusement partiale dont les médias, pour la plupart, couvrent l’actualité des Etats-Unis, ont occulté quelques nouvelles économiques importantes.

D’abord, les chiffres de l’emploi. L’économie américaine a créé 877 000 emplois nouveaux (en septembre) et le taux de chômage a baissé de 8.4 % à 7.9 % (fin septembre) ce qui constitue une assez forte réduction dans le contexte de l’ouverture (après confinement) de plusieurs Etats. On le voit dans les différences de taux de chômage qui vont du simple au double : Phoenix (5,9%) et Dallas (6,3%) contre Los Angeles (15%), New York City (13 %) ou Chicago (11,7%).

Le taux de chômage a baissé dans 41 Etats et les salaires ont augmenté dans 40. À souligner aussi le rebond impressionnant de l’indice de confiance des consommateurs, un record depuis 17 ans !

EMPLOI TOTAL EN 2019

Ces hausses suivent celle d’octobre qui avait vu la création de 128 000 emplois non-agricoles dépassant l’estimation de 75 000 selon les économistes interrogés par Dow Jones. Il y a eu également de notables révisions des chiffres passés : les soi-disant 168 000 emplois supplémentaires d’août ont finalement été révisés à 219 000, tandis que les 136 000 emplois créés en septembre étaient finalement au nombre de 180 000 (rapport BLS d’octobre) puis de 193 000 (rapport BLS de novembre) !

De mois en mois, les chiffres sont arrivés au-dessus des prévisions et les chiffres passés ont été révisés à la hausse. Naturellement, il ne faut pas compter sur les grands médias pour faire un addendum comme je le fais ici : ils préfèrent parler de la troisième guerre mondiale avec des tons ampoulés tragi-comiques.

Mais, voilà, ces créations d’emplois – en hausse ! – et ces taux de chômage records – en baisse ! –, finissent par se voir : plus de 2,1 millions d’emplois ont été créés en 2019.

Les créations d’emplois continuent d’être fortes aux États-Unis et de défier, à la hausse, les prédictions des économistes professionnels.

Même si les créations d’emplois ont été moins importantes qu’au mois d’août (1.5 millions), la reprise économique est considérée comme forte et devrait le rester à condition que le pays ne reste plus confiné et continue à s’ouvrir complètement. Le chômage serait probablement encore plus bas si plusieurs Etats démocrates ne maintenaient pas leur économie fermée, telle la Californie où le parc Disneyland vient d’annoncer le licenciements de 28 000 employés, alors que le parc de Floride, lui, fonctionne normalement. Rappelons qu’en France, depuis les années 1990, un taux à 7.9 % est considéré comme pratiquement un succès !

D’autres statistiques auraient dû (aussi) attirer l’attention des journalistes et des observateurs. La Réserve fédérale a publié lundi son enquête sur les revenus des consommateurs, enquête qu’elle publie tous les trois ans. Elle donne un aperçu de la dette, du revenu et de la richesse des ménages américains dans tous les groupes démographiques. Principales informations : les revenus réels médians ont augmenté de 5% de 2016 à 2019. Entre 2016 et 2019, ceux des ménages blancs, riches et diplômés d’université ont connu une croissance relativement moindre que ceux des autres groupes. La Fed observe que « plus généralement, les écarts de revenus entre les familles titulaires d’un diplôme universitaire et celles qui n’en ont pas ont diminué ». Le revenu médian réel a augmenté de 9% pour les Américains qui n’ont pas terminé leurs études secondaires et de 6,3% pour ceux qui ont un diplôme d’études secondaires. Il a diminué de 2,3% pour ceux qui ont un diplôme d’études supérieures.

La Fed souligne également une richesse croissante chez les Américains à faible revenu. La valeur nette (actifs moins dette) a augmenté de 32,5% dans le quintile de revenu le plus bas et de 30,7% dans le deuxième plus bas, tout en diminuant légèrement dans le quintile supérieur.
La hausse des revenus a rendu l’accession à la propriété plus abordable. Dans l’ensemble, l’achat de logements a diminué pendant la présidence Obama malgré des taux d’intérêt proches de zéro, mais il a augmenté de 1,4 point de pourcentage de 2016 à 2019, y compris chez les Hispaniques (1,8 point) et les Noirs (2,3 points). La croissance économique et le boom des entreprises ont contribué aussi à l’augmentation des participations dans les entreprises, en particulier chez les Noirs (+ 138%), les Hispaniques (+ 63%) et les Américains sans diplôme d’études secondaires (+ 104%).

Selon l’enquête de la FED et contrairement aux clichés, l’économie américaine de 2016 à 2019 (avant la pandémie) n’a pas du tout profité aux riches mais aux ménages américains modestes et moyens, ce qui a contribué à la réduction des écarts de richesses.

ÉCONOMIE

Parce qu’il existe une forte corrélation entre les créations d’emplois et la croissance, tous ces chiffres de l’emploi correspondent probablement à une forte croissance économique d’au moins 2,0 % l’an, probablement un peu plus, au quatrième trimestre 2019.

Contrairement aux experts de la presse française de gauche, j’ai du mal à entrevoir une récession en 2020 aux États-Unis ; peut-être que je n’ai pas ce recul salutaire dont bénéficient à l’évidence les non-économistes français de la presse subventionnée ?

Le niveau de la croissance des quatre derniers trimestres est en général un très bon prédicteur de la croissance des deux ou trois trimestres à venir : or les États-Unis sont en solide croissance sur les 12 derniers mois ce qui abaisse drastiquement la probabilité d’entrer en récession avant la fin de 2020. Les professionnels de marché comme la Réserve fédérale ou le Fonds monétaire international prévoient tous au moins 1,9 % de croissance réelle.

Ceci est considérable car cela représente environ 860 milliards de dollars additionnels pour l’économie : en d’autres termes, sur le premier mandat du président Trump, n’en déplaise à la presse française sus-citée, l’économie américaine aura crû en termes réels de près des deux tiers de la taille de l’économie française !

