Discovery ou Fiascovery ?

L’essai Discovery, destiné à trouver un anti-viral efficace contre le Covid-19, est loin des espoirs suscités lors de son lancement, en mars.

Cet essai Discovery avait été annoncé comme un grand essai européen avec 3 100 patients atteints d’une forme grave du Covid-19, dans au moins sept pays. Lancé le 22 mars, il est mené dans les hôpitaux de l’AP-HP, notamment, à l’initiative de l’Inserm, et il teste plusieurs médicaments, dont l’hydroxychloroquine vantée par le Pr Raoult.

Or, huit semaines plus tard, seulement 750 patients y participent… et ils sont tous français, à l’exception d’un patient luxembourgeois. Les autres pays européens n’ont toujours pas inclus de malades, officiellement parce que cela prend du temps sur le plan administratif, mais également parce qu’ils ont préféré participer à d’autres essais cliniques internationaux, dont Solidarity ou Recovery.

Un doute sur la taille de l’échantillon

Résultat, 750 patients pour tester quatre molécules, un groupe de malades pour le placebo : si l’on fait le compte, chaque molécule ou combinaison de molécule (hydroxychloroquine, remdesivir, lopinavir et ritonavir) est donc testée sur seulement 150 patients dans le cadre de cet essai Discovery. C’est trop peu pour tirer des conclusions scientifiques robustes, solides, fiables. Et en plus, bonne ou mauvaise nouvelle, l’épidémie se tasse, il est plus difficile de trouver des patients à inclure dans les protocoles.

Si personne ne se presse pour annoncer les résultats intermédiaires de Discovery, c’est aussi parce qu’il n’y a pas de bonne nouvelle à annoncer. On le voit d’ailleurs avec les autres essais cliniques publiés dans le monde et qui portent sur les mêmes molécules : pas d’effet notable sur le Covid-19 pour l’hydroxychloroquine. Pour le remdesivir et le kalétra (association de lopinavir et ritonavir), peut-être un petit effet, mais franchement rien de spectaculaire.

L’annonce des premiers résultats repousée

On est donc à mi-essai et déjà, les scientifiques savent qu’aucun de ces médicaments testés n’est la solution miracle, le remède miracle. Si cela avait été le cas, vous pouvez être sûr qu’on l’aurait déjà su. Au sein du gouvernement, des ministres se seraient davantage pressés pour annoncer ces résultats.

Le 30 mars, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, espérait « un premier retour » de l’essai Discovery pour début avril. Le 4 mai, Emmanuel Macron annonçait que des résultats seraient disponibles le 14 mai. Le Président présentait cette date comme une « étape importante » mais appelait toutefois à « rester prudent ». Message reçu du côté d’Olivier Véran qui, lundi, reconnaissait attendre les résultats « pour dans quelques jours ». Et du côté de l’Inserm, on estime aujourd’hui que rien ne serait publié à cette date et on fixe désormais pour horizon la fin du mois de mai.

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