LES VACCINS ARN MESSAGER POURRAIENT-ILS VAINCRE LE CANCER?

“La nature rend chacun de nous capable de supporter ce qui lui arrive. ” Marc Aurèle

La lutte contre le coronavirus a permis d’accélérer considérablement les recherches sur l’ARN messager et de mettre au point des vaccins avec des effets notoires sur d’autres maladies tels que le sida, la mucoviscidose ou d’autres pathologies génétiques. Les vaccins ARN messager pourraient-ils vaincre le cancer, fléau du 21e siècle ?

Dans un entretien, Ozlem Tureci a rappelé que la société travaille depuis quelques temps à appliquer la technologie de l’ARN messager contre les cancers. Ces travaux ont été interrompus face à l’émergence du SARS-CoV-2 et la nécessité de trouver rapidement un vaccin. Maintenant que celui-ci a été mis au point et qu’il présente une grande efficacité, les chercheurs se tournent désormais vers la lutte contre le cancer. “Nous avons plusieurs vaccins anticancéreux différents qui se basent sur l’ARN messager”, a indiqué la chercheuse.

Pour l’heure, aucune date de mise sur le marché n’est avancée. “Il est très difficile de faire des prédictions dans le domaine du développement de l’innovation, a-t-elle concédé. Mais nous escomptons que d’ici quelques années, nous aurons réussi à achever nos vaccins de manière à pouvoir les proposer aux gens.” Avec son succès dans la fabrication d’un vaccin anti-Covid, l’entreprise a reçu de nombreux fonds et financements qui vont l’aider à développer d’autres vaccins, comme celui contre le cancer. “Cela paie de prendre des décisions osées et de se fier au fait que si vous avez une équipe extraordinaire, vous serez capable de résoudre dans les temps n’importe quel problème et obstacle qui se présentent à vous”, a conclu Ozlem Tureci.

L’ARN messager, c’est quoi ?

L’ARN messager, ARNm ou acide ribonucléique message, désigne la copie faite d’un morceau d’ADN d’un ou plusieurs gènes. Comme le décrit l’Inserm, nos cellules ont besoin de protéines pour fonctionner. Les plans de fabrication de ces protéines – nos gènes – sont “gardés bien à l’abri, à l’intérieur du noyau cellulaire”. Or, les usines qui synthétisent les protéines – les ribosomes – sont quant à elles situées à l’extérieur de ce noyau. “Dès lors, la fabrication des protéines n’est pas réalisée à partir des plans originaux, mais en s’appuyant sur leur ‘duplicata’ : les ARN messagers”, poursuit l’Inserm. Les ARNm sont donc des molécules chargées de transmettre l’information codée dans notre génome, pour permettre la synthèse des protéines nécessaires au fonctionnement de nos cellules. “Lorsqu’une cellule a besoin d’une protéine, le plan de fabrication de cette dernière est ‘photocopié’. La copie ainsi générée – un ARN messager – est ensuite exportée hors du noyau et rejoint les ribosomes où elle permet la synthèse de la protéine demandée. Très instable et fragile, cette copie est ensuite rapidement détruite.”

En observant ce système, des chercheurs ont eu l’idée d’utiliser ces ARN messager pour mettre au point des vaccins, d’habitude basés sur l’administration d’un agent infectieux atténué ou inactivé. “L’objectif est de déclencher une réponse immunitaire dirigée contre le pathogène, associée à la production de cellules mémoires qui nous protégeront en cas d’infection ultérieure. Avec les vaccins à ARN messager, l’idée est de laisser nos cellules fabriquer elles-mêmes le composant contre lequel notre organisme va apprendre à se défendre”, décrypte l’Inserm. Ainsi, on injecte à l’organisme un ARN messager qui correspond au plan de fabrication d’une protéine du virus ciblé contre laquelle l’organisme va s’entraîner à lutter. “L’avantage de cette approche, c’est que les ARN sont bien plus simples et plus rapides à produire que les composants des vaccins ‘classiques’. Son défaut : la fragilité de ces petites molécules d’acide ribonucléique impose de conserver les préparations vaccinales à une température extrêmement basse”, conclut l’Institut.

Contrairement à un vaccin classique où l’on injecte au patient une infime partie du virus pour que le système immunitaire apprenne à le combattre en produisant lui-même ses propres anticorps, les vaccins ARN messager permettent d’envoyer un message à l’organisme sous la forme d’un morceau d’ADN pour inciter l’organisme à fabriquer lui-même une fraction inactive du virus, puis les anticorpspour lutter contre ce virus.

Le développement de l’ARN messager est donc porteur d’espoir pour le cancer comme pour de nombreuses autres maladies et on parle déjà d’un prochain vaccin universel qui pourrait rentrer en phase d’essai clinique d’ici fin de l’année.

Il y a des obstacles qu’il faut continuer à améliorer, mais maintenant les vaccins à ARN messager anti-cancer sont combinés avec d’autres thérapies et ça donne des résultats excellents et on aura bientôt des vaccins à ARN messager anti-cancer approuvés, à utiliser en combinaison avec d’autres thérapies.

Grâce à l’ARN messager, on va pouvoir stimuler le système immunitaire face aux cellules tumorales. C’est un espoir prometteur, et c’est pourquoi la Ligue contre le cancer vient de lancer trois appels à projets pour mobiliser des chercheurs sans attendre.

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