SAVOIR CHANGER DE POLITIQUE

La recette n’est pas très compliquée et a finalement consisté à avoir une politique monétaire non-inflationniste (pour le moment !) accompagnée de la plus forte baisse d’impôts sur les sociétés de l’histoire des États-Unis combinée à une forte réduction de la réglementation

L’économie, qui a connu la plus longue période expansionniste de son histoire, vole de records en records :

  • les marchés d’actions ont battu 100 records depuis novembre 2016. Le NASDAQ, le Dow Jones et le S&P 500 sont proches de leurs maximums historiques. De ce fait, les plans d’épargne retraite des Américains sont en forte hausse. L’immobilier se redresse lentement. Du coup, l’épargne nette des ménages se reconstitue.
  • la production industrielle est au plus hautmême si elle a ralenti sa croissance et les entreprises industrielles du S&P 500 qui étaient au centre des inquiétudes concernant l’impact de la guerre commerciale américaine avec la Chine vont connaître une embellie après l’espèce de pré-accord commercial entre les deux pays, il y a une quinzaine de jours. Ceci est particulièrement vrai pour les semi-conducteurs. Si le Président Trump pouvait arrêter ses guerres commerciales en 2020, la croissance serait très forte.
  • la construction se remet de ses émotions de 2009 et les maisons individuelles se multiplientdans un contexte de prix plus raisonnables. Il reste encore une longue marge avant d’atteindre la tendance 1960-2000 de 1,1 million de maisons nouvelles par mois.
  • enfin, la politique énergétique a pris un tournant à 180 degrés et, en septembre dernier, les États-Unis ont solidifié leur statut de producteur d’énergie en affichant le premier mois complet en tant qu’exportateur net de produits bruts et pétroliers depuis le début des statistiques gouvernementales en 1949 ! Chaque jour, le pays a exporté 89 000 barils de plus qu’il n’a importé selon les données du Department of Energy. Les États-Unis sont maintenant le plus gros producteur mondial de pétrole surpassant la Russie et l’Arabie Saoudite. En 2019, le Texas a produit plus de pétrole que l’Iraq ou que l’Iran.

Fait amusant pour tous ceux qui s’offusquent du retrait des États-Unis de la COP 21 : ces records de production américains s’accompagnent d’une baisse – oui, d’une baisse ! – des émissions américaines de CO2. La croissance économique pousse les entreprises à innover et leur donne les marges de manœuvre pour ce faire. Les producteurs d’électricité sont sous pression pour baisser les prix. Ils abandonnent le charbon – allo, madame Merkel ? – pour le gaz naturel et le nucléaire. Et donc l’horrible homme orange à la Maison blanche est… Ah, non. Mince ! Zut alors, Diaz ! Caramba ! Encore raté !

OU CHANGER DE LOGICIEL

Si la politique américaine de l’emploi est le fruit d’un changement de cap évident, il suffirait vraisemblablement de suivre la même politique en France pour obtenir à peu près les mêmes résultats. Un des canards que l’on entend le plus souvent en France à propos des politiques de l’emploi serait qu’« on a tout essayé ». Tout ? Oui. Sûr. Sauf les baisses drastiques des impôts sur les sociétés et sur les particuliers, la dérèglementation et l’adoption du Code du travail de la Suisse

Alors incontestablement, l’État français fait d’énormes efforts.

Dans son budget 2020, il supprime même 47 000 postes de fonctionnaires cette année. Ah, non, pardon ! My bad ! 47 ! 47 postes de fonctionnaires d’État cette année ! Plus que 234 siècles pour revenir au niveau de l’Allemagne en nombre de fonctionnaires par habitant. Bon, il faut bien commencer quelque part, hein ? De toute façon, ce n’est pas comme si la France avait fait la plus grosse levée de dette de son histoire, le 5 octobre 2019, dans un contexte de pourrissement des finances publiques conduisant à un besoin de financement de l’État français de 237 milliards d’euros en 2019.

Et puis, des emplois, on en a déjà bien assez en France. D’ailleurs, on en a tellement qu’Hélène Burgat, professeur des écoles à l’Éducation nationale et aussi maire de Mondeville dans le Calvados, – bourgade qui n’a que 15 % de chômage ! et 12 % de pauvreté ! – peut se permettre de torpiller l’implantation de 150 emplois dans sa commune !

Bon, c’étaient des emplois de l’affreux Amazon. Comme elle dit : «les conditions de travail et des techniques managériales imposées à une main-d’œuvre précaire peu qualifiée seraient particulièrement pénibles». Ça ne valait pas le coup ! Restons au chômage ! «C’est l’État qui paie !»

Fredal

Connaissez-vous Emmanuele DA PONTÉ

Difficile d’imaginer collaboration plus improbable que celle d’Emmanuele Conegliano, fils d’un cordonnier juif du ghetto de Cenada, près de Venise et de Wolfgang Amadeus Mozart, musicien prodige, fils du vice-maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg. C’est pourtant de leur rencontre que naîtront trois des plus grands chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’opéra : Les Noces de Figaro, Don Juan et Cosi Fan Tutte .

L’enfant du ghetto
Car Lorenzo Da Ponte, le bien connu librettiste de Mozart, n’est autre qu’Emmanuele Conegliano, né le 10 mars 1749 dans le petit ghetto de Cenada (aujourd’hui Vittorio Veneto), qui ne réunissait, à quelques pas de la cathédrale, qu’une dizaine de familles juives. Outre les familles Romanin, Tedesco et Pincherle se trouvaient quatre familles Conegliano, dont l’un des ancêtres Israël de Conegliano avait fondé la communauté juive en 1597.

