Le mensonge du «camp de la paix»

par Pierre Lurçat

L’écrivain israélien A.B. Yehoshua est décédé alors que s’ouvrait en Israël la « semaine du livre », la manifestation littéraire qui est aussi une grande « fête du livre », qui vient clore le cycle des fêtes du printemps israélien. Il est aussi mort avant le shabbat où nous lisons la paracha Chelakh-Lekha, qui relate la faute des explorateurs. À certains égards, Yehoshua faisait partie, avec ses collègues Amos Oz et David Grossman, des « modernes explorateurs » que sont ces intellectuels israéliens qui n’ont eu de cesse, depuis cinquante-cinq ans, de mettre en garde leur pays et ses dirigeants contre les dangers d’une « corruption morale » et de multiples catastrophes dont l’unique cause serait, selon eux, « l’occupation des territoires. »

Disons d’emblée qu’A. B. Yehoshua fut le seul des trois (à ce jour) à accepter de remettre en cause la rhétorique apocalyptique et moralisante de « La Paix Maintenant », dont ils étaient devenus tous trois, à des degrés différents, les porte-parole patentés. En acceptant de se remettre en question pour rejeter la logique des « deux États » et de la création d’un « État palestinien » en Judée-Samarie, Yehoshua a fait preuve à la fois d’une tardive lucidité et d’une forme de courage, inhabituelles dans les sphères de la gauche israélienne. Il était en effet bien plus facile de répéter comme un mantra les slogans éculés de La Paix Maintenant et de gagner ainsi la sympathie des médias – en Israël comme à l’étranger – et le statut confortable et lucratif d’écrivains du «camp de la paix».

« Camp de la paix » ?

L’expression ferait sourire, si elle ne rappelait de sinistres souvenirs. Elle remonte – rappel historique pour les nouvelles générations nées après l’effondrement du Mur de Berlin – à l’Union soviétique et à ses satellites. Le «Mouvement de la paix» était dans l’après-guerre (pendant la guerre froide dont on a oublié aujourd’hui la signification) la courroie de transmission du PCUS et du communisme stalinien au sein des pays occidentaux et de leur intelligentsia, qui était déjà à l’époque le « ventre mou » de l’Occident. L’expression est donc un héritage empoisonné du communisme stalinien et elle est tout aussi mensongère à l’égard d’Israël aujourd’hui, qu’elle l’était concernant l’Occident alors.

Le livre que vient de publier Nili Oz, veuve de l’écrivain Amos Oz, sur son mari, intitulé Amos sheli, est d’une lecture agréable et instructive à la fois. On y découvre un jeune homme sensible et sûr de lui, qui a connu le succès dès son premier livre et a apostrophé publiquement tous les dirigeants israéliens, depuis David Ben Gourion jusqu’à Benyamin Netanyahou. Oz – né Klausner – est issu d’une famille bien connue de l’aristocratie sioniste de droite (son oncle était l’historien Yossef Klausner). Son départ au kibboutz Houlda, après le décès tragique de sa mère, fut l’occasion pour lui de «réévaluer» toutes les valeurs dans lesquelles il avait élevé.

En rejetant le monde intellectuel de la famille Klausner, il ne s’éloigna pas seulement de son père (dont il avait rejeté jusqu’au nom de famille). Il fit surtout cause commune avec ses professeurs de l’université hébraïque, Hugo Shmuel Bergman, fondateur avec Martin Buber de « l’Alliance pour la paix »,

qui prônait « une fraternité sentimentale entre Juifs et Arabes et le renoncement au rêve d’un État hébreu afin que les Arabes nous permettent de vivre ici, à leur botte…», rêve utopique que ses parents considéraient comme totalement coupé du réel et défaitiste.

Dans son livre, Nili Oz qui fut la fidèle compagne d’Amos pendant soixante ans, se flatte que son mari ait été le premier à dénoncer « l’occupation » des territoires libérés en 1967, « avant Yeshayahou Leibowitz ». Effectivement, avec la ‘houtspa qui le caractérisait, le jeune Amos – âgé de moins de 30 ans – publia dans le quotidien Davar une tribune adressée au ministre de la Défense Moshé Dayan, pleine de verve et de fiel, affirmant que

« nous n’avons pas libéré Hébron et Ramallah… nous les avons conquises ».

Et il poursuivait : « l’occupation corrompt » (expression devenue un slogan de la gauche israélienne après 1967), « même l’occupation éclairée et humaine est une occupation ».

Manifestation de « la paix maintenant »

Aujourd’hui comme jadis, lors des débuts de notre histoire nationale et de la première conquête d’Eretz-Israël au temps de Josué (livre de la Bible qu’une ministre de la Culture prétendit bannir à l’époque des accords d’Oslo), une poignée de membres de l’élite de notre peuple se sont érigés en donneurs de leçons, en « nouveaux égarés du désert », comme l’écrivait le regretté André Neher en 1969. Avoir donné au terme biblique de « Kibboush » une connotation péjorative n’est pas le moindre péché de ces modernes explorateurs, qui ont instillé la peur dans l’esprit des Israéliens et les ont fait douter de la justesse de notre présence sur cette terre.

Ironie de l’histoire : l’Israël d’avant 1967 était lui aussi le fruit d’une (re)conquête et d’une victoire militaire – celle de 1948 – et la plupart des kibboutzim de l’extrême-gauche, de l’Hashomer Hatzair et du Mapam, étaient bâtis sur les ruines de villages arabes, comme Amos Oz le rappelle sans sourciller, en évoquant le kibboutz Houlda de sa jeunesse. Les pionniers de Judée-Samarie après 1967, eux, n’ont détruit aucun village arabe pour construire leurs maisons.

Si « l’occupation corrompt », alors pourquoi s’arrêter à celle de 1967 et ne pas remonter jusqu’à 1948 ?

Les plus conséquents parmi les chantres du pacifisme israélien, comme Martin Buber, ont poussé leur funeste logique jusqu’à l’absurde, en affirmant que l’idée même d’un État national juif en Eretz-Israël était immorale. En réalité, comme le rappelait Jabotinsky il y a cent ans, en répondant aux pacifistes de son temps,

« La paix avec les Arabes est certes nécessaire, et il est vain de mener une campagne de propagande à cet effet parmi les Juifs. Nous aspirons tous, sans aucune exception, à la paix ».

Toutefois, comme il l’écrivait dans son fameux article « Le mur de fer », la question d’un règlement pacifique du conflit dépend exclusivement de l’attitude arabe. Propos qui demeurent d’une brûlante actualité jusqu’à ce jour.

Appelez-moi Sioniste


23 septembre 2014

Vous nous appeliez Judéens au temps du roi David
Vous nous appeliez Hébreux après notre exil forcé
Vous nous appeliez Zélotes pendant notre résistance
Vous nous appeliez Juifs durant les pogroms, les déportations , les inquisitions et conversions .

Vous nous appelez Sioniste depuis que nous avons retrouvé notre terre
De Canaan à Massada, de Judée jusqu’à Varsovie , de Rome jusqu’en Espagne , de Constantinople à Tel Aviv je suis resté le même ..

Je suis resté le peuple élu pour étancher vos haines et votre mépris de l’humanité.

Je suis le peuple de D.ieu qui a traversé le temps, les siècles , les pays , les déserts et les nations
Je suis l’empêcheur des ténèbres de tourner en rond , le caillou dans la chaussure des méchants
Je suis celui dont personne ne voulait mais que tout le monde regrette
Je suis le plus jalousé et le plus méprisé , attirant autant de convoitises que de réprobations
Je suis celui que vous ne pouvez pas voir mais que vous scrutez en permanence .
Je suis le reflet dans le miroir de vos contradictions

Appelez-moi Sioniste si cela vous permet d’effacer votre honte à peine bue
Appelez-moi Sioniste si cela vous rassure quand vous me refusez le droit à l’existence
Appelez-moi Sioniste si cela n’écorche plus vos langues d’aphasiques de l’histoire

Appelez-moi ainsi, oublieux de votre propre erreur de genèse.
Mais sachez que j’aime le nouveau nom que vous m’avez concédé
Alors appelez-moi Sioniste quand je porte fièrement mon drapeau reconquis

Et puis, appelez-moi Sioniste quand je me défends de mes voisins inassouvis de terres et d’orgueil
Surtout, Appelez-moi Sioniste quand je soigne des enfants de tous horizons et de toutes religions.
Mais appelez-moi Sioniste aussi quand j’apporte à la science les découvertes les plus fondamentales.

N’oubliez pas de me citer, moi Sioniste, quand je tends une main loyale à mes cruels voisins
Pensez à m’appeler Sioniste aussi quand je veux la paix même au prix de concessions démesurées

Ah oui! Appelez-moi Sioniste quand je donne au Monde les plus grands artistes, les plus grands chercheurs, les plus grands humanistes. le plus grand des physiciens quantiques des quantiques

Appelez-moi comme vous voulez ….mais sachez que je reste le même peuple, beau, fier, uni, humain , noble , défenseur des libertés et amoureux de la vie .

Catherine Levy

Bravo Catherine

Bravo aussi à vous pour votre récent écrit sur la panthéonisation de la dépouille de Simone Veil et de son époux… C’est une erreur de la famille..

15 Juin 1942 : plus de six mille enfants juifs sont déportés à Auschwitz.

Si il m’avait fallu 6000 lignes pour le relater je l’aurais fait sans aucune hésitation. Je vous recommande de le lire à vos enfants non pas pour les endormir mais pour les éveiller

Parce que Vichy veut se débarrasser d’«orphelins » inutiles et gênants dont les parents ont, déjà, pris le chemin des camps de la mort.

Parmi toutes les péripéties de l’Holocauste, il en est peu qui soient plus horrifiantes, et moins bien comprises aujourd’hui, que le meurtre par les nazis de plus d’un million d’enfants juifs. A travers toute l’Europe, et pas seulement dans l’immense charnier qu’était devenu l’Est du continent, les autorités allemandes firent la chasse aux victimes les plus innocentes qui se puissent concevoir, et dont plusieurs centaines de milliers devaient faire le terrible voyage vers les usines de mort du territoire polonais. Mais même en cette circonstance, dans ce qui, sans aucun doute, constitue le crime le plus révoltant de l’hitlérisme, il s’est trouvé partout des complices pour lui prêter main-forte.

On a beaucoup discuté dernièrement pour savoir dans quelle mesure les dirigeants politiques et l’administration française ont contribué au génocide. Tout bien considéré, évidemment, leur part de responsabilité a été très variable. Parmi les Français, qui ont participé à l’œuvre de mort, se trouvaient non seulement d’authentiques tueurs, mais aussi des hommes tout à fait ordinaires, dont la sensibilité était obnubilée par la peur, l’ambition personnelle, la routine bureaucratique, l’absence totale d’imagination. Nulle part ce phénomène n’apparaît avec plus d’évidence que dans la déportation de France des enfants juifs. Non qu’il y ait eu volonté délibérée du gouvernement français de livrer les enfants à leur bourreau. Ni, comme on le prétend souvent, soumission à contrecœur à des pressions allemandes devenues irrésistibles. C’est d’autre chose qu’il s’agit : un nombre important de Français, s’étant trouvés confrontés à des problèmes complexes, ont choisi, comme il arrive souvent, la voie de la facilité. Ce faisant, ils ne se sont pas laissé fléchir par la plus effroyable des souffrances humaines qu’ils aient contribué à infliger : l’angoisse d’un enfant. Plus que toute autre chose, la politique de Vichy à l’égard des enfants juifs montre comment des responsables ont pu dresser un mur entre eux et la réalité, se retrancher dans la routine, se bercer d’illusions quant à leur propre rectitude, ignorant souvent aujourd’hui encore de quel crime monstrueux ils se sont rendus complices.

« Juifs étrangers contre Juifs français »

C’est en 1942 que la persécution des Juifs par Vichy atteint son point culminant. Au cours des deux années qui ont précédé, des dizaines de lois et d’ordonnances ont contribué à faire des Juifs une minorité de parias en les isolant du reste de la société française. C’est le gouvernement français qui a pris l’initiative de ces mesures, puisant par la suite encouragements et inspiration dans un programme analogue mis en œuvre à l’intérieur du Reich et dans l’Europe occupée. L’année 1942, toutefois, est marquée par une nouveauté : la mise en application par les Allemands de leur projet, déjà ancien, de déportation des Juifs, dont l’objectif était pour Hitler « la solution finale de la question juive en Europe». L’été et l’automne 1942 vont voir la déportation à Auschwitz de plus de 42 500 Juifs de France, dont une poignée seulement survivront aux chambres à gaz et aux fours crématoires qui les attendent en Pologne. Parmi ces victimes, un peu plus de mille enfants de moins de six ans, 2 557 âgés de six à douze ans, et 2 464 âgés de treize à dix-sept ans. Plus de 6 000 enfants pour la seule année 1942

Comment a-t-on pu en arriver là ?

A l’origine, évidemment, il y a le nazisme et la volonté implacable du Reich hitlérien de profiter de l’état de guerre pour éliminer physiquement les Juifs d’Europe. La màchine administrative est mise en marche à la suite de la conférence tenue au début de 1942 à Wannsee, dans la banlieue de Berlin : l’Europe sera ratissée d’Ouest en Est, les Juifs seront déportés dans des camps d’extermination installés en Pologne. La France, qui n’est que partiellement occupée par les Allemands, n’en sera pas moins appelée à fournir d’importants contingents de Juifs pour cette œuvre de mort. Une autre conférence nazie, organisée cette fois en juin 1942, fixe un objectif précis pour la première phase de l’opération en France : 100 000 Juifs, à trouver dans les deux zones, occupée et non occupée. C’est le gouvernement français qui devra assumer les frais de l’opération : 700 reichs-marks par Juif pour le transport, plus les vivres et tout l’équipement nécessaires pour les quinze jours suivant le départ (sur ce dernier point, les Français étaient tout simplement dupés : il n’y avait que trois jours de voyage jusqu’à Auschwitz, où la plupart des déportés étaient immédiatement exterminés).

Pourtant, malgré leur détermination, les nazis devaient agir avec prudence. Contrairement à ce qui se passait dans les territoires de l’Est, où leurs forces étaient nombreuses, les Allemands ne disposaient pour l’ensemble de la France, au milieu de l’année 1942, que de trois bataillons de police, soit 2 500 à 3 000 hommes. Les autorités d’occupation confiaient parfois à l’armée ou à la Feidgendar-merie des tâches directement liées aux déportations, mais l’administration militaire répugnait à ces missions, préférant laisser cette besogne aux services de sécurité de la police : la Gestapo. Relativement isolée au sein de la société française et souvent haïe par la population, la police allemande avait du mal à fonctionner. Rares étaiçnt ses membres qui parlaient le français, et plus rares encore ceux qui connaissaient bien la France urbaine ou rurale.

Dès le début, les chefs allemands vont cultiver la police, l’administration et les hommes politiques français, car ils savent à quel point ces derniers sont indispensables à la réalisation même des objectifs de l’Occupation. Du point de vue allemand, la solution finale pose en effet un problème délicat : la collaboration française est une condition sine qua non ; mais pour se l’assurer, il faut ménager les sensibilités, éviter la provocation ouverte. Pour y parvenir, les Allemands combinent la menace brutale d’une action unilatérale avec l’offre alléchante de laisser les Français procéder à leur guise. Ils vont élaborer un stratagème qui n’abusera que peu de responsables français ou allemands, mais qui de toute évidence a son utilité au niveau des relations publiques : l’affirmation selon laquelle les Juifs sont déportés dans des colonies à l’Est, pour y être mis au travail.

Heureusement pour les Allemands, les Français ont accepté les premiers quotas fixés pour les déportations. Harcelé par une série de nouvelles exigences nazies, dont la plus douloureusement ressentie est celle portant sur l’envoi en Allemagne de 250 000 jeunes travailleurs français, Vichy décide de céder sur ce qu’il considère comme une question secondaire : les Juifs étrangers devront partir, débarrassant ainsi la France d’une masse indésirable de réfugiés. Par la collaboration, les Français, espère-t-on, pourront s’attirer à l’avenir les bonnes grâces de l’occupant. Et les Juifs français, pense-t-on, seront peut-être finalement autorisés à rester.

Laval livre les enfants…

Il n’avait pas été fait mention des enfants par les nazis, même entre eux. C’est ainsi que dans sa note du 15 juin 1942, le responsable SS des affaires juives en France, Theodor Dannecker, les exclut provisoirement de la déportation de manière explicite : « La condition essentielle est que les Juifs (des deux sexes) soient âgés de seize à quarante ans. 10 pour 100 de Juifs inaptes au travail pourront être compris dans ces convois.»

A la surprise des Allemands, ce sont les Français qui les premiers proposent que les enfants juifs soient inclus dans les trains de la déportation. Au début de juillet, le SS Obersturmbannfûhrer Adolf Eichmann, coordinateur des déportations pour l’ensemble de l’Europe, vient à Paris pour mettre au point les détails de l’opération. Des entretiens avec Pierre Laval, chef du gouvernement français, s’ensuivent immédiatement, et le 6 juillet, Dannecker adresse à Berlin une note qui donne le frisson : « Le président Laval a proposé, lors de la déportation des familles juives de la zone non occupée, d’y comprendre également les enfants âgés de moins de seize ans. La question des enfants juifs restant en zone occupée ne l’intéresse pas. »

Berlin va-t-il accepter ? Dannecker réclame à plusieurs reprises une réponse. Quelque temps plus tard, la réponse se faisant toujours attendre, le successeur de Dannecker, Heinz Rôthke, note que la police française a « exprimé à différentes reprises le désir de voir les enfants également déportés à destination du Reich ». Finalement le 20 juillet, Eichmann téléphone sa réponse : les enfants peuvent être déportés, de même que les personnes âgées.