Evoquant Cenada dans ses Mémoires, Da Ponte reste pourtant étrangement silencieux sur ses origines et sur la condition des juifs dans la République de Venise dont la petite ville faisait partie et où il grandit . Sa déclaration initiale dès la première page de ses Mémoires –  » Je parlerai le moins possible de mon pays, de ma famille et de mon enfance « – est loin d’être anodine si l’on pense qu’elle lui permettait d’évacuer le problème de l’évocation de ses origines. Si prolixe lorsqu’il s’agit de détailler par le menu les innombrables complots et mauvais coups de ses ennemis dont il fut victime, il s’abstient soigneusement de mentionner les libelles qui attaquaient ses origines bien connues de ses contemporains. Ainsi est-il traité par exemple de  » foutu bouc juif  » dans un sonnet anonyme.

C’est pourtant en juif qu’il vécut jusqu’à l’âge de 14 ans date de la conversion de sa famille au catholicisme. Sa mère étant morte alors qu’il n’avait que 5 ans, son père veuf pendant près d’une dizaine d’années, envisagea d’épouser, à 40 ans, une jeune catholique de 17 ans…

Outre l’impossibilité pour un juif d’épouser une catholique, s’ajoutait un faisceau de raisons économiques qui expliquent sa demande de conversion: le sort des juifs du ghetto était suspendu, tous les 10 ans à la « Ricondotta » , sorte de permis de séjour et de travail soumis à condition et qui pouvait leur être refusée. D’autre part, Mgr Da Ponte, évêque de Cenada était, plus que ses prédécesseurs, décidé à obtenir l’éviction totale des juifs du diocèse.

Un Abbé pas très catholique

Pourtant malgré l’extrême précarité des juifs du ghetto et les pressions économiques auxquelles ils étaient soumis, les conversions étaient rarissimes, et on comprend que celle de cette famille apparût comme un fait de gloire pour l’évêque Da Ponte qui organisa pour l’occasion une cérémonie grandiose avec tirs de canons, orchestre, sonneries de cloches et feux d’artifice !

Du ghetto au séminaire
C’est à l’occasion de ce baptême somptueux que la famille, abjurant sa foi, prit le nom de Da Ponte et que Geremia (le père) devint Gasparo tandis que ses deux fils et Baruch et Anania devinrent respectivement Girolamo et Luigi. Quant à Emmanuele, l’aîné, il reçut le prénom de l’évêque lui-même : Lorenzo.

Avantage immédiat de cette nouvelle situation : les deux aînés, suivis plus tard du troisième frère obtinrent le privilège faire des études au séminaire de Cenada, l’évêque Da Ponte en négociant et partageant personnellement les frais avec la Casa Pia (Maison de charité des catéchumènes).

Bien que cet enseignement ne semble pas avoir convenu à Lorenzo qui note dans ses Mémoires  » Je fus donc élevé pour devenir prêtre, quoique entraîné par goût et par nature à des études tout opposées « , il y acquit cependant grâce à un jeune prêtre grand admirateur des poètes nationaux et à deux autres condisciples, le goût de la poésie au point « d’en perdre le boire et le manger et aussi le goût des flâneries et des jeux ». Il put très vite réciter des passages entiers de Dante, de Pétrarque, de L’Arioste et du Tasse qui devinrent même ses modèles pour ses compositions.

A la mort de l’évêque, les trois frères sont transférés au séminaire de Portogruaro. Lorenzo en deviendra le vice directeur puis y sera ordonné prêtre en 1769. Mais deux ans après, irrésistiblement attiré par Venise, la ville des plaisirs, il donne sa démission et comme il le note dans ses mémoires » flottant entre mille projets ma mauvaise étoile me poussa à Venise ».

Un prêtre pas très catholique

En effet, comme il le raconte lui-même, on ne peut pas dire que sa vie corresponde exactement à celle d’un prêtre : « Dans l’effervescence de l’âge et des passions, doué d’un physique agréable, entraîné par la fascination de l’exemple, je m’abandonnai à toutes les séductions du plaisir…tous mes instants étaient absorbés dans les folies et les frivolités coutumières de l’amour et de la jalousie, dans les fêtes et les débauches.  » (Da Ponte, Mémoires. 1980)

 Sa mauvaise réputation s’étendit à toute la ville si bien qu’il perdit même  la place de précepteur qui le faisait vivre.

Une chaire d’Humanités latines étant vacante au séminaire de Trévise, il l’occupe alors à partir de 1774, puis obtient l’année suivante celle de Rhétorique, tandis que son frère Girolamo récupère celle de Latin. C’est alors que cédant à ses instincts subversifs, il se mit à promouvoir dans son enseignement les thèses rousseauistes – l’homme serait plus heureux à l’état de nature qu’au sein des institutions sociales -. Rousseau étant interdit dans les états de Venise, Da Ponte provoqua aussitôt une tempête de protestations qui firent remonter l’affaire jusqu’au gouvernement de Venise. Un procès au Sénat s’acheva par une sentence énoncée en décembre 1776 par les Trois Réformateurs : Da Ponte était démis de ses fonctions et exclu de l’enseignement public des Etats de Venise.

Revenu à Venise le soir même du verdict, il continue à fréquenter les cercles progressistes sympathisants des Lumières. Survivant grâce à de nombreux « petits boulots » de secrétariat, de précepteur etc . Il se serait fait également avec son frère une réputation d’«improvisatore» (improvisateur de vers). Jouant « à l’argent » au Ridotto (célèbre cercle de jeux), ami de Casanova, et entretenant, entre autres, une relation suivie avec Angela Tiepolo, une maîtresse, mariée de surcroît (il aurait conçu plusieurs bâtards), il outrepassa ce que l’on pouvait encore accepter d’un religieux à l’époque. Dénonciations et protestations se mirent à pleuvoir et Da Ponte sentant que la situation se gâtait sérieusement se réfugia à Gorizia (près de Venise mais sous administration autrichienne), refuge des bannis de la Sérénissime. De fait, en décembre 1779 il fut jugé par contumace et condamné à l’exil :  » pendant quinze ans continus (…) de cette ville de Venise et du Dogado (Duché), et de toutes les autres villes, terres et lieux du Sérénissime domaine, terrestres ou maritimes, navires armés et désarmés  » (A. Lanapoppi, 1991)

Après un séjour à Dresde où il a l’occasion de s’initier au monde de la scène, il part pour Vienne fin1781. Malgré une concurrence impitoyable et son peu d’expérience dans le monde de l’opéra, il est rodé par Salieri qui le fait travailler à diverses adaptations et arrive, on ne sait trop comment, à sefaire engager comme poète officiel de l’opéra italien en 1783.

« Nous avons un certain Da Ponte »

L’opera buffa étant à l’honneur à ce moment-là à Vienne, Mozart qui souhaitait en créer sans arriver à trouver de livret satisfaisant, écrit à son père en mai 1783 :  » Ici à Vienne nous avons un certain Da Ponte. Maintenant il est très pris par les modifications à apporter aux livrets. Après, il m’a promis d’en faire un pour moi ; mais qui sait s’il pourra tenir parole… ou s’il voudra ! « 

Mozart et Da Ponte s’étaient en effet rencontrés en 1783 chez le baron Wetzlar, riche juif franc-maçon et parrain du premier enfant de Mozart et Da Ponte avait promis d’écrire un livret (E. J. Dent).

Mozart le premier lui suggéra de tirer un livret d’opéra du Mariage de Figaro, pièce jugée subversive à Vienne, ce qui ne devait pas déplaire à Da Ponte :  » Tous deux adoraient aller à contre courant, défier les passes du pouvoir et des bien pensants  » (A. Lanapoppi).

Tous deux étaient également atterrés par la médiocrité des livrets des opéras bouffes qu’ils avaient épluchés par dizaines et qui étaient  » tout au plus un ramassis d’idées insipides, de sottises, de bouffonneries « , sauvés par la musique. (A. Lanapoppi). Ils étaient convaincus que la vivacité dramatique et la vraisemblance devaient aller de pair avec la cohérence musicale.

Outre le fait que « ce ne fut pas un petit tour de force que de transposer en vers rimés italiens la prose de Beaumarchais, mordante et très proche du langage parlé « ,  » la principale contribution de Da Ponte fut de créer en étroite collaboration avec Mozart, des airs : de brefs monologues ne figurant pas dans l’original mais qui constituaient le principal attrait de tout opéra « . Tous les deux voulaient qu’à la différence des autres opéras ces airs ne soient pas gratuits mais qu’ils fassent en même temps et  » autant que possible avancer l’action ou l’approfondissement des caractères « . (E.J. Dent). L’air de Chérubin et plus encore le célèbre  » se vuol ballare signor contino  » des Noces de Figaro constituent de magnifiques exemples de cette exigence. Pourtant l’opéra fut composé en un temps record : « Au fur et à mesure que j’écrivais les paroles, Mozart composait la musique ; en six semaines tout était terminé « . (Mémoires)

Après un court succès à Vienne, la pièce connut un triomphe à Prague. D’où l’empressement du Directeur de l’Opéra qui commanda un nouvel opéra à Mozart. Ce dernier demanda donc un livret à Da Ponte qui suggéra la légende de Don Juan, thème qui convenait particulièrement au génie de Mozart « et lui inspira des pages parmi les plus belles de la musique de tous les temps » (A.Lanapoppi).

Pour la première mondiale de Don Giovanni, le 29 octobre 1787 à Prague, Casanova, alors sur la fin de sa vie, est présent en personne dans la salle! Vieil ami de da Ponte, il ne voulait pas rater ça. Nul doute que l’histoire rocambolesque et … donjuanesque racontée dans l’opéra a dû lui rappeler quelques vieux souvenirs!

Sollicité pourtant en même temps par Martini et Salieri, Da Ponte réussit le tour de force de travailler parallèlement sur trois livrets à la fois en écrivant  » pour Mozart la nuit en lisant quelques pages de l’Enfer de Dante ; le matin pour Martini en lisant Pétrarque, et le soir pour Salieri avec l’aide du Tasse « (Mémoires).

De fait, sa grande culture littéraire lui permettait sans doute de stimuler son inspiration mais également de viser un haut niveau d’exigence dans ce qu’il écrivait. Ainsi a-t-il sans doute lu le poème de Cowlay « The Account » (1) dans une traduction italienne, et a-t-il retiré de cette lecture l’inspiration qui donna le si célèbre et si drôle air du catalogue de Leporello .

La troisième et dernière collaboration Mozart-Da Ponte fut le résultat d’une commande de l’empereur Joseph II. Le sujet, choisi par Da Ponte, met en scène une intrigue d’une extrême simplicité et une anthologie de toutes les situations classiques. En fait, bien que dénoncé tout au long du XIX° siècle, qui ne percevait pas le « second degré », comme étant stupide, Cosi Fan Tutte offre en réalité des  » parodies du grand style tragique, à la fois dans les airs et dans les récitatifs accompagnés « , ce qui fut  » le comble du génie de la part de da Ponte aussi bien que de Mozart « . (E.J. Dent) Ce qui était en même temps périlleux car ce faisant ils présentaient  » au public la parodie déconcertante des lieux communs auxquels il était le plus attaché  » ( A. Lanapoppi). Et on reconnaît bien là les irrésistibles tendances provocatrices et suicidaires communes à Da Ponte et Mozart : une fois encore c’était  » faire un nouveau pied de nez au monde dont dépend(ait) leur bien être  » ! (A. Lanapoppi)

La création de l’opéra coïncidant malheureusement avec la mort de Joseph II, celui-ci disparut de l’affiche après quelques reprises.