Pour les enfants juifs, le martyre avait commencé plusieurs semaines avant. Au cours des rafles organisées contre les Juifs en juillet, les enfants avaient été arrêtés avec leurs parents, pour être finalement conduits dans l’énorme camp sous administration française de Drancy, dans la banlieue nord-est de Paris. Ce sinistre groupe de bâtiments, constitué par un ensemble d’habitations inachevé, était le principal point de départ des convois quittant la France à destination de l’« Est ». Au bout de quelques jours seulement, certains parents avaient été embarqués dans les trains de déportés. Quelque 4 000 enfants âgés de deux à douze ans ont été internés à Drancy à la suite de l’ignoble rafle du Vel’ d’Hiv’; ils sont arrivés seuls, sans leurs parents. D’autres devaient suivre, à mesure que se poursuivait l’arrestation des Juifs dans toute la France. En août, Drancy et les autres camps, situés dans le Loiret, voient arriver une bonne partie des enfants de la zone non occupée dont les parents ont déjà été transférés au Nord pour être déportés.

Dès le début, ces enfants ont eu à subir des souffrances indicibles. Dans les conditions sordides et dans la désorganisation qui caractérisent la vie du camp, l’arrivée d’enfants pousse nombre de détenus au désespoir. Rien n’a été prévu pour eux. Georges Wellers a décrit – dans L’Étoile jaune à l’heure de Vichy – quelques-unes des conséquences : « Les enfants se trouvaient par cent dans les chambrées. On leur mettait des seaux hygiéniques sur le palier, puisque nombre d’entre eux ne pouvaient descendre le long et incommode escalier pour aller aux cabinets. Les petits, incapables d’aller tout seuls, attendaient avec désespoir l’aide d’une femme volontaire ou d’un autre enfant. C’était l’époque de la soupe aux choux à Drancy. Cette soupe n’était pas mauvaise, mais nullement adaptée aux estomacs enfantins. Très rapidement, tous les enfants souffrirent d’une terrible diarrhée. Ils salissaient leurs vêtements, ils salissaient les matelas sur lesquels ils passaient jour et nuit. Faute de savon, on rinçait le linge sale à l’eau froide et l’enfant, presque nu, attendait que son linge fût séché. Quelques heures après un nouvel accident, tout était à recommencer. Les tout-petits ne connaissaient souvent pas leur nom, alors on interrogeait leurs camarades, qui donnaient quelques renseignements. Les nom et prénoms, ainsi établis, étaient inscrits sur un petit médaillon de bois […]. Chaque nuit, de l’autre côté du camp, on entendait sans interruption les pleurs des enfants désespérés et, de temps en temps, les appels et les cris aigus des enfants qui ne se possédaient plus. »

Le pédiatre Germain Bleckman, débordé de travail, a vu passer à Drancy entre le 21 juillet et le 9 septembre le chiffre de 5 500 enfants, arrivés très souvent dans des wagons à bestiaux plombés. Environ 20 pour 100 d’entre eux devaient être hospitalisés dans des conditions totalement inadaptées (soit en gros entre 900 et 1 000).

Les détenus qui s’occupaient d’eux étaient bouleversés de les voir si amaigris et couverts de crasse et de plaies. On installa des douches, mais les responsables du camp ne fournirent que quatre serviettes de toilette par groupe de mille enfants. La plupart, après des jours ou des semaines passés dans divers camps, étaient en haillons ; beaucoup avaient perdu leurs chaussures. Pour leur redonner courage, des volontaires leur disaient qu’ils retrouveraient bientôt leurs parents…

… Jean Leguay les envoie à Auschwitz

Rapidement, les enfants vont être regroupés et ajoutés aux convois quittant Drancy plusieurs fois par semaine « pour une destination inconnue ». Durant le mois de juillet, les trains de déportés comprennent de nombreux adolescents ; en août et septembre sont emmenés également des enfants plus jeunes – y compris même des nouveau-nés. Finalement, les convois à destination d’Auschwitz emportent des centaines d’enfants, lesquels constituent souvent le gros des déportés. Le voyage s’effectue dans des wagons de marchandises plombés, transportant chacun entre quarante et soixante enfants, plus une poignée d’adultes. La participation allemande à l’arrestation des enfants semble avoir été nulle et certains indices permettent même d’affirmer que les nazis désapprouvaient l’affaire. En août 1942, un employé américain d’une œuvre de secours rapporte que les Allemands se sont « mis à rejeter, au-delà de la ligne de démarcation, les enfants juifs restés seuls en zone occupée » après l’arrestation de leurs parents, les livrant ainsi à Vichy et créant un nouveau casse-tête pour le gouvernement français. Déjà 1 600 enfants se sont présentés, et d’autres sont à prévoir.

Ce sont les Français qui ont pris l’initiative de rafler les enfants et de les expédier à Drancy, et c’est le chef de la police française en zone occupée, Jean Leguay, qui les a affectés aux divers convois en partance pour Auschwitz ; les Allemands ont établi le calendrier, mais c’est la police française, en accord avec les SS, qui décide de la composition des convois. Tout cela, Leguay l’explique au début du mois d’août dans une lettre à Darquier de Pellepoix, le commissaire général aux questions juives du gouvernement de Vichy, précisant que les convois au départ de Drancy prévus les 19, 21, 24 et 26 du même mois seront « constitués par les enfants des familles qui avaient été internées à Pithiviers et Beaune-la-Rolande ».

Peu de choses sont plus difficiles à cacher que la souffrance des jeunes enfants. Au sein du gouvernement français, il n’y avait pas de doute sur ce qui se passait ; les informations dont Pétain disposait, concernant la grande rafle de juillet, témoignent non seulement d’une grande précision quant au nombre des enfants, mais aussi d’une cruelle clairvoyance à prévoir les problèmes qui vont se poser : « Quand les Juifs seront emmenés à Drancy (depuis les camps du Loiret), le triage sera opéré pour envoyer les parents par wagons plombés de 50 vers l’Est après avoir été séparés de leurs enfants. La question d’enfants se posera donc très prochainement. Ces enfants, au nombre de quatre mille, ne peuvent, d’une façon immédiate, être pris en charge utilement par l’Assistance publique ; le concours du Secours national est naturellement acquis à cette Administration. »

Quelques semaines plus tard, Berlin ayant donné le feu vert à la déportation des enfants, la nouvelle parvient aux responsables du ministère de l’Intérieur : ils vont devoir veiller à ce que les groupes prévus de déportés se trouvent en temps voulu à l’endroit prévu.

« Pas un enfant ne doit rester en France »

Un défenseur de Laval a prétendu que celui-ci avait tenté de venir en aide aux Juifs, notamment en procurant des visas à cinq mille enfants juifs. Il est exact qu’un effort a été entrepris pour sauver les enfants juifs, mais le rôle de Laval dans cette affaire n’a pas été des plus glorieux. Ce qui s’est passé peut être reconstitué grâce aux archives de l’organisation quaker American Friends Service Committee, de la YMCA (Young Men’s Christian Association) et du département d’État des États-Unis; l’examen en vaut la peine.

Dès les années 1940-1941, les quakers et l’organisation juive Jewish Joint Distribution Committee ont tenté de faciliter l’émigration des enfants juifs. Ce qui a permis à un petit nombre d’enfants, quelques centaines peut-être, de s’échapper à une époque où les départs étaient encore autorisés et où l’on pouvait obtenir un visa. Mais Vichy va bloquer les filières normales de l’émigration au cours de l’été 1942. Le 22 août, les responsables de la communauté juive de France écrivent au chef de la police française, René Bousquet, le suppliant d’autoriser l’émigration d’une cinquantaine d’enfants pour lesquels un visa d’entrée aux États-Unis a déjà été obtenu.

Mais, dans le même temps s’organisait un autre projet, beaucoup plus ambitieux, qui devait regrouper toutes les tentatives destinées à venir en aide aux enfants juifs. Au début de ce même mois d’août 1942, un groupe de quakers avaient eu une entrevue avec Laval, et en étaient ressortis avec le mince espoir que certains enfants pourraient être autorisés à se rendre aux États-Unis. Le 26 août, le ministre américain, Pinkney Tuck, presse Laval de faire un geste en faveur des enfants ; il n’est toutefois pas habilité à proposer une action précise. Profondément inquiet, Tuck demande au département d’État américain de faire une offre concrète à Laval. Informé des horreurs de la déportation, Tuck estime qu’il y aura bientôt entre cinq mille et huit mille de ces malheureux dans des maisons d’enfants; et sachant ce que signifie la déportation par les nazis, il ajoute : « Beaucoup de ces enfants peuvent déjà être considérés comme orphelins. » Un mois plus tard, le 28 septembre, le secrétaire d’État, Cordell Hull, envoie de Washington une réponse positive : « Sous réserve de l’approbation par les autorités françaises de l’autorisation de quitter la France », un millier de visas ont été accordés et un projet est à l’étude en vue de permettre l’accueil de cinq mille enfants supplémentaires. Au bout d’une huitaine de jours, Laval paraît avoir donné son accord et la négociation s’engage.