Notons pour l’anecdote que Da Ponte était tombé follement amoureux d’Adriana del Bene – La Ferraraise- qui tenait le rôle de Fiordiligi, et avec laquelle il eut une liaison qu’il ne prenait même pas la peine de cacher…

Bien que cette troisième collaboration fût la dernière on peut dire que  » si Da Ponte doit son immortalité à la chance inespérée qui le fit entrer en contact avec Mozart, il est hors de doute que les trois chefs-d’œuvre mozartiens de l’opéra-comique italien sont tout autant redevables à leur librettiste que les derniers opéras de Verdi le sont au talent littéraire de Boito » (E.J. Dent). Et pour ne citer qu’eux,  » les finales des trois opéras qu’il écrivit pour Mozart sont des chefs d’œuvre  » ‘E.J. Dent)

Avec la mort de Joseph II, Da Ponte perdait son protecteur. Ses nombreux ennemis donnant alors libre cours aux machinations et à la calomnie, il fut chassé de Vienne en 1791 et s’enfuit à Trieste.

Mazel Tov !

Il faut croire que le destin fit bien les choses car c’est là qu’il rencontra celle qui devint sa femme. Il fit la connaissance à Trieste d’un commerçant anglais du nom de Grahl avec lequel il sympathisa et qui l’invita dans sa famille. C’est là qu’il rencontra celle qui devait devenir la femme de sa vie, Nancy Grahl, jeune fille d’une grande beauté, âgée de 21 ans, parlant quatre langues, et dont il tomba aussitôt follement amoureux, lui qui avait 20 ans de plus qu’elle.

Bien qu’il précise dans ses Mémoires qu’il avait épousé sa  » belle et bien aimée Nancy  »  » le 12 août 1792, à deux heures de l’après midi  »  » avec les cérémonies et formalités habituelles « , certains ont mis en doute ce mariage, sous prétexte que l’on n’a pas retrouvé d’acte de mariage.

Or, un certain Savardello avait affirmé à Zaguri, (lui-même juif vénitien et ami de Da Ponte)  qu’il l’avait épousée à la synagogue selon le rite hébraïque. Cette version paraît plus que vraisemblable si l’on pense que Da Ponte étant toujours prêtre non défroqué, aurait difficilement pu se marier selon le rite catholique. En revanche pour les juifs, né de parents juifs, circoncis et ayant fait sa Bar Mitzva (à sa conversion il a déjà 14 ans), cela devait poser moins de problème (surtout s’il avait pris soin de passer sous silence sa conversion aux autorités rabbiniques…). Mais on comprend aisément que si mariage il y eut, celui-ci dût rester secret ! 

Il faut ajouter que le père de Nancy, bien qu’anglais, était en fait d’origine allemande et avait transformé son patronyme d’origine Krahl, en Grahl. Cette famille de commerçants, dont le père et le fils un peu chimistes, un peu médecins, important et vendant chez eux toutes sortes de marchandises par annonces dans les journaux, se déplaçant de pays en pays et finalement ayant fait faillite, partent en Amérique, ne manque pas de faire penser aux périgrinations d’une famille juive…

Plus tard A. Linvingston soutiendra en 1929 que Nancy était juive, en se fondant surtout  » sur son portrait, qui montre des traits indéniablement juifs  » (d’après A. Lanapoppi)

Quoi qu’il en soit, peu avant la faillite de la famille, le couple était parti pour Londres, sans manquer de passer par Dux chez Casanova. A Londres, Da Ponte devient librettiste du King’s Theatre, remaniant des livrets notamment pour Martin y Soler, mais ne créant plus d’œuvres originales.

Parallèlement, attiré par le monde des affaires bien que totalement incompétent, et rêvant de faire fortune, il se lance dans une série d’entreprises désastreuses dont le commerce des livres italiens, montant notamment une librairie de quinze mille volumes, et une maison d’édition. Y jetant toutes ses ressources, pratiquant le système de lettres de change, criblé de dettes et, menacé d’être arrêté, il fit embarquer sa famille pour l’Amérique, pour la suivre quelques mois après.

New York ! New York !

Il faut rappeler que la famille Grahl était déjà là-bas depuis déjà dix ans et que l’état de leurs finances était maintenant plus que confortable : ils avaient acquis de vastes étendues de terre en Pennsylvanie, le fils Peter était un médecin apprécié (sans avoir fait d’études…) et le père avait ouvert une sorte de drugstore à Sunbury.

Nancy et leurs quatre enfants embarquèrent donc en Août 1804 pour accoster à Philadelphie le 20 septembre et rejoindre sa famille.

C’est le 7 avril 1805 qu’à l’âge de 56 ans, Da Ponte embarqua pour New York. Toujours persuadé d’avoir l’étoffe d’un homme d’affaires, il comptait plus que jamais faire fortune dans ce domaine. Mais aussi peu chanceux que peu doué en affaires, ses différentes tentatives échouent l’une après l’autre. Ouvrant une épicerie de produits fins et exotiques à New-York, il voit son affaire péricliter en raison du contexte (la guerre entre l’Angleterre et la France rendirent le commerce maritime difficile et la fièvre jaune se mit à sévir à New-York).

S’installant alors à Elizabeth Town dans le New-Jersey , il achète une maisonnette et se met à faire le commerce de gros et de détail vendant des produits agricoles à New York où il se procure des biens manufacturés et des vêtements qu’il vend aux paysans. Bien que déployant une énergie à toute épreuve, il échoue là encore, ses compétences n’étant pas à la hauteur dans ce domaine.

Se tournant alors vers la littérature italienne et latine et encouragé par Clément Moore et sa famille, il a l’idée d’ouvrir une école.  » Bien que la concurrence fût rude, aucune école privée ne pouvait offrir d’enseignants ayant le passé et le calibre d’un Lorenzo Da Ponte  » (A. Lanapoppi). Son enseignement connaissant un grand succès, c’est le gratin de New-York qui envoya ses jeunes gens y acquérir de la culture.

Malheureusement les revenus financiers demeuraient insuffisants et à 63 ans, en 1811 Da Ponte et sa famille (qui comptait un enfant de plus né en 1806 et un gendre depuis 1809) partit s’installer à Sunbury auprès des Grahl.

Là encore, nouveau commerce, nouvel échec : commençant par le commerce des produits pharmaceutiques et de l’alcool (qu’il se mit à distiller !), il fait ensuite la navette entre Sunbury et Philadelphie y vendant des produits agricoles et ramenant dans son magasin au village des produits manufacturés . En 1814 il est également propriétaire d’une boutique de mode et de mercerie à Philadelphie. Cette prospérité n’eut qu’un temps, car la paix entre la France et l’Angleterre entraîna un effondrement des prix et la marchandise qu’il avait imprudemment accumulée en temps de guerre perdit sa valeur.

En Août 1818, une fois encore Da Ponte qui a soixante neuf ans remet ses meubles sur un chariot et repart avec sa famille pour Philadelphie, puis après un essai infructueux pour placer des livres italiens, qu’il fait venir à grand frais d’Italie, à la bibliothèque de Philadelphie, regagne New-York.

Le voilà donc en 1819 qui se consacre à l’organisation d’une nouvelle école. Située à Broadway, n°342, l’école était une imposante maison logeant, pendant une dizaine d’années la famille et les pensionnaires qui habitaient trop loin. Tous ses élèves venaient des familles les plus riches auxquelles ses anciens élèves le recommandaient. Pédagogue hors pair, il avait en effet un énorme succès auprès des élèves. Lui-même très heureux dans ces nouvelles fonctions écrit à un ami en 1823 :  » Je bénis, et je bénirai toujours, le jour de mon retour à New York « et plus tard, en 1827 :  » Ma maison est un petit lycée. Le matin, je commence, avant neuf heures mes leçons d’italien, et je suis fort bien assisté par deux membres de ma propre famille, à la maison et en dehors…De midi à trois heures, deux maîtres excellents enseignent l’espagnol et le français à une nombreuse classe de sémillantes demoiselles, et presque tout le reste de la journée se passe en conversations savantes ou en lectures d’auteurs classiques « . (A. Lanapoppi)

Parallèlement à cette activité, Da Ponte, en porte-drapeau de la culture italienne, se lance une fois encore dans le commerce des livres italiens cherchant à les placer de toutes les façons possibles dans les bibliothèques ou au collège de Columbia où il enseigna l’italien, pour finir par ouvrir lui-même une librairie où les acheteurs étaient loin de se presser…

C’est à la même époque que commençait à s’éveiller la curiosité du public pour l’opéra, ce qui permit à Da Ponte de s’investir, malgré la mort de Nancy en 1831, avec toute l’énergie dont il était capable dans la promotion de l’opéra. Rencontrant Manuel Garcia et sa troupe il le convainc de donner Don Juan  » il mio Don giovanni  » comme il disait, introduisant ainsi pour la première fois Don Juan à New-York. Il déploie ensuite une énergie considérable pour lancer une souscription et faire venir la troupe de Montrésor qui donne une saison italienne. Il participe également la même année à la création et au lancement du premier Opéra de New-York.

On peut dire que lorsqu’il mourut le 18 août 1838, sa vie fut plus que bien remplie ! Ayant reçu les sacrements (sous la pression de la famille ou en prévision du spectacle solennel que ses funérailles pourraient ainsi donner ?), il eut en effet droit à des obsèques grandioses à l’Eglise Saint-Patrick (située à l’époque dans ce qui est aujourd’hui Little Italy), en présence de tout ce que comptait New-York comme célébrités mondaines.

Malgré cela, curieusement il connaît, dans la mort, le même sort que Mozart, le lieu de sa sépulture demeurant à jamais inconnu…

Un traitement expérimental israélien guérit des cas graves du COVID


Illustration : du personnel médical porte des vêtements de protection pour travailler au service de coronavirus de l’hôpital Shaare Tsedek à Jérusalem le 23 septembre 2020. (Nati Shohat / Flash90)

Enlivex Therapeutics affirme avoir administré sa thérapie Allocetra à des cas graves et critiques à l’hôpital de Jérusalem ; tous sont rétablis et testés négatifs au coronavirus

La société israélienne d’immunothérapie Enlivex Therapeutics a déclaré jeudi que cinq patients dans un état sévère à critique atteints du COVID-19 ont été guéris de la maladie quelques jours après avoir reçu un traitement expérimental.

Le traitement Allocetra de la compagnie leur a été administré dans le cadre d’un essai clinique à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem.

Les trois sujets dans un état grave sont sortis de l’hôpital 5 jours et demi après avoir reçu le traitement, et les deux patients dans un état critique sont sortis après 8 jours et demi. Ils ont tous été testés négatifs au coronavirus avant de quitter l’hôpital, a déclaré la société.

« Aucun effet indésirable sérieux lié à la prise d’Allocetra TM n’a été signalé chez les patients et le traitement a été bien toléré », a-t-il été indiqué dans un communiqué.

Ces médicaments sont généralement administrés aux patients dans un état modéré, et Enlivex espère que sa thérapie va dorénavant devenir un traitement pour des cas plus graves.

Allocetra traite la réponse excessive du système immunitaire et la réponse inflammatoire que l’on observe parfois chez les patients atteints du COVID-19, également appelée choc cytokinique ou « tempête de cytokines ». Le phénomène peut amener le système immunitaire à attaquer sérieusement les propres organes du patient, entraînant la défaillance des organes et parfois la mort.

Les chocs cytokiniques sont difficiles à traiter car ce sont des réponses complexes qui impliquent la participation de plusieurs systèmes biologiques réagissant et interagissant de façon simultanée. Les cytokines sont des protéines utilisées dans la transmission de signaux cellulaires qui sollicitent les cellules immunes lors d’une réponse immunitaire.

Allocetra utilise les mécanismes de régulation du corps pour atténuer le choc cytokinique sans nuire au système immunitaire, a expliqué la compagnie. Le traitement infuse des milliards de cellules apoptotiques précoces, ou cellules mourantes, dans la circulation sanguine. Les macrophages et les cellules dendritiques, les premiers « secouristes » du corps, se nourrissent de ces cellules apoptotiques, libérant moins de signaux d’alerte de cytokines et calmant le choc cytokinique.