Certains indices, toutefois, révèlent que les choses ne vont pas sans difficultés. Le pasteur Boegner, chef de la communauté protestante, a eu avec Laval le 9 septembre une entrevue orageuse. Le chef du gouvernement a été catégorique : les enfants ne doivent pas être séparés de leurs parents que l’on déporte ; et Boegner se rappelle l’avoir entendu dire : « Pas un ne doit rester en France ». Pendant près d’un mois, le gouvernement va chercher à gagner du temps. Le 15 octobre, le département d’État finit par rendre publique son offre d’accueillir quelque cinq mille enfants. Le lendemain, Bousquet se trouve réuni dans le bureau du diplomate américain Tuck avec deux représentants quakers et Donald Lowrie, un responsable de la YMCA chargé des réfugiés. Le chef de la police française insiste sur l’un des soucis majeurs de Laval : que cette émigration ne soit pas l’occasion d’une « publicité défavorable aux gouvernements français ou allemand ». Assortissant son offre d’un grand nombre de conditions, Bousquet finit par concéder cinq cents visas ; il n’en envisagera d’autres que lorsque les bénéficiaires des premiers seront arrivés aux États-Unis.

Bousquet, nous apprend le compte rendu des deux quakers, « insisté pour que nous limitions le premier convoi à des orphelins authentiques, c’est-à-dire à des enfants dont les parents étaient effectivement décédés ou disparus depuis plusieurs années ». Lowrie, dont le rapport confirme en tous points la version des représentants quakers, fait état à ce propos d’un litige; le responsable de la YMCA protesta contre la formulation adoptée par Bousquet, faisant valoir qu’il n’existait probablement pas cinq cents « orphelins » dans le sens où l’entendait le chef de la police française; celui-ci répondit « qu’il n’existait aucune information quant au sort des Juifs déportés et que, par conséquent, il ne pouvait supposer que leurs enfants restés en France étaient des orphelins ».

Vichy refuse l’émigration en Amérique

Lorsque s’achève la rencontre, les trois Américains croient avoir au moins obtenu les cinq cents visas de sortie. Les délégués quakers se rendent à Marseille pour s’occuper des détails. Cependant, Vichy s’enferme dans le mutisme. Les jours passent. Les responsables administratifs de Marseille affirment n’avoir reçu aucune instruction. Le 20 octobre, Tuck informe la délégation quaker que Laval a été très contrarié par la publicité défavorable donnée par les Américains à cette affaire, et qu’il est en train de reconsidérer la question. Tuck lance un nouvel appel à Laval le 23 : le chef du gouvernement français propose maintenant de n’accorder que cent cinquante visas, mais finit par porter le chiffre à cinq cents sur la demande insistante de l’Américain.

De nouveaux retards administratifs s’ensuivent, dus essentiellement à l’exigence française, transmise par l’intendant de police de Marseille, du Prozic, que seuls soient pris en considération les «orphelins authentiques». Tandis que les délégués américains travaillent d’arrache-pied à tout mettre en ordre, du Prozic va imposer des conditions de plus en plus extravagantes : il veut, par exemple, pour chaque enfant, que soient fournis des renseignements sur le statut de ses parents (toujours et encore la question de l’« authenticité » des orphelins) et exige que toutes les demandes de visa de sortie soient soumises par l’intermédiaire de l’UGIF (Union générale des israélites de France), qui est l’organisation communautaire juive mise en place par Vichy.

Même ces exigences vont finir par être satisfaites, au prix d’efforts héroïques. Puis, les délégués des œuvres américaines de secours vont faire le tour des camps de concentration de la zone libre, procédant à la sélection déchirante des enfants admis à émigrer. L’un de ces délégués nous a laissé ce témoignage saisissant : « Le choix des enfants était très difficile à faire. A de rares exceptions près, c’étaient des enfants intelligents, d’aspect agréable, bien élevés, souples de caractère – chose remarquable quand on songe à ce qu’ils ont subi : d’abord trois mois à deux ans de la vie pénible et démoralisante des camps, et maintenant cette séparation cruelle d’avec leurs parents. Nous avions parfois du mal à dominer notre émotion, comme ce fut le cas pour ce petit homme de huit ans aux grands yeux bleus et tristes, qui se présenta ainsi à nous : « Je m’appelle Michel, et voilà mon dossier, et voilà aussi la clé de ma valise. » Et il nous montra un gros dossier contenant les documents d’émigration de ses parents, parfaitement en règle (ce qui n’avait pas empêché leur déportation), ainsi qu’une petite clé qu’il portait attachée à une ficelle autour du cou. Et nous nous sommes également trouvés face à une fillette de douze ans et à son petit frère âgé de deux ans et demi. Leurs parents avaient été déportés de Tours et les deux enfants avaient passé la ligne grâce à la bienveillance d’un Français qui les avait placés dans une colonie d’enfants. La petite « Tchaya » était si pénétrée de sa responsabilité envers son jeune frère que, la première chose qu’elle voulait, c’était apprendre un métier pour pouvoir s’occuper de lui. Le directeur, un homme plein de compréhension, l’avait mise dans l’atelier où on travaillait le cuir. Le bébé, inconscient de tout ce qui se passait autour de lui, était comme un petit rayon de soleil, mais lorsque quelque chose n’allait plus, il ne criait jamais : « Maman », mais toujours: « Tchaya, Tchaya ! » »

C’est parmi des milliers de cas semblables que mille enfants furent sélectionnés ; cinq cents furent désignés pour partir immédiatement, et les cent premiers furent appelés à Marseille pour les derniers préparatifs. Et toujours pas de visas.

Le 9 novembre, un appel urgent est adressé à Laval. Et soudain, voilà que tout s’effondre : le chef du gouvernement n’est pas d’humeur à traiter avec les États-Unis; la veille, en effet, a commencé le débarquement allié en Afrique du Nord. Les relations avec les Américains sont rompues, et, le 11, les Allemands occupent la zone Sud. Finalement, nous révèle un compte rendu, trois cent cinquante enfants ont réussi tant bien que mal à gagner les États-Unis. Ainsi s’acheva l’entreprise destinée à sauver les enfants.

La déportation, une « solution de facilité » ?

Qu’est-ce qui peut expliquer l’attitude de Vichy ? De Laval, qui a personnellement retardé la délivrance des visas de sortie, et qui a paru si intraitable à Tuck, au pasteur Boegner et aux délégués quakers ? De la police, qui a demandé si instamment la déportation des enfants avant même que les Allemands en aient fait le projet ? On ne peut guère prétendre que ces décisions résultaient de l’ignorance du sort des déportés. S’il n’y a, en effet, aucune preuve que les responsables politiques français avaient au début de juillet une idée bien claire des plans d’extermination nazis, jamais cependant ils n’ont pu avoir le moindre doute que les convois en eux-mêmes constituaient déjà une épreuve impitoyable : des dizaines et des dizaines de personnes entassées dans des wagons de marchandises plombés, sans le moindre souci pour la vie humaine. Ni que pour beaucoup d’entre elles au moins, la déportation équivalait à un arrêt de mort. Et cela restait vrai, il faut le souligner, même si on croyait à l’invraisemblable fiction allemande des « colonies de travail » à l’Est. Donald Lowrie, qui était bien renseigné, évoque sur un ton désespéré, en août 1942, « le sort général (des déportés), au sujet duquel personne ne se faisait aucune illusion : tomber aux mains des Allemands, cela signifiait soit le travail forcé, soit l’extermination lente dans la « réserve  » juive de Pologne ».

Deux années de Révolution nationale avaient révélé l’étonnante cruauté d’un régime dont la législation avait eu pour objectif, entre autres, d’écarter progressivement les Juifs de toute activité économique et sociale. Précédent suffisant pour justifier qu’on se débarrasse maintenant des Juifs, notamment des étrangers. Mais la brutalité gratuite n’avait pas jusqu’à présent fait partie du style de Vichy, et l’antisémitisme officiel avait, à l’occasion, fait l’objet de certains assouplissements pour raisons culturelles ou même humanitaires. Les responsables de la politique antijuive avaient admis qu’il puisse y avoir des exceptions. Etant donné alors le peu d’empressement des Allemands à déporter les enfants au cours de l’été 1942, comment se fait-il que les Français paraissaient maintenant si impatients de les voir partir ?

Peut-être y a-t-il une explication dans le fait que l’inclusion des enfants aidait Vichy à remplir les quotas de déportation imposés par les Allemands, en retardant l’expulsion des Juifs nés en France par la livraison de milliers d’enfants d’étrangers (dont beaucoup, cependant, étaient aux-mêmes français). Berlin avait décidé en juin 1942 que cent mille Juifs devaient être déportés de France dans un premier temps, dont la moitié en provenance de la zone non occupée. Le 3 juillet, le cabinet français donne son accord de principe pour la déportation des Juifs apatrides, mais ceux-ci ne suffisent guère à eux seuls pour remplir les quotas. De fortes pressions dans ce sens sont exercées sur Laval, et l’offre qu’il fait à Dannecker d’inclure les enfants – formulée selon toute vraisemblance dans la soirée du 4 – n’a peut-être pour but que d’accroître le nombre total des « déportables ». Joseph Billig, pour sa part, voit dans cette décision une illustration de la bureaucratie vichys-soise : « Le terrifiant esprit d’inertie au sommet des organismes responsables de toutes sortes ; les autorités se dérobant du côté français devant la perspective d’un sauvetage parce qu’il promettait de déranger la routine administrative. Laval a soutenu cette tendance. » En définitive, nous dit cette thèse, il était tout simplement plus facile de se débarrasser des enfants que de prendre les dispositions nécessaires à leur entretien en France.

Les deux interprétations sont plausibles, mais les preuves nous manquent pour trancher cette question. Pour moi, l’explication la plus satisfaisante est que les enfants posaient d’énormes problèmes pratiques que Vichy n’avait tout simplement pas le courage d’affronter. En cet été 1942, la police participait depuis un certain temps déjà à l’application de plus en plus dégradante des mesures prises contre les enfants: port de l’étoile jaune dans la zone nord, limitation des déplacements, exclusion des lieux publics (jardins publics, piscines, musées, etc.). En déportant les parents seulement, on risquait de créer des difficultés encore plus grandes. Que faire des enfants ?

A la suite de la visite d’Eichmann, Leguay demanda s’il y avait des foyers pour les enfants des déportés. La réponse fut particulièrement décevante: on disposait de trois cents places, et peut-être y en aurait-il sept cents autres si Vichy rendait les biens communautaires juifs réquisitionnés, et cinq cent cinquante de plus si les nazis en faisaient autant. Mais c’étaient plus de quatre mille enfants qui allaient se trouver jetés entre les mains de Vichy après la grande rafle! Sans compter ceux qui suivraient. La même situation surgissait en France non occupée, si bien qu’en août 1942 une partie du travail des camps situés dans cette zone consistait à regrouper les familles avant leur transfert en zone occupée. Pour les fonctionnaires concernés, déporter les enfants en même temps que leurs parents paraissait sans doute la solution la plus simple. Darquier de Pellepoix, qui au début s’était montré favorable au placement des enfants dans des foyers, se prononçait maintenant pour la déportation. Telle était aussi, nous l’avons vu, l’attitude de la police.

« Purger la France des indésirables »

Politiquement aussi, ces enfants sont encombrants. Les protestations internationales parviennent presque immédiatement à Pétain et à Laval, et continuent à s’exprimer par toutes sortes de voies. Le gouvernement canadien manifeste son inquiétude pour les enfants arrêtés, proposant d’en accueillir deux cent cinquante ; Rafaël Trujillo, le dictateur de la République dominicaine, offre d’en héberger trois mille cinq cents. Même Mme Laval est l’objet de démarches, par l’intermédiaire de la femme de l’ambassadeur de France en Espagne, qui elle-même a fait l’objet d’une demande de la part d’une organisation de secours américaine. En France, le martyre infligé aux enfants a contribué à renforcer l’opposition à l’antisémitisme de Vichy, laquelle se manifeste pour la première fois publiquement. Malgré la démission manifeste du Vatican, toutes sortes de groupes chrétiens ont attaqué Vichy sur ce point, de même que les communistes et bien d’autres organisations de résistance. Le tollé est d’ailleurs si grand à l’automne 1942 que le bruit en parvient jusqu’au ministère des Anciens combattants, lequel offre alors timidement une aide aux enfants d’anciens combattants – « les mineurs juifs séparés de leurs parents » – lorsqu’ils sont orphelins de guerre ou pupilles de la nation.

Se posant en grand protecteur de la famille, le régime de Vichy était particulièrement vulnérable à l’accusation selon laquelle il arrachait les enfants à leurs parents. D’ailleurs, la seule mention d’une telle idée valait immanquablement à son auteur une enquête menaçante des agents de la police spéciale antijuive. Lorsque Tuck et le pasteur Hoegner lui demandent d’intervenir, Laval nie énergiquement la réalité. Sans doute a-t-il calculé que la déportation des enfants avec leurs parents épargnera à son gouvernement les attaques angoissées et allégera en partie la pression qui s’exerce de l’extérieur : la propagande de Vichy, certains documents à usage interne le laissent précisément supposer. Un rapport adressé à Pétain en date du 29 septembre 1942 sur les déportations de la zone libre regrette qu’il y ait eu un certain démembrement des familles, mais fait observer que « devant l’émotion produite partout par cette mesure barbare, le président Laval demanda et obtint que les enfants ne seraient pas séparés. Aussi dans les arrestations de la zone non occupée les enfants ont-ils suivi leurs parents». Lorsque de vastes rafles d’enfants sont organisées en zone sud à la mi-août, Vichy dément officiellement que l’on procède à la séparation des familles. Chose incroyable, Laval semble avoir cru que déporter les enfants à Auschwitz améliorerait son image de marque. Voici en tout cas le communiqué publié par l’Agence télégraphique juive le 14 septembre 1942 : « Selon la radio de Paris, M. Laval a annoncé vendredi dernier, lors d’une conférence de presse, que le gouvernement de Vichy est disposé à faire une concession en ce qui concerne la déportation des enfants juifs. Ceux-ci, au lieu d’être séparés de leurs parents, seront dorénavant déportés en même temps qu’eux. Il a toutefois ajouté: « Personne, ni rien, ne pourra nous dissuader de mener à bien la politique qui consiste à purger la France des éléments indésirables, sans nationalité. » »

Derrière la déclaration se cache le cynisme habituel de Laval : en effet, le chef du gouvernement français avait entendu rapporter de plusieurs sources au cours de l’été le sort horrible qui attendait les Juifs s’ils survivaient au voyage à destination de la Pologne. Au début de septembre. Laval s’était concerté avec le responsable SS pour la France, le général Karl Albrecht Oberg, pour dissimuler la vérité en reprenant à son compte la fable des colonies de travail dans les territoires de l’Est.

Des enfants victimes de l’indifférence

A cela s’ajoute une certaine dose de crédulité, d’illusion administrée à soi-même. Laval, comme beaucoup d’autres, était devenu la victime de sa propre dissimulation : s’il pensait que la décision qu’il avait prise de déporter les enfants apparaîtrait comme une « concession », c’était parce qu’il s’était coupé de la réalité, obnubilant non seulement son sens moral, mais aussi sa perception de la façon dont réagiraient les autres. Une fois admise l’idée que la conséquence logique de sa politique était la déportation des jeunes enfants, il ne pouvait plus voir d’autre solution, ne voulait plus entendre ni critique ni doléances. Têtu, insensible, brutal, Laval ne croyait qu’en lui-même.
Les autres lui ont emboîté le pas, et c’est précisément en cela que réside la différence fondamentale entre l’antisémitisme nazi et celui de Vichy. La haine que les Allemands vouaient aux Juifs reposait sur une théorie raciste, selon laquelle les enfants représentaient pour l’Ordre Nouveau une menace au moins aussi sérieuse que leurs parents : en Pologne comme en France, le programme consistait purement et simplement à les exterminer. La plupart des responsables de Vichy, pour leur part, ne croyaient pas à une guerre totale contre les Juifs. Ce n’est ni le fanatisme ni la haine qui ont lancé l’appareil de l’État français contre les enfants juifs, c’est tout bêtement l’indifférence. Deux années de discrimination officielle avaient érigé une barrière morale entre les Juifs et le reste de la société française. S’étant accoutumés à considérer les Juifs comme des parias, s’étant peu à peu accommodés du discours prônant leur exclusion, les hommes de Vichy ont fini par traiter les personnes comme de simples objets. Deux ans de Révolution nationale avaient endormi bien des consciences. Certaines, d’ailleurs, à l’heure qu’il est, dorment encore.
Sans doute ce jugement paraîtra-t-il à certains moins sévère que la thèse selon laquelle Vichy aurait pris la résolution sanguinaire de détruire des vies humaines. Bien au contraire, cependant, il montre à quelles extrémités peut conduire l’insensibilité, et à quel point une telle insouciance était nécessaire pour l’accomplissement du meurtre. Car ensemble, les deux conceptions de la persécution – celle de Vichy et celle des nazis – ont perpétré un crime d’une étonnante cruauté, chacune alimentant l’autre et chacune sans l’autre étant entravée. Résultat: entre 1942 et 1944, près de deux mille enfants de moins de six ans, et six mille de moins de treize ans, ont été déportés de France à Auschwitz. Pour autant qu’on puisse le savoir, aucun n’a survécu.