La société avait déjà démontré l’innocuité du médicament dans le traitement d’un petit groupe de patients atteints de septicémie et prévoit désormais de lancer des essais cliniques de phase II pour des patients touchés par le coronavirus dans un état grave ou critique.

Enlivex, basée à Ness Tsiona, est une société pharmaceutique d’immunothérapie au stade clinique, qui se focalise sur l’équilibre du système immunitaire. Elle a été fondée en 2005. Allocetra est le traitement principal de la compagnie et le plus avancé dans les tests cliniques.

Enlivex se négocie à la Bourse de New York sous le symbole ENLV. Le cours de son action a bondi d’environ 50 % jeudi.

Pas de deuxième vague, mais des répliques

Les derniers chiffres de l’épidémie française montrent qu’il n’y aura pas de nouvelle explosion épidémique, mais une série de répliques de moindre intensité

« La prévision est un art très difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir ». Cette phrase de Pierre Dac n’a jamais été aussi pertinente et pas un jour ne passe sans que des Nostradamus nous annoncent une terrifiante flambée épidémique, ou qu’au contraire, d’irréductibles optimistes affirment la fin de l’épidémie de COVID-19.
Comme souvent dans ce genre de situation, la vérité est au milieu.

J’ai attendu la fin du mois de septembre pour me faire une opinion sur l’avenir de l’épidémie française de COVID-19. En effet, des facteurs d’aggravation déterminants sont apparus il y a quelques semaines : les rentrées scolaires et universitaires, mettant en contact étroit d’importants effectifs de sujets jeunes et souvent peu respectueux des mesures barrières. S’y ajoutent les retours de vacances et les brassages de population qu’elles provoquent.

Tout était réuni pour qu’une rechute épidémique survienne. Il s’agissait même de la dernière opportunité pour le SARS-CoV2 de rencontrer des conditions aussi propices à sa diffusion. En effet, plus le temps passe, plus la montée modeste mais réelle de l’immunité collective freine la diffusion du virus.

Or les derniers chiffres officiels montrent une diminution des contaminations et une stabilisation du nombre d’hospitalisations depuis plusieurs jours, ce qui est incompatible avec une croissance exponentielle de l’épidémie, comme annoncée par exemple dans le Journal du Dimanche du 26 septembre avec cette projection délirante :

Non seulement nous n’allons pas vivre la courbe rouge, mais nous ne vivrons probablement même pas la bleue, qui d’après les auteurs résulterait d’un reconfinement généralisé.

Le décompte des hospitalisations est le meilleur critère

Les différents décomptes disponibles n’ont pas la même valeur, 
les hospitalisations constituent le meilleur indicateur évolutif de l’épidémie.

Le décompte des tests positifs est trop dépendant de leur disponibilité, qui a beaucoup varié depuis février et qui était quasi nulle en avril. Ils permettent néanmoins sur une courte période de dégager des tendances précoces puisque la contamination est la première étape de la maladie.

Le décompte des décès est trop tardif. Par ailleurs, l’amélioration des techniques de réanimation a permis de faire diminuer très significativement la mortalité, ce qui fausse également la comparaison avec le pic d’avril. Il en est de même pour les entrées en réanimation : une meilleure prise en charge des malades en hospitalisation simple rend moins souvent nécessaire leur transfert en soins intensifs/réanimation et la comparaison avec le pic d’avril en serait faussée.

Les hospitalisations quotidiennes constituent donc (aussi longtemps que les hôpitaux ne sont pas saturés) le meilleur critère pour apprécier l’évolution de l’épidémie de COVID-19

Les autorités sanitaires fournissent quotidiennement des données sur ces hospitalisations, et autorisent leur utilisation par des tiers. Chacun peut ainsi les mettre en forme pour une bonne information de la communauté, et c’est qu’a fait Germain Forestier, Professeur d’informatique et « Data scientist » (expert en traitement des données massives) (C’est l’occasion de se rappeler que le web ne sert pas qu’à créer des startups…).

Sur sa page dédiée à la COVID-19, Germain Forestier propose 6 types de représentation des chiffres de l’épidémie française. 

Les données d’hospitalisation pour la France et les régions françaises sur le dernier mois filant ici.

 Idem mais par département ici

 Les données d’hospitalisation pour la France et les régions depuis le 18 mars 2020 ici

Idem mais par département ici
Et enfin le taux de positivité des tests et d’incidence par classe d’âge

Un fléchissement net pendant la dernière semaine de septembre

Une première constatation évidente à la lecture des courbes débutant le 18 mars, c’est qu’il est incorrect de parler de « deuxième vague » pour la France, comme pour la grande majorité des régions :

Nous sommes confrontés à des répliques, par analogie avec les secousses secondaires qui suivent un tremblement de terre. Ces répliques sont de moindre intensité que le tremblement de terre initial et cette intensité est variable d’un lieu à l’autre autour de l’épicentre initial. Elles ne durent qu’un temps et finissent pas disparaître. Ce concept sismologique s’applique parfaitement à la situation épidémiologique actuelle.

La deuxième donnée qui saute aux yeux est le fléchissement récent de la croissance de ces hospitalisations, incompatible avec la croissance exponentielle annoncée par les catastrophistes.

Ce fléchissement de la progression des hospitalisations était annoncé par la décrue des nouvelles contaminations, logiquement plus précoce :

Elle n’est pas encore visible dans le décompte des entrées en réanimation, à l’inverse plus tardives puisqu’elles font souvent suite à une hospitalisation « normale » initiale :

C’est uniquement à distance de la métropole, dans les DOM-TOM que l’on observe une vraie deuxième vague, ou plutôt une première vague différée dans des régions initialement peu touchées par l’épidémie, comme en Guyane :

Cette absence de deuxième vague était probable. Pourquoi ? Parce que le virus ne rencontrera jamais de situation plus propice à sa diffusion que pendant le première quinzaine de mars 2020, durant laquelle une population privée de masques protecteurs ne prenait pas encore la mesure du danger et faisait même la fête en milieu fermé la veille du confinement. L’immunité collective était inexistante ; les restaurants, bars, cinémas, théâtres, étaient bondés dans le cadre d’une insouciance collective encouragée par la plus haute autorité de l’État.