Le cancer disparaît au cours d’un petit essai clinique

Un médicament anticancéreux expérimental semble avoir guéri tous les patients d’un essai clinique mené aux États-Unis. Le dostarlimab est un anticorps monoclonal qui a permis vraisemblablement d’éliminer totalement le cancer colorectal chez les patients impliqués dans cet essai.

L’essai mené par des médecins du Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York a étudié le traitement de patients atteints d’un cancer du rectum qui prenaient du dostarlimab, un anticorps monoclonal conçu pour combattre la maladie, et les résultats ont été récemment publiés dans le New England Journal of Medicine

L’essai clinique MSK cherchait à savoir si l’immunothérapie seule pouvait vaincre le cancer du rectum qui ne s’était pas propagé à d’autres tissus.

https://flip.it/UXQXhd

Les chercheurs ont expliqué que les cellules cancéreuses sont capables de confondre les cellules immunitaires pour éviter d’être attaquées. Cela permet à une tumeur de se cacher et de se développer. L’immunothérapie utilisant des médicaments comme le dostarlimab aide les cellules immunitaires à détecter et à attaquer ces cellules cancéreuses. Le dosarlimab a déjà été utilisé pour traiter le cancer de la muqueuse de l’utérus

« L’immunothérapie a réduit les tumeurs beaucoup plus rapidement que prévu », a déclaré le Dr Andrea Cercek dans le communiqué. « Mon infirmière de recherche Jenna Sinopoli me disait : ‘Le patient n’a reçu qu’un seul traitement et déjà il ne saigne plus et sa terrible douleur a disparu.' »

Les patients ont déclaré se sentir à nouveau normaux après seulement quelques traitements, a noté Cercek.

« Un jeune homme et sa famille se sont assis dans un silence stupéfait quand je leur ai dit que son cancer avait disparu », a-t-elle ajouté. « Ensuite, ils nous ont remerciés encore et encore. »

Suite à l’immunothérapie, chaque patient a reçu la même nouvelle : son cancer du rectum avait disparu. Aucun des patients n’a eu besoin de traitements standard de radiothérapie, de chirurgie ou de chimiothérapie, et tous sont sans cancer depuis jusqu’à deux ans, ont rapporté les chercheurs cette semaine .

Alors, quelle est la prochaine étape ? MSK recherche davantage de patients à inscrire à l’essai clinique.

Les participants à l’étude de MSK ont des tumeurs rectales de stade 2 ou 3 avec une constitution génétique spécifique : mésappariement déficient en réparation (MMRd) ou instabilité microsatellite (MSI). De tous les patients atteints d’un cancer du rectum, on pense qu’entre 5 % et 10 % ont des tumeurs MMRd. Chaque année, 45 000 Américains reçoivent un diagnostic de cancer du rectum, selon MSK

« Notre message est le suivant : faites-vous tester si vous avez un cancer du rectum pour voir si la tumeur est MMRd », a déclaré le co-auteur de l’étude, le Dr Luis Diaz, dans le communiqué de dimanche . « Peu importe le stade du cancer, nous avons un essai chez MSK qui peut vous aider. »

Le Dr Diaz dit qu’il espère que « ce n’est que la pointe de l’iceberg » dans la lutte contre le cancer. Il a ajouté qu’ils « recrutent actuellement des patients atteints de cancers gastriques (de l’estomac), de la prostate et du pancréas ».

« Je crois que c’est la première fois que cela se produit dans l’histoire du cancer. » le docteur Luis A. Diaz Jr., du Memorial Sloan Kettering ne cache pas son enthousiasme après les résultats obtenus lors de cet essai clinique.

Vous pouvez trouver plus de détails sur l’étude ici, et le texte intégral de l’étude peut être trouvé dans le New England Journal of Medicine .

JJ. A

Mamans Stars d’un Jour Stars Toujours

Certes dans ma vie j’ai eu plutôt des épisodes de bonheur, Merci mon Dieu. Mais cette semaine de l’année n’est pas ordinaire car elle réunit pratiquement les meilleurs moments de mon existence.

C’est précisément un 24 mai que l’une des plus extraordinaires créatures que cette terre ait enfantée m’a pris la main et ne l’a jamais lâchée depuis 44 ans.

Mon aîné a vu le jour un 29 mai et je profite de l’occasion pour lui souhaiter le meilleur

Maman née aussi un 24 Mai est l’une des plus belles « Stars » et son visage s’imprime dès que je lève les yeux au ciel le jour de son anniversaire.

Bonne Fête Maman

Et pourtant sa vie n’a pas été un fleuve tranquille. Les années de dur labeur et de solitude avaient eu raison de sa forte personnalité, de son caractère et surtout de sa détermination. Et c’était devant son regard hagard et fatigué que je me souvenais de ses larmes. Les larmes de ma maman ressemblaient à des perles fines qui roulaient doucement sur ses joues parcheminées.

Il y eut des larmes de joie, probablement quand nous naquirent, puis il y eut aussi d’autres larmes plus amères, celles de la déception, celles de la tristesse, celles de la perte précipitée et douloureuse de son amour…

Mais celles dont elle parlait le plus, c’étaient ces larmes de tendresse, de celles que l’on voit briller au coin de l’œil, et qu’on écrase furtivement, simplement pour conserver une façade plus équilibrée, moins émotive et vulnérable.

Ma mère n’était pas pauvre, mais elle n’était pas riche non plus. Elle possédait une autre richesse, plus subtile, plus raffinée qui ne me suffisait pas devant celles que le sort avait mieux nanties.

Il y aurait pu avoir à ces moments des larmes de colère, notamment lorsque,déjà adulte, je n’ai pas ressenti alors qu’elle était usée, ses signes de détresse.

Il y a eu des larmes causées par mon ingratitude, mon manque d’appréciation, et surtout ma cécité face à ses efforts inhumains et c’est bien ces souvenirs qui me déchirent le cœur aujourd’hui. Mais comment n’avais-je pas vu ses luttes dès les premières lueurs de l’aube qui ne cessaient que lorsque la fatigue avait eu raison d’elle ?

Il m’a fallu attendre d’être père pour mieux la comprendre, pour me pencher sur ses belles mains que le labeur avait rendues noueuses et osseuses et de les baiser humblement. Il m’a fallu attendre de devenir père pour mieux apprécier sa valeur et sa présence bienfaitrice dans ma vie. Ce n’est qu’à ces moments ressassés que je réalise ses sacrifices, son dévouement, ses privations…

Elle s’était immolée pour nous ouvrir la voie d’une vie meilleure, pour nous offrir ce qu’elle n’avait jamais reçu. Comment n’avais-je pas vu à travers ses renonciations, son amour inconditionnel, ineffable pour Ses Enfants.

Je la revois, alors qu’elle était au bout de sa vie, me serrer dans ses bras et me murmurer à l’oreille en me baisant le front «Tu es le plus beau cadeau de ma vie». À cet instant, ne retenant mes larmes, je comprends enfin combien je comptais pour Elle…

Pour cet événement et pour tout ce qu’elle a accompli pour nous accompagner je lui dédie cette magnifique interprétation

https://youtu.be/LBecncQg2TM

Ma Mère, c’est aussi toutes les mères de ce monde. Peu importe leur couleur, leur race et leur religion. Une mère est toujours une mère, qui, comme le pélican, ouvrira de son bec son ventre pour nourrir ses petits.

Et c’est en cette fin de semaine précisément aujourd’hui en France que nous honorons ces « Stars », souvent en tête de gondole dans mes écrits pour leur infinie gratitude envers nous, leurs enfants.

Bonne fête les mamans. Vous qui nous avez appris à faire les nœuds des lacets de nos chaussures, et à nous moucher ou qui nous avez montré qu’il faut souffler dans le mouchoir et y faire feufeu, comme vous disiez. Je vous salue.

Je vous salue, vous les mères qui patiemment enfourniez, cuillère après cuillère, la semoule que nous, bébés, faisions tant de chichis pour accepter, vous qui, pour nous encourager à avaler les haricots verts, nous expliquiez que les haricots sont de petits soldats qui veulent rentrer dans leur maison et alors le petit crétin, ravi et soudain poète en ouvrait la porte.

Vous qui étiez sans cesse à arranger nos mèches bouclées et nos cravates pour que nous fussions jolis avant l’arrivée des visites ou avant notre départ pour l’école, je vous salue.

Vous qui sans cesse harnachiez et pomponniez vos vilains nigauds petits poneys de fils dont vous étiez les bouleversantes propriétaires, vous qui nettoyiez tout de nous et nos sales genoux terreux et écorchés et nos petits nez de marmots morveux, je vous salue.

Je vous salue, vous qui n’aviez aucun dégoût de nous…

Vous, toujours si faibles avec nous, indulgentes qui plus tard vous laissiez si facilement embobiner et refaire par vos fils adolescents et leur donniez toutes vos économies, je vous salue, majestés de nos mères. Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d’amour.

Vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine. Vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue.

Mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, je vous salue.

Mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans. Je vous salue.

Mères du monde entier qui nous aimez autant si nous sommes laids, ratés, avilis ou faibles, je vous salue.

Bonne Fête Maman par qui j’ai appris que Dieu existe, je t’aime.

FREDAL

Son souffle arrive parfois jusqu’à moi pour me rassurer.

À ma Mère …

Une âme ne meurt jamais pour peu que les vivants acceptent d’en préserver la lumière.

À défaut de souligner la façon dont sa vertu l’a élevée, au-dessus des vicissitudes du temps, et bien qu’elle ait pour titre Hayé Sarah «La vie de Sarah», ce n’est pas la vie de Sarah qui est rapportée cette semaine dans la Torah, mais étonnamment sa mort. Quoi de plus désobligeant de ne pas citer un passage qui convienne si tant est qu’il puisse convenir à la première Matriache, l’épouse d’Abraham, sans laquelle il ne serait sans doute pas devenu comme on a pu le caractériser «l’inventeur de l’Histoire». Ou alors faudrait-il y voir qu’une vie ne s’anéantit pas avec le départ de ce monde. Par ce fait, effectivement c’est à ce moment précis que la véritable richesse d’un être disparu réside dans le bien qu’il a su accomplir de son vivant et dont désormais il lui est fait inoubliable mérite.

Maman ressemble à Sarah par bien des côtés. À la moralité exemplaire, d’une foi inébranlable qui lui infusait toute son énergie, elle était solidement attachée à cette identité séculaire. D’ailleurs cette « cheville ouvrière », nous a insufflé les préceptes fondamentaux nécessaires à la vie de famille comme la persévérance et l’oubli de soi. Sa judéité était imprescriptible et son amour sans expansion était toujours calme et rangé comme un devoir accompli.

Aimons nous assez ceux que nous aimons ? À l’évidence avancer en âge invite à se retourner sur soi et ouvrir nos cœurs à ses mystères ( séquence inévitable où l’avenir se raccourcit et le passé devient refuge ). Certains s’avoueront d’ailleurs que seul l’ancrage du passé paraît solide et devant ces « exercices » délicats qu’ils doivent affronter, ils retrouveront les reproches qu’ils s’adressent à eux-mêmes lorsqu’ils penseront comme moi à telle situation où ils se sont montrés, dévorés par leurs affaires, indifférents ou incompréhensifs. Ils reconnaîtront les avatars de leur propre histoire, et malheureusement dans ces cas là il n’y a pas d’impayés, on règle toujours la facture de ses inconséquences.

Ils fredonneront, peut-être alors la chanson de Moustaki aux mots si justes:

« Quand ma petite mère parlait ainsi

Je trouvais ça insupportable

Depuis que son absence m’accable

Je rêve d’entendre chaque nuit

Je sais, tu n’as plus quarante ans ans

Mais tu es toujours mon enfant

Elle était pure comme l’eau vive

Ma mère juive « .

Malgré le temps qui passe son image m’est restée inaltérable. Elle s’invite parfois au creux de mes rêves. Au cœur de cette douce et intense lumière, je la vois souriante comme jamais. Sublime de bonté, au sourire si attachant et au regard d’amour, réinventant ce monde, le rendant vertueux. Dans ces instants de flânerie imaginaire je voudrais figer le temps en un éternel présent. C’est un immense moment de bonheur. Ce qui n’empêche pas la douleur de s’exprimer

Son souffle arrive alors jusqu’à moi pour me rassurer.

FREDAL

Le jour où l’Europe a été vendue au monde arabe

Ils ont accepté la mort de leurs pays en croyant sacrifier Israël

En regardant une vidéo, vous allez comprendre comment les responsables européens ont accepté les conditions des arabes qui leur demandaient de prendre fait et cause contre Israël.

Depuis cette époque l’ensemble des diplomates européens, des médias, ont adopté un narratif hostile à l’encontre d’Israël.

Israël n’avait pas le droit de se défendre contre les arabes.

Des fusées partaient et partent de Gaza vers les territoires habités d’Israël, mais les diplomates sans scrupule osent affirmer qu’Israël est trop fort, que ce pays ne devrait pas réagir aussi violement contre les terroristes qui tirent des roquettes vers les civils.

Ces pays ne comprennent pas qu’Israël est protégé par Dieu. Que prendre fait et cause avec le mal, avec les adeptes de Mahomet, c’est aller à l’encontre de la volonté divine et se perdre.

Beaucoup de pays arabes ont laissé le problème des arabes de Palestine de côté.

Avec les accords d’Abraham nous les voyons les uns après les autres ouvrir des ambassades en Israël et faire de même dans les pays arabes.

Mais voilà que le mal a atteint ceux qui croyaient que nuire à Israël ce n’était rien.

Aujourd’hui nous comprenons mieux qu’ils ont accumulé un passif ingérable.

Des populations qui sont arrivées avec leur armes et coutumes et religion.

Et les territoires perdus de la République ne sont que la conséquence de cette politique de la lâcheté.

Un Juif s’est levé, son nom Éric Zemmour,  pensant pouvoir gérer et régler ce problème conséquence de la politique de lâcheté des hommes et femmes politiques européens.

Mais les médias et les instituts de sondage, ont travaillé a ce que cet homme ne soit pas en mesure de se retrouve face à Macron qui aurait eu beaucoup plus de mal qu’il n’en a eu face à Marine Le Pen.

FREDAL

Les Images dans ma tête n’ont pas Jauni

Que valent les mots face à l’horreur de toute guerre et de cette guerre ?

Avais-je le droit de vous perturber alors que j’avais décidé de ranger ma plume au plus profond de mon casier suite à la disparition de mon meilleur ami. Mais dois-je vous l’avouer, j’ai longtemps hésité à écrire de nouveau.

Pour une fois que grâce à un président juif, Juifs et non-juifs d’Europe et d’Amérique pouvaient enfin communier dans la douleur et la solidarité ? Avais-je le droit de vous priver de ces moments d’effusion et de fusion ? Ils ont été tellement rares dans notre histoire, ces moments.

Le petit juif de Kiev dans son nouveau rôle de Président en treillis éclipsa le titi de Montreuil en costume-cravate et aux grandes oreilles. Oui, fallait-il priver les Juifs de ce rare moment de fraternité planétaire ?

Oui Nous sommes tous des Juifs ukrainiens !

Aussi cette guerre d’Ukraine, à quelque chose malheur est bon, quel soulagement pour beaucoup mais souffrons malgré tout que le petit juif adoré de kiev devrait commencer par débarrasser son armée du fameux Bataillon Azov, lequel se revendique expressément du nazisme et de ses symboles ?

La dernière fois, Nous étions tous des Juifs allemands !

Mais ça remontait à près de 80 ans. Depuis, il s’en était passé des choses pour les Juifs.

Ceux d’Israël, n’en parlons même pas. Car qui sait encore ce que signifient des noms comme Maalot… Sbaro… Munich… Aéroport de Lod… Entebbe… Guerre de Kippour ? Inutile de rallonger la liste, elle serait trop longue. Et personne n’est jamais sorti pour crier

Nous sommes tous des Juifs israéliens …

Israël, n’avait-il pas le droit de prétendre aussi à un brin de cette jouissance, que, par expérience, elle sait être éphémère ? Paria des nations depuis sa naissance, Israël qui venait à peine d’être maltraité de fauteur d’apartheid, sans que le double Président d’Europe et de France ne vienne à sa rescousse, son silence valant même consentement, et pourtant les juifs de France drôlement secoués ces dernières décennies, pris systématiquement pour cibles, torturés avant d’être assassinés comme Ilan Halimi, défenestrée comme Sarah Halimi par un assassin non-condamné, assassinés à bout portant comme dans cette école de Toulouse, ou ces otages de Vincennes, ou plus récemment traîné et sali en justice pour racisme comme mon ami Georges Bensoussan, ces Juifs donc l’avaient échappé belle.

Je me refuse de comparer l’attitude du monde entier, sa sollicitude, sa pitié, sa trépide diligence, son avalanche d’accusations envers l’initiateur de la confrontation armée à celle d’une autre guerre, celle qui fomenta la Shoah, celle du génocide du peuple juif. Et pourtant Israël paradoxalement est aux avant-postes de cette solidarité. Pour être franc chers juifs du monde entier, si vous vous méfiez de l’inconnu, me concernant je me méfie plus que tout de l’unanimisme.

La vie, la mort sont ainsi faites. Par opposition la ruée des migrants ukrainiens vers un refuge et la réponse instinctive de pays volontaires et de leur secours me rendent en quelque sorte, heureux et calment mes appréhensions. Oui, heureux de ne pas me laisser envahir par la rancœur, par la vengeance, par tout autre sentiment qui ne reflète pas ma compassion innée.