Bref, tout était réuni pour permettre l’explosion d’une épidémie, et c’est ce qui est arrivé. Le confinement qui a suivi a permis de « geler » l’épidémie et d’atténuer la saturation du système de santé, mais il n’a bien sûr pas faire disparaître le problème de fond.

Il était logique de redouter une deuxième vague début septembre

La crainte d’une reprise épidémique significative à la rentrée était fondée, et cette reprise est en effet survenue, touchant principalement les zones peu ou pas touchées par la première vague.

Voici la situation dans le Grand-Est, durement éprouvé par la première vague :

Et dans les Bouches-du-Rhône, au contraire épargnées par la première vague :

Mais il s’agit bien de répliques, sans commune mesure avec la vague survenue au printemps, qui ne reviendra donc pas. La relation inverse entre l’intensité des répliques et l’ampleur de la première vague suivant les régions confirme s’il en était besoin que l’immunité collective est réelle. Cette immunité collective n’est pas correctement évaluée par le taux de sujets sérologiquement positifs, c’est à dire portant des anticorps dirigés contre le SARS-CoV2 (immunité humorale). Ce n’est pas surprenant car nous savons que l’immunité dite « cellulaire », impossible à détecter par des analyses sanguines, joue un rôle important dans cette immunité collective.

Les hôpitaux vont encore vivre des semaines difficiles dans les zones où les répliques sont les plus fortes. Ils pourraient être transitoirement saturés, et ce risque justifie pleinement des mesures drastiques localisées comme la fermeture des bars et restaurants à Marseille. Mais globalement, nous avons mangé notre pain noir.

Faut-il pour autant relâcher notre vigilance ? Certainement pas. Cette situation a été permise par les mesures mises en place depuis plusieurs mois comme l’imposition du masque à l’intérieur des bâtiments et l’incitation forte au télétravail. Il faudra continuer à respecter ces mesures indispensables quelques mois.

En revanche, l’inutile et détestable imposition du masque à l’extérieur gagnerait à être supprimée, dans un geste d’apaisement vers ceux qui le vivent mal, à tort ou à raison. Tout devrait être fait également pour limiter les privations de liberté au strict nécessaire, et tenant compte encore une fois des situations locales.

J’espère que nos autorités sanitaires ne commettrons pas l’erreur d’affirmer que la stabilisation de l’épidémie a été permise par les mesures drastiques prise le 27 septembre. Cela n’est pas possible car il faut au moins 15 jours pour que l’effet d’une mesure se traduise dans les courbes d’hospitalisation. Continuer à perturber gravement sans raison suffisante la santé mentale des français et la vie économique du pays après la mi-octobre constituerait une erreur lourde de conséquences.

Pour finir et comme d’habitude, je vous invite à un débat sous cet article pour confronter les points de vue dans le respect mutuel.

Vous pouvez me suivre sur Twitter @ddupagne

Dominique Dupagne

Médecin généraliste, journaliste et blogueur

DÉMOCRATIE ?

Quel genre de démocratie est-ce lorsque sous la pandémie on autorise des manifestations politiques qui contribuent indéniablement à la propagation du mal ? À la mort des plus faibles, des plus vulnérables, des plus destitués, qui n’ont aucune voix, ni force de se lever et s’insurger.

Quel genre de démocratie est-ce lorsque nos vieux n’ont personne pour les défendre et défendre leur droit à la vie ?

Quel genre de démocratie est-ce lorsque la majorité est contre l’immigration à outrance mais que les chefs d’états la perpétuent, faisant fi des nécessités et exigences de leurs citoyens ?

Quel genre de démocratie est-ce quand elle nous mène directement au suicide ?

Enfin quel genre de démocratie est-ce lorsqu’elle nous nie nos droits élémentaires  à la parole ?

C’est le genre de démocratie que nous vivons à l’heure actuelle… Inutile de vous dire qu’elle possède tous les atouts d’une dictature, qui sous les oripeaux de la démocratie permets tous les outrages.

La situation est à tous points de vue malsaine. La chape inquiétante qui pèse sur chacun est de mauvais aloi pour une société au bord de la crise.

Il est inutile de nous faire porter un masque de protection sanitaire! Nous avons déjà bien implanté sur nos faces celui de la soumission, puisque nous sommes incapables de nous défendre et défendre nos droits.

Le monde entier vit sous la férule de ces dirigeants élus démocratiquement qui demain nous basculerons vers des théocraties, la soumission et la perte indéniable de notre liberté…

Trop de choses s’accumulent sur cette bascule appelée démocratie qu’il faut traiter dans l’immédiat et ne plus tempérer. Car la justice est déviée, les droits ignorés, la puissance se dirige directement vers ceux que nous croyons être nos défenseurs… Le sont-ils ? Où allons-nous? C’est la question qu’il faut se poser.

Les comportements les plus inquiétants se font jour mêlant suspicion, délation, hostilité, violence palpable, et aussi malaise diffus pendant de la privation de liberté.

Il est urgent de prendre conscience que trop c’est trop et qu’on ne pourra pas continuer ainsi éternellement sans courir le risque de désordres graves.

Et tout cela pourquoi ? En raison de choix politiques reposant sur du sable et qu’on nous vend comme des décisions responsables alors qu’elles n’ont pas le moindre fondement objectif, décisions imposées par un principe de précaution hors sol et une peur alimentée de projections fantasmatiques.

Il faut siffler la fin vite, très vite. Sinon le pire est à craindre.

Fredal