Je n’arrive toutefois pas à surmonter ma colère, devant ce défilé d’enfants, de femmes, de vieillards juifs, empêtrés dans leurs vêtements déambulant avec leurs lourdes valises, traversant les rues de toutes les villes d’Europe sous la menace des armes allemandes pointées sur eux… ou alors, la présence incongrue des policiers français qui les traquaient et les délogeaient de leurs appartements, pour ensuite les entasser dans des trains tels des bestiaux vers l’abattoir …Toutes ces victimes étaient bien leurs concitoyens.

Très peu n’ont en vérité fait l’effort de s’opposer, de vociférer leur contestation, reproches, critiques… Certains ont même contribué avec l’ennemi pourvu qu’on les débarrasse des juifs.

Dur, très dur, pour moi de ne pas positionner ces deux images l’une devant l’autre, qui reproduisent d’un côté la haine du juif d’hier et d’aujourd’hui, et de l’autre, la compassion illimitée et compréhensible envers les fuyards ukrainiens ou autres de nos jours.

No Comment…,

Difficile aussi d’admettre en ces temps modernes que cette haine n’a jamais disparu. Je n’ose pas me confronter à l’image d’un Israël envahi et démoli par ses ennemis… et il en compte un nombre ahurissant.

J’observe en silence l’aisance des pays de l’Union Européenne et les USA, prétendument alliés indéfectibles d’Israël, qui se hasardent dans le trop rocailleux défi du nucléaire iranien.

Israël est le seul pays que l’Iran menace ouvertement d’anéantissement. Le destin d’Israël et de ses quelques millions de juifs sont l’enjeu des pourparlers entre le monde libre et les Mollahs d’Iran. Vont-ils offrir leurs têtes aux iraniens ? Que ne feront-ils pas pour leur tranquillité, leur bien-être ? Pour leur dangereuse pacification ? Après tout, il ne s’agit que d’un pays miniature avec ses quelques juifs…

Sur l’autre plateau de la balance, c’est tout un monde, maître dans les rouages de l’information erronée, du mensonge par déni pour étrangler quelques cris de conscience et en tirer ses propres bénéfices.

Le monde n’a jamais été parfait et ne le sera jamais certes mais n’oublions pas le passé pour se vautrer dans le présent, même si le prix, pour les prétendus plus sensibles d’entre nous, se résume à quelques génocides qui nous titillent le cœur de temps à autre et que nous engloutissons dans un verre de champagne pétillant pour excuser ces débordements et assimiler cette futilité.

FREDAL

Une technologie révolutionnaire permet aux tumeurs cancéreuses de s’éliminer d’elles-mêmes

Une nouvelle technologie développée par les chercheurs de l’UZH permet au corps de produire des agents thérapeutiques à la demande à l’endroit exact où ils sont nécessaires. L’innovation pourrait réduire les effets secondaires de la thérapie contre le cancer et pourrait constituer la solution pour une meilleure administration des thérapies liées au Covid directement dans les poumons.

Des scientifiques de l’Université de Zurich ont modifié un virus respiratoire commun, appelé adénovirus, pour qu’il agisse comme un cheval de Troie et qu’il délivre des gènes pour le traitement du cancer directement dans les cellules tumorales. Contrairement à la chimiothérapie ou à la radiothérapie, cette approche ne nuit pas aux cellules saines normales. Une fois à l’intérieur des cellules tumorales, les gènes délivrés servent de modèle pour les anticorps thérapeutiques, les cytokines et d’autres substances de signalisation, qui sont produites par les cellules cancéreuses elles-mêmes et agissent pour éliminer les tumeurs de l’intérieur.

Faire passer des adénovirus au-delà du système immunitaire sans être détectés

« Nous trompons la tumeur pour qu’elle s’élimine d’elle-même grâce à la production d’agents anticancéreux par ses propres cellules », explique Sheena Smith, chercheuse postdoctorale, qui a dirigé le développement de l’approche d’administration. Le chef du groupe de recherche Andreas Plueckthun explique : « Les agents thérapeutiques, tels que les anticorps thérapeutiques ou les substances de signalisation, restent pour la plupart à l’endroit du corps où ils sont nécessaires au lieu de se propager dans la circulation sanguine où ils peuvent endommager les organes et les tissus sains. »

Les chercheurs de l’UZH appellent leur technologie SHREAD : pour SHielded, REtargetted ADenovirus. Il s’appuie sur des technologies clés précédemment conçues par l’équipe de Plueckthun, notamment pour diriger les adénovirus vers des parties spécifiques du corps afin de les cacher du système immunitaire


Quantité élevée de médicaments dans la tumeur, faible concentration dans d’autres tissus

Avec le système SHREAD, les scientifiques ont fait en sorte que la tumeur elle-même produise un anticorps contre le cancer du sein cliniquement approuvé, appelé trastuzumab, dans le mammaire d’une souris. Ils ont découvert qu’après quelques jours, SHREAD produisait plus d’anticorps dans la tumeur que lorsque le médicament était injecté directement. De plus, la concentration dans la circulation sanguine et dans d’autres tissus où des effets secondaires pourraient se produire était significativement plus faible avec SHREAD. Les scientifiques ont utilisé une méthode d’imagerie 3D très sophistiquée à haute résolution et des tissus rendus totalement transparents pour montrer comment l’anticorps thérapeutique, produit dans le corps, crée des pores dans les vaisseaux sanguins de la tumeur et détruit les cellules tumorales, et ainsi la traite de l’intérieur.

Utilisation pour lutter contre le Covid-19 faisant l’objet d’une enquête

Plueckthun, Smith et leurs collègues soulignent que SHREAD ne s’applique pas seulement à la lutte contre le cancer du sein. Comme les tissus sains n’entrent plus en contact avec des niveaux importants de l’agent thérapeutique, il est également applicable pour l’administration d’un large éventail de soi-disant produits biologiques – de puissants médicaments à base de protéines qui seraient autrement trop toxiques.

En fait, les membres du groupe Plueckthun appliquent actuellement leur technologie dans un projet visant à une thérapie pour Covid-19. Des vecteurs adénoviraux sont déjà utilisés dans plusieurs vaccins COVID, notamment les vaccins Johnson & Johnson, AstraZeneca, CanSino Biologics en Chine et Sputnik V en Russie, mais sans la technologie innovante SHREAD. « En administrant le traitement SHREAD aux patients via un aérosol inhalé, notre approche pourrait permettre la production ciblée de thérapies par anticorps Covid dans les cellules pulmonaires, là où elles sont le plus nécessaires », explique Smith. « Cela réduirait les coûts, augmenterait l’accessibilité des thérapies Covid et améliorerait également l’administration du vaccin avec l’approche par inhalation. »

J-J.A

Un nouveau test sanguin révolutionnaire peut détecter jusqu’à 50 types de cancers

Jasmine Cooper, Felicia Bolton

Un nouveau test sanguin révolutionnaire développé par la Mayo Clinic serait capable de détecter plus de 50 types de cancer différents – dès le début. (CRÉDIT : Creative Commons)

Le cancer devrait devenir la principale cause de décès aux États-Unis cette année. Mais un nouveau test sanguin révolutionnaire développé par la Mayo Clinic serait capable de détecter plus de 50 types de cancer différents – dès le début.

https://youtu.be/-dNZpZsbhtc

Aux États-Unis, les tests de dépistage du cancer actuellement recommandés ne peuvent couvrir que cinq types de cancer et dépister un seul cancer à la fois. En fait, il n’y a pas de tests de dépistage précoce recommandés pour les autres cancers, qui représentent 71% des décès par cancer, selon la Mayo Clinic.

Galleri, le nouveau test de détection précoce de plusieurs cancers, a été créé par la société californienne de soins de santé Grail, qui est également en partenariat avec la Mayo Clinic. Le test permet de détecter les différents types de cancer grâce à une simple prise de sang.

À l’heure actuelle, le test doit être commandé par un fournisseur de soins de santé. Si le test Galleri est approuvé par le prestataire, celui-ci programmera une prise de sang. L’assurance ne le couvre pas. Le coût actuel du test est de 949 $. Les résultats sont prêts environ deux semaines après la prise de sang.
La société affirme que le test a le potentiel de transformer les soins contre le cancer en réduisant les décès par cancer et les coûts des soins de santé en détectant plus de cancers plus tôt. La société affirme également que le produit a un faible taux de faux positifs.

Le Dr Minetta Liu, oncologue de la Mayo Clinic qui a participé au développement, a déclaré que lorsqu’un signal de cancer est détecté, le test Galleri peut identifier avec une grande précision l’emplacement du cancer dans le corps.

On pense que le test de cancer Galleri (photo) est capable de détecter 50 types de cancer via un test sanguin. Il a été décrit comme un « changeur de jeu » et pourrait aider à détecter le cancer plus tôt, augmentant ainsi les chances de survie d’une personne. (CRÉDIT : Galleri)

Grail travaille toujours sur l’approbation complète de la Food and Drug Administration, mais le test sera disponible dans plusieurs emplacements de la Mayo Clinic cet hiver.

J.J